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Rencontre avec le créateur d'accessoires Eddie Borgo

 

Formes sculpturales, fabrications artisanales et inspirations organiques, Numéro a rencontré le créateur d'accessoires new-yorkais Eddie Borgo.

Propos recueillis par Delphine Roche

Eddie Borgo, collection automne-hiver 2016-2017.

 

Jouant aisance des formes géométriques pures comme des inspirations ethniques, le créateur de bijoux Eddie Borgo connaît depuis 2009 un succès toujours croissant. Avec la même passion des formes sculpturales et un respect infini des fabrications artisanales, le New-Yorkais d’adoption a récemment lancé une ligne de sacs à main. Numéro a rencontré à Paris le lauréat de nombreux CFDA awards, qui nous a raconté son parcours et confié ses réflexions, ses exigences, ses aspirations. 

 

 

Eddie Borgo, collection automne-hiver 2016-2017.

 

Numéro : Vous êtes né dans l’Ohio et vous avez grandi à Atlanta… Comment diable vous êtes-vous finalement retrouvé à lancer un label de bijoux fantaisie en 2009 à New York?

Eddie Borgo : J’ai grandi à Atlanta, une ville on ne peut plus différente de New York. Les habitants du sud des Etats-Unis aiment à dire qu’Atlanta est un équivalent de New York… c’est totalement faux. C’est une très belle ville, dotée d’un vrai patrimoine historique. Autant en emporte le vent y a été tourné. Les hommes d’Atlanta ont des manières impeccables et un comportement très chevaleresque. Grandir dans cette ville inspire l’humilité. Depuis l’enfance, j’ai su que je voulais vivre à New York, sans raison spécifique. Le fantasme lié à cette ville m’obsédait. 

 

A quel âge avez-vous accosté la grosse pomme?

Mes parents se sont d’abord installés à Washington. J’y ai suivi mes années de lycée. C’est une ville beaucoup plus importante qu’Atlanta, et j’ai commencé à sortir, à aller à des concerts de rock. Le week-end, nous embarquions dans la voiture d’un ami et partions pour New York, où nous squattions les appartements de connaissances. J’y ai déménagé en 1999 pour étudier la mode au Hunter College. J’ai commencé à faire des vêtements inspirés du costume historique, que j’ai vendu à plusieurs boutiques new-yorkaises, telles que celle de la styliste Patricia Field. Je parvenais à payer mon loyer, à New York, grâce aux recettes de mes ventes, et c’était donc une réussite à mes yeux. Mais après le 11 septembre, la plupart des boutiques qui vendaient mes pièces ont mis la clé sous la porte. Je me suis alors occupé du visual merchandising de Donna Karan. Le soir, je prenais des cours d’histoire de l’art et d’histoire de l’ornementation. Je me suis spécialisé en art et costume islamiques pour passer mon diplôme. A travers le costume, je me suis passionné pour le bijou et j’ai décidé d’apprendre l’orfèvrerie. Les week-ends, je partais dans le Rhode Island pour travailler auprès d’un orfèvre qui m’apprenait toutes ses techniques. 

 

Eddie Borgo, collection automne-hiver 2016-2017.

 

A quoi vos tout premiers bijoux ressemblaient-ils?

Ma technique n’étant pas très perfectionnée, mes idées étaient encore très brutes, très géométriques, des sculptures assez massives. Mais au même moment, on m’a proposé d’assister des stylistes fameux, dont je ne connaissais même pas les noms à l’époque : Patti Wilson, Karl Templer, Alex White, Camilla Nickerson. Ils avaient souvent besoin de bijoux pour leurs photos, et j’ai commencé à en réaliser sur commande, pour eux, afin de gagner un peu plus d’argent. Je n’avais pas en tête d’obtenir un crédit dans un magazine, le bijou n’était pas un secteur aussi développé qu’il l’est aujourd’hui. Ces stylistes voulaient une pièce unique réalisée sur mesure pour leur séance photo. Ils m’ont ensuite présenté à des créateurs. J’ai donc réalisé des bijoux pour les défilés de Joseph Altuzarra, Proenza Schouler et de nombreux autres. Chaque fois, je devais apprendre de nouvelles techniques sur le tas : travailler avec du latex, des émaux, du verre teinté… C’est alors qu’on m’a conseillé de présenter mes pièces à des acheteurs et de lancer mon label. 

 

Nous étions alors en 2009, comment avez-vous sauté le pas?

J’ai présenté dans un hôtel une toute petite collection de dix pièces, et nous avons séduit Barneys, Colette, Liberty, Joyce à Hong Kong… Tout s’est ensuite enchaîné, les awards que j’ai remportés ont fourni une aide financière substantielle et aujourd’hui, j’emploie 20 personnes, et vends des pièces dans quelque 250 boutiques. Nous proposons tous les ans quatre collections ainsi que des pièces classiques.

 

Eddie Borgo, collection automne-hiver 2016-2017.

 

Comment décririez-vous l’évolution de votre style au fil des années?

J’ai abordé différentes inspirations en suivant ma passion pour les techniques et les formees. Mon fameux cône décliné dans différentes tailles, est inspiré du bijou touareg. J’ai réalisé pour Tilda Swinton un bracelet clouté à la main, et on m’a alors collé une etiquette de créateur rock’n’roll. Maus je pense que notre cliente attend en fait de nous des formes géométriques très pures et très simples, qui représente le glamour new-yorkais, inspiré de l’architecture de la ville. J’ai donc commencé à reconsidérer le langage de ma marque. A considérer les bijoux comme des sculptures miniatures. 

 

Et vos sacs à main?

J’étais très impressionné par les ateliers qui fabriquent nos bijoux en Italie, où le savoir-faire se transmet de génération en génération. Certains fabriquent également des sacs à main, et ces artisans me montraient toujours avec fierté des sacs qu’ils avaient réalisés dans les années 40 ou 50. Je me suis alors sérieusement penché sur ces formats oubliés, les doctor bags, pocket books, attaché cases. Même si l’offre en matière de sacs à main est pléthorique, il est difficile aujourd'hui de trouver ce type de format intemporel dans une gamme de prix abordable. J’ai donc eu envie de les proposer. Ces modèles respirent l’Amérique des années 50, ce glamour intemporel qui se construit dans la restreinte et une forme de modestie, avec une attention à la beauté de chaque détail. L’idée d’une construction rigoureuse est essentielle à ces formats qui relèvent presque de l’ingénierie. Ils sont équipés de poches pour iPhone, pour stylo, de fentes dans lesquelles glisser ses cartes. Je ne souhaite pas envahir le monde avec mes sacs. Aujourd’hui, j’aspire à rythme de croissance organique. J’ai compris qu’il ne sert à rien de tout anticiper et bousculer. J’ai envie de profiter de la vie et de voyager. 

 

 

www.eddieborgo.com

 

 

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