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Les refuges paradisiaques de l’agence d’architecture norvégienne JVA

 

L’agence d’architecture norvégienne JVA imagine des constructions en osmose avec le paysage, magnifiées par les éléments naturels. Elle invente une nouvelle typologie de formes, en réponse aux exigences posées par le vent, la neige et l’altitude.

Un bâtiment anguleux qui se dissimule dans les glaces du Spitzberg, une cabane conçue comme un repaire pour écrivains et un refuge de montagne avec vue panoramique sur les sommets alentour, les projets de l’agence norvégienne JVA (Jarmund/Vigsnæs as Arkitekter) se succèdent en imprimant leur marque de fabrique : l’osmose avec la nature. “Notre approche est celle d’un inspecteur qui arrive sur les lieux du crime : on s’attarde sur le moindre détail, on enquête, on creuse”, lance Einar Jarmund, cofondateur de l’agence. “Nous travaillons sur des architectures spécifiques, qui prennent en compte l’importance de l’environnement, et si notre projet s’impose de lui-même, alors c’est que nous tenons la solution !” Si celle-ci doit ainsi “découler des conditions climatiques ou géographiques”, partout, la force de la nature fixe un cadre immuable, et c’est elle qui dicte sa loi, souligne Einar Jarmund. 

 

Le refuge de montagne d’Okstindan, à 1 200 mètres d’altitude, illustre, lui aussi, cette philosophie. Structure en bois local complexe et résistante, baptisée Rabot Tourist Cabin (en hommage au géologue et géographe français Charles Rabot), cette construction d’altitude a été façonnée en fonction du comportement de la neige et de la direction du vent. Érigée par les communautés locales, elle est totalement autosuffisante, sans pour autant être raccordée ni au réseau d’eau potable ni au réseau électrique. Et pourtant, le refuge peut accueillir 30 personnes. Plantées au-dessus de l’édifice, les deux cheminées font écho à la forme des montagnes alentour. “La topographie, c’est le socle, la géologie de l’architecture ; il faut comprendre le comportement de la nature pour pouvoir ensuite le prendre en compte”, lance Einar Jarmund, avant de poursuivre : “L’architecture n’est jamais séduisante quand elle est simplement ‘dessinée’. Il faut en faire l’expérience dans un contexte précis, l’ouvrir à toutes les interprétations humaines possibles, la laisser vivre. Elle reste, avant toute chose, un outil pour organiser la vie et permettre l’épanouissement. L’architecture ne doit pas simplement être ‘satisfaisante’, mais passionnante, inclusive, à rebondissements, comme un bon scénario”, ajoute Einar Jarmund. En accord avec son temps, l’agence JVA parle aussi d’une architecture “en bonne santé”, et insiste sur la responsabilité de l’architecte face à la nature : “Il nous faut trouver des solutions pour que l’architecture n’hypothèque pas la planète, mais au contraire la respecte et la préserve.” C’est pourquoi, dans ses projets, JVA utilise essentiellement du bois, dont l’agence explore les qualités écologiques, esthétiques et structurelles – bois biosourcés ou recyclés que les architectes présentent comme des “pièges à CO2 géants

Autre projet remarquable, The Aluminium Cabin (2013), une maison d’été implantée dans le Vestfold, au bord la mer, se dresse telle une installation “mirage” entre les rochers. Recouverte d’une couche d’aluminium résistant aux embruns salés, la résidence reflète le paysage et le ciel alentour, comme un dispositif caméléon qui évolue au gré du temps et des frimas. “L’architecture a la beauté d’un langage muet. Si elle est trop ‘écrite’, elle devient disruptive. Nous sommes attentifs à rester le plus invisibles possible.” 

 

Encore plus adapté à son environnement, le projet du centre scientifique du Svalbard, à Longyearbyen dans le Spitzberg, prend en compte le “besoin physiologique et psychologique de protection que l’on éprouve sous des latitudes arctiques, explique Einar Jarmund. Dessiner une fenêtre dans un environnement aussi hostile a rapidement des conséquences irréparables, ou favorables ! Sans architecture, il n’y a pas de vie possible sur l’archipel. Elle permet de survivre ; elle doit donc prendre la mesure des conditions naturelles pour devenir le médiateur entre l’intérieur et l’extérieur. En Norvège, plus particulièrement, être architecte c’est résoudre une dualité : celle de faire partie de la nature, et de devoir s’en protéger. Comme un animal étrange, elle habite la nature et la nature le lui rend bien !” conclut Einar Jarmund.

 

www.jva.no

 

Clara Le Fort

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