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“Sans titre (2016)” : le meilleur de la jeune création contemporaine s’expose en appartement

 

Jeune curatrice parisienne, Marie Madec organise jusqu’à la fin avril une excellente exposition au sein d’un appartement privé. “Sans titre (2016)” dévoile une sélection pointue de peintures, sculptures, photographies, pièces de design et installations.

Par Thibaut Wychowanok

Vue de l’exposition Sans titre (2016). Le marbre a été réalisé spécialement pour l’occasion avec un code couleur unique.

 

 

Vue de l’exposition.

 

Elle a à peine 25 ans, mais son enthousiasme compense largement son jeune âge. Marie Madec est une passionnée. L’art, le design, la mode, la littérature… Sa curiosité n’a cessé de se développer depuis ses études en histoire de l’art à la Sorbonne jusqu’à ses recherches sur la scène artistique californienne. Aujourd’hui, de retour à Paris, elle s’est enfin décidée à partager ses découvertes avec un premier projet personnel, “Sans titre (2016)”. Une exposition au sein d’un appartement privé, installé rive gauche, sur les quais de la Seine, et réunissant les travaux de jeunes artistes et de créateurs plus confirmés, français ou étrangers. “Je voulais offrir une vision un peu fantasmée de l’appartement d’un collectionneur d’aujourd’hui”, nous confie-t-elle. 

 

Soutenue par trois excellentes galeries internationales – Balice Hertling à Paris, The Third Line à Dubai et LAMB Arts à Londres, Marie Madec expose déjà des noms très en vue de l’art contemporain. On retrouve dès la cuisine deux vitres installées au plafond, signées du Français Neil Beloufa, exposé actuellement au MoMa de New York, ou encore une toile du Californien Will Benedict, auquel la galerie Bortolami avait consacré son stand lors de la dernière FIAC. Mais la jeune curatrice propose aussi quelques surprises comme une œuvre d’Eliza Douglas. Un nom qui résonnera certainement aux oreilles des spécialistes de mode puisque cette ancienne muse d’Helmut Newton a ouvert le dernier show Balenciaga et fermé celui de Vetements. “Elle est aussi une très bonne artiste issue de la fameuse école d’art de Francfort, insiste la curatrice. Son travail sur la représentation du corps, la féminité et la question du genre entre en résonance avec les thèmes qui traversent l’exposition.”

Even When I Mean Well I Am Still a Criminal (2016) d’Eliza Douglas, huile sur toile, 115 x 150 cm.

 

 

Nathan (2015) d’Indigo Lewin, tirage argentique, 30,5 x 40,5 cm.

 

Le salon et la chambre sont l’occasion de découvrir la très pertinente sélection de meubles vintage réalisée par Archibal Pearson de la maison de vente Piasa : des pièces françaises, italiennes ou scandinaves des années 40 aux années 80. S’y dévoile également une bibliothèque contenant des ouvrages anciens ou de récents volume parus aux éditions Empyrée. “Nous avons également publié le premier fanzine de l’artiste Indigo Lewin, ‘He loves me not’, consacré à ses amours avortées. Elle y reproduit les photos de ses amants, les lettres et les textos qu’elle leur a envoyés, des images de films romantiques…” Chaque recoin recèle des trésors, comme cette toile d’Elliot Dubai. “Elliot est un artiste à l’ancienne, s’amuse Marie Madec. Il crée lui-même ses couleurs et ses pigments, il vit la nuit… et porte même les cheveux longs.” On découvrira également de très beaux dessins de Cédric Riverain, une œuvre in situ humoristique de Camille Blatrix dans les toilettes, des pièces vintage de Paco Rabanne ou de Courrèges dans le dressing, du cuir tatoué par Isabelle Cornaro… 

Homme Mouvement (2015) d’Elliot Dubail, huile sur toile, 130 x 160 cm.

Lémure (2012) de Cédric Rivrain, crayon, crayon de couleur, acrylique, vernis à ongles, larmes sur papier, 50 x 32 cm.

Vue de l’installation de Camille Blatrix.

Vue de l’installation d’Eliott Paquet.

 

 

On s’arrêtera, pour finir, sur un duo à peine sorti des Beaux-Arts de Paris, qui devrait rapidement faire parler de lui, Côme Di Meglio & Eliott Paquet. Leur obsession du corps humain, du post-humanisme, du sport et de la recherche de perfection les pousse à des expérimentations étonnantes. Sans en dire trop, on conseillera au visiteur de s’arrêter dans la salle de bains… Eliott Paquet, en solo, propose quant à lui une œuvre tout aussi fascinante. “C’est un petit arbre en métal constitué de bras mécaniques, explique la curatrice. Sur l’un des bras, Eliott a installé un tube de son propre sang auquel il a adjoint un anticoagulant qu’il a été obligé de voler dans un hôpital. Sur les autres bras, il a plongé des graines de plante dans un liquide qui accélère de sept à huit fois leur croissance. Il y juxtapose la seringue avec laquelle il a recueilli une partie de son sang et une vidéo. L’œuvre fait évidemment référence au dopage et à notre recherche éperdue de la performance…

 

L’exposition-expérience, qui sera peut-être prolongée en mai, est également l’occasion pour Marie Madec d’accueillir un certain nombre d’événements. Le 23 avril aura lieu, en collaboration avec la galerie londonienne LAMB Arts, un grand festin autour d’artistes venus d’Amérique latine. Puis, le 28 avril, une présentation de la maison Empyrée Éditions.

 

“Sans titre (2016)” se visite uniquement sur rendez-vous,

www.sanstitre2016.com,

contact@sanstitre2016.com,

tél. 06 11 85 83 83. 

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