La Fondation Carmignac invite l’art contemporain sur l’île de Porquerolles

Après la Fondation Bernar Venet ou le domaine de Château La Coste, la Fondation Carmignac vient enrichir l’offre artistique de la région en ouvrant ses portes sur l’île de Porquerolles. Visite en images...

Par Anaël Pigeat

  • Photo par Eric Valli
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  • Four seasons, Ugo Rondinone (2018) - photo Marc Domage
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  • Four seasons, Ugo Rondinone (2018) - photo Marc Domage
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  • Jaume Plensa
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  • Charles Carmignac © Photo Matthieu Salvaing
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  • Alexan
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  • Alexan
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  • Nils Udo
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  • Mother Nature, Olaf Breuning (2018) – Photo Marc Domage
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  • Alycastre, Miquel Barcelo (2018) – Photo Marc Domage
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  • Portrait Edouard Carmignac - Photo Matthieu Salvaing
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  • Miquel Barcelo
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  • Bruce Nauman
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  • Gruner Strich (green stroke), Gerhard Richter, (1982)
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  • Untitled, Maurizio Cattelan (1998)
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  • Salle Raysee et Richter
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  • Janaina Mello Landini
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  • Raised Eyebrows Furrowed Foreheads Knife (With Hands), John Baldessari (2009)
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  • Vue du bassin extérieur
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  • Salle Basquiat
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  • Collage For Nude With Red Shirt, Roy Lichtenstein (1995)
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  • My trip to the white temple, Korakrit Arunanondchai (2013)
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  • Tom Sachs
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  • Sea of desire, Edward Ruscha – Photo Marc Domage
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  • Fallen Angel, Jean-Michel Basquiat (1981)
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  • Vue intérieure - Bassin - Photo Marc Domage
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  • Vue intérieure - Bassin - Photo Marc Domage
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  • Child Labor, Zhang Huan (2007)
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C’est bien à un voyage spirituel que la Fondation Carmignac, qui ouvrira ses portes cet été à Porquerolles, veut inviter ses visiteurs. Le choix d’une île y est pour beaucoup, comme celui d’un parc naturel. On n’arrivera pas là par hasard... à moins d’être l’un des dizaines de milliers de touristes qui parcourent l’île tout l’été. “La visite commencera sur le continent, au moment de prendre le bateau”, explique Charles Carmignac (fils du fondateur Édouard Carmignac), qui a pris la direction du projet il y a un an. Habité par la musique (il a été l’un des fondateurs du groupe Moriarty en 1995), il a conçu un parcours qu’il décrit comme une danse, avec une succession de moments de tension et de relâchement. Des rituels ont été pensés pour contribuer à ce lâcher-prise ou à ces moments de méditation proposés au fil de la visite. À l’entrée, on se déchaussera et on prendra un breuvage naturel à base de plantes. À la sortie, on boira un verre de vin produit sur l’île et issu de l’agriculture biologique. Il faudrait enfin se baigner avant et après, au bord de l’extraordinaire plage de la Courtade.

 

 

Le public découvrira ainsi ses premières amours : Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat – qui a fait son portrait en 1984 – et Keith Haring, des figures de l’art qu’il a rencontrées pendant ses années new-yorkaises...

 

 

Un peu en retrait sur la colline, le bâtiment, dont l’architecture se compose de nombreuses strates, tend à disparaître dans la nature. À l’extérieur, rien n’a été modifié de cet ancien mas provençal. L’ensemble des espaces d’exposition a été creusé en dessous, avec un plan et des façades libres, de la peinture blanche et de la pierre naturelle. Un bassin suspendu, conçu par l’agence GMAA, laissera entrer la lumière du soleil, dont le coucher déterminera l’heure de fermeture des lieux chaque soir. Deux terrains entourent la bâtisse, l’un au nord, qui sera ponctué d’œuvres immersives, l’autre au sud, où seront installées des pièces plus figuratives. Des œuvres pérennes en dialogue avec les lieux ont été commandées à des artistes dont les noms sont gardés secrets. Une exception : Miquel Barceló et son dragon de l’Alycastre, une grande sculpture qui accueillera les visiteurs et qui orne déjà, comme un emblème, l’étiquette des bouteilles de vin du domaine La Courtade.

 

 

“Porquerolles n’est pas hors du mondel’île comporte aussi sa part de dureté avec son passé de piraterie, son isolement l’hiver, son soleil brûlant l’été...” Charles Carmignac

 

 

Au cœur du bâtiment seront installées les pièces de la collection qu’Édouard Carmignac a constituée depuis le début des années 80. Il cite volontiers les situationnistes, l’héritage de Mai 68, des œuvres qui lui ont procuré “des émotions fortes” – ce sont les termes qui reviennent le plus souvent dans son discours pour caractériser la collection. Le public découvrira ainsi ses premières amours : Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat – qui a fait son portrait en 1984 – et Keith Haring, des figures de l’art qu’il a rencontrées pendant ses années new-yorkaises, ainsi que Roy Lichtenstein, qu’il aurait aimé connaître. Il retrouvera aussi Gerhard Richter, Fabrice Hyber, Maurizio Cattelan, des découvertes récentes, et des artistes souvent originaires d’Amérique latine, du Moyen-Orient ou d’Asie, comme Korakrit Arunanondchai. L’exposition inaugurale, signée du commissaire Dieter Buchhart, s’intitulera Sea of Desire,en référence au titre d’une œuvre d’Ed Ruscha qui disait avoir “attrapé cette expression dans l’air” : une façon de prendre la température du monde. L’une des singularités de la collection est de comporter un important ensemble d’œuvres issues du prix Carmignac du photojournalisme (créé en 2009). Une certaine violence s’en dégage, qui pourrait contraster avec la dimension méditative évoquée plus tôt. “Mais Porquerolles n’est pas hors du monde”, répond Édouard Carmignac. “Et l’île comporte aussi sa part de dureté, ajoute Charles, avec son passé de piraterie, son isolement l’hiver, son soleil brûlant l’été, un peu comme du rock qui s’écoute très fort.

 

Fondation Carmignac, île de Porquerolles.