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Jim Shaw expose ses rêves et ses fantasmes à la galerie Praz-Delavallade

 

L’icône de l’art contemporain californien Jim Shaw investit la galerie Praz-Delavallade pour une exposition pop qui nous invite à pénétrer dans ses rêves, ses fantasmes et ses cauchemars. Un wonderland saisissant.

Par Maxime Gasnier

Courtesy of the artist and Praz-Delavallade. Photography by Rebecca Fanuele.

 

 

 

Dans la même veine que Paul McCarthy et Mike Kelley, Jim Shaw fait partie de ces artistes de la génération eighties qui partagent, depuis toujours, une certaine amertume envers la société de consommation américaine. S’appuyant sur l’imagerie de la pop culture – comics, cinéma, séries B… –, il traduit les symboles et les motifs du matérialisme via une œuvre plastique aussi extravagante qu’atypique. 

 

Sculptures, dessins, installations, peintures, collages, tout y passe. Après être passé au New Museum de New York l’hiver dernier, c’est désormais entre les murs de la galerie parisienne Praz-Delavallade que Jim Shaw présente son exposition Rather Fear God. Celle-ci rassemble une partie de ses fameux Dream Objects, série orientée vers la retranscription de ses rêves personnels réalisés entre 1995 et 1998, qui se fonde sur plusieurs dessins et croquis (Dream Drawings). L’artiste néo-conceptuel en extirpe des œuvres tridimensionnelles qui établissent un parallèle entre fantasme et réalité.

Collectionneur de bandes dessinées, Jim Shaw est sensible à cette influence populaire : vignettes, typographies et même figures de super-héros viennent structurer la plupart de ses illustrations. Il va même jusqu’à créer ses propres couvertures de comics, recyclant ainsi les mythes américains en de nouvelles narrations visuelles.

Au centre de la galerie, son amour pour la fiction se poursuit avec une vitrine posée sur piédestal. Sorte de mini-musée, cette accumulation rassemble chacun de ses rêves miniaturisés à l’échelle de figurines. “Bon nombre de mes rêves en lien avec l’art sont en fait un commentaire moqueur sur le monde et la place que j’y occupe. On pourrait considérer que ce Dream Object, qui se compose de minuscules versions de l’ensemble des Dream Objects précédents, représente l’apogée de la série ; ou bien que mon inconscient me met au défi de compresser toutes ces petites choses ; ou qu’il s’agit en fait d’une moquerie miniaturisée des objets eux-mêmes… Qui sait ?”, commente-t-il. Un capharnaüm de couleurs qui vulgarise et glorifie l’objet – religieux, culturel, commercial –, à la manière d’une poubelle à souvenirs. 

Face à ces images tout droit sorties d’un univers déraisonné, on erre dans l’imaginaire de Jim Shaw comme dans les dédales d’un wonderland. Son langage esthétique saisit autant l’absurde que le burlesque ; il crée des formes dégoulinantes, malléables et abstraites, des personnages hybrides et fantastiques parmi lesquels il représente parfois sa femme, l’artiste Marnie Weber, portraiturée en Monna Lisa. Quant à la nature de certaines scènes, le doute plane. Théâtres orgiaques ou foules en train d’étouffer ? Seul Jim Shaw détient la clé de ses propres rêves.

 

 

Exposition Rather Fear God de Jim Shaw à la galerie Praz-Delavallade,

5, rue des Haudriettes, Paris IIIe, jusqu’au 21 mai.

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