Paris Internationale, foire de la jeune création

Jeune et irrévérencieuse, la foire Paris Internationale s’est imposée en seulement deux éditions comme symbole d’un nouveau dynamisme parisien ouvert sur le monde. Elle prend désormais ses quartiers dans un parking mythique du 3e arrondissement, celui-là même qui hébergea le journal Libération.

Par Ingrid Luquet-Gad, Portrait par Cédric Delsaux

  • L’équipe de Paris internationale. De gauche à droite, assis : Guillaume Sultana, Marie Lusa, Gregor Staiger, Silvia Ammon, Nerina Ciaccia et Antoine Levi. Au second rang, debout : Clément Delépine, Philippe Joppin, Jason Hwang, Alix Dionot-Morani, Romain Chenais et Axel Dibie.
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    Pile quand on croyait l’avoir cernée, voilà qu’elle fait peau neuve. Il y a deux ans, Paris Internationale, foire alternative à la FIAC, déboulait sur la scène artistique. Associative et autogérée, l’initiative naissait des forces conjointes de cinq galeries : quatre françaises, bellevilloises plus précisément – Crèvecœur, High Art, Antoine Levi et Sultana – et une suisse, Gregor Staiger, basée pour sa part à Zurich. Une manifestation portée par un esprit d’irrévérence dans un contexte hexagonal un poil trop collet monté. Plutôt que d’ajouter une foire spécialisée de plus à la litanie des événements satellites du mois d’octobre – dédiés à un médium, à une zone géographique ou à une tranche d’âge –, Paris Internationale se proposait d’être un modèle alternatif. Un événement lié au marché, donc, mais où les galeries commerciales voisinaient avec une poignée de project spaces invités, une sélection pointue venue du monde entier, et surtout une esthétique nouvelle.

 

 

Pile quand on croyait l’avoir cernée, voilà qu’elle fait peau neuve. Il y a deux ans, Paris Internationale, foire alternative à la FIAC, déboulait sur la scène artistique. Associative et autogérée, l’initiative naissait des forces conjointes de cinq galeries : quatre françaises, bellevilloises plus précisément – Crèvecœur, High Art, Antoine Levi et Sultana – et une suisse, Gregor Staiger, basée pour sa part à Zurich. Une manifestation portée par un esprit d’irrévérence dans un contexte hexagonal un poil trop collet monté. Plutôt que d’ajouter une foire spécialisée de plus à la litanie des événements satellites du mois d’octobre – dédiés à un médium, à une zone géographique ou à une tranche d’âge –, Paris Internationale se proposait d’être un modèle alternatif. Un événement lié au marché, donc, mais où les galeries commerciales voisinaient avec une poignée de project spaces invités, une sélection pointue venue du monde entier, et surtout une esthétique nouvelle.

Nona Inescu à la Galerie SpazioA

Nicolas Guagnini à la galerie Max Meyer

Les deux premières années, la foire a investi deux hôtels particuliers à l’abandon de l’avenue d’Iéna, à deux pas de la grande sœur sise sous les verrières du Grand Palais. On s’était alors déjà habitués au savant dosage de boiseries et de murs à l’état brut, de style haussmanien et de squat, qui créait un espace où il faisait bon flâner. Or, s’il ne fait plus de doute que la foire est bien partie pour rester – et, au passage, redistribuer les cartes dans les rapports de force entre foires internationales –, la troisième édition amène son lot de surprises. Exit le contexte domestique de l’hôtel particulier, direction le cœur bétonné de la vie intellectuelle française. Cette année, du 18 au 22 octobre, les cinquante-quatre galeries participantes investiront ainsi l’ancienne rédaction du quotidien Libération, qui occupait jusqu’à son départ il y a deux ans un ancien parking commercial connu pour sa vis. Impossible de prédire la forme que prendra la foire dans ce contexte architectural et symbolique imposant. Quelques pistes nous ont cependant déjà été soufflées par Clément Delépine, coordinateur de la foire aux côtés de Silvia Ammon : “Tout en laissant carte blanche aux galeries, la foire nourrit une affection particulière pour les présentations monographiques.” La galerie berlinoise BQ mettra par exemple à l’honneur le photographe Jochen Lempert, un mois avant sa grande rétrospective au Sprengel Museum à Hanovre. De son côté, la galerie Max Mayer de Düsseldorf présentera les écrans pixellisés d’Ei Arakawa aperçus cet été dans le cadre de Skulptur Projekte à Münster. Tandis que les Angeleno de Redling Fine Art offriront à Pippa Garner, implacable critique du consumérisme US trop rare en Europe, une visibilité amplement méritée.

 

Foire Paris Internationale, du 18 au 22 octobre.

11, rue Béranger, 75003 Paris.

Robert Brambora à la galerie Sans Titre

Vue du stand d'Antoine Levi

Ebecho Muslimova à la galerie Maria Bernheim

Vue du stand Chateau Shatto