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La fantaisie libre de Peter Shire à la New Galerie

 

Entre céramiques colorées et sculptures miniatures, l’artiste californien touche-à-tout, ancien du groupe Memphis, revient en très grande forme. Rencontre avec la commissaire d’exposition Julie Boukobza, qui a eu la géniale idée de l’inviter.

Propos recueillis par Thibaut Wychowanok

Numéro : Pourquoi avoir choisi d’exposer Peter Shire, un artiste né en 1947, à la New Galerie plutôt tournée vers les jeunes artistes ?

 

Julie Boukobza : Lorsque la New Galerie m’a proposé de réaliser une exposition, j’ai tout de suite eu envie de prendre le contre-pied de leur programmation habituelle. J’avais envie de les surprendre. Et je cherchais depuis longtemps une opportunité de travailler avec Peter Shire. C’est une personnalité libre, fascinante. Il a tout fait : artiste, designer… Il a appartenu au groupe Memphis avec Ettore Sottsass dans les années 80, mais il a également réalisé de nombreuses œuvres publiques à Los Angeles. Il utilise aussi bien la céramique que le métal. Mais il est resté hors marché, à l’écart du circuit des galeries, et, surtout, il n’était pas venu en France depuis trente ans. 

 

Quelles œuvres présentez-vous à l’occasion de cette exposition ?

 

Nous avons essayé d’être fidèles à son côté touche-à-tout et pluridisciplinaire. L’exposition présente aussi bien des céramiques très colorées que des dessins, des œuvres inspirées par Jacques Tati qu’une vidéo, des pièces assez imposantes que des petites tasses… Ces dernières semblent d’ailleurs obséder tout le monde. La liste des réservations est impressionnante. Elles coûtent 45 euros et il les fabrique à la chaîne… À la fois pièces uniques et objets industriels, elles incarnent parfaitement le mélange des genres caractéristique de Peter Shire. Il peut tout aussi bien réaliser une pièce de quelques dizaines d'euros qu’une céramique à 10 000 euros.

 

On rapproche toujours Peter Shire du groupe Memphis dont il a fait partie, notamment en raison de son usage de la couleur…

 

En effet, la couleur a toujours joué un rôle important dans son travail, même s’il s’essaie parfois à des œuvres plus sombres. Peter Shire a toujours vécu dans le quartier d’Echo Park à Los Angeles, à majorité hispanique. Son usage de la couleur en a été très influencé, lui conférant un côté un peu “Memphis mexicain”. 

 

Pourquoi avoir choisi d'installer ses pièces sur cette grande table blanche ?

 

Exposer un artiste californien dans un espace aussi exigu avec une cave voûtée moyenâgeuse est assez amusant, voire exotique. J’ai cherché à accentuer cet esprit décalé en installant les œuvres sur cette table très haute, très grande, à la manière d’Alice au pays des merveilles… Envahissant l’espace, elle oblige le public à se confronter physiquement aux œuvres. 

 

Peter Shire, Love and P's, exposition réalisée par Julie Boukobza, à la New Galerie, 2, rue Borda, Paris IIIe, jusqu’au 27 février. 

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