Passants, paysages et prostitués... Les Polaroid fascinants de Philip-Lorca diCorcia

Prostitués de Los Angeles, passants pris à leur insu, paysages nocturnes ou de bord de mer… Les Polaroid du photographe américain Philip-Lorca diCorcia sont mis à l’honneur dans la galerie en ligne David Zwirner. 

Par Marthe Rousseau

  • Philip-Lorca diCorcia Untitled, n.d. Polaroid mounted on aluminum 3 3/8 x 4 1/4 inches (8,6 x 10,8 cm).
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  • Philip-Lorca diCorcia Untitled, n.d. Polaroid mounted on aluminum 3 3/8 x 4 1/4 inches (8,6 x 10,8 cm).
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  • Philip-Lorca diCorcia Untitled, n.d. Polaroid mounted on aluminum 3 3/8 x 4 1/4 inches (8,6 x 10,8 cm).
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  • Philip-Lorca diCorcia Untitled, n.d. Polaroid mounted on aluminum 3 3/8. x 4 1/4 inches (8,6 x 10,8 cm)
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Le photographe américain Philip-Lorca diCorcia présente ses photographies Polaroid sur le site de la galerie David Zwirner. Photographies de rues, de passants pris sur le vif, de paysages, de scène de la vie quotidienne, de prostitués… Les clichés de l’artiste mêlent approche documentaire et style cinématographique dans une collection qui constitue les séries qui ont fait sa renommée, comme Hustlers (1990-1992), Heads (1999-2001), Story Book Life (2003), ou East of Eden (2008 à aujourd’hui).

 

Né en 1951 à Hartford, dans le Connecticut, Philip-Lorca diCorcia s’intéresse à la photographie à partir des années 70. Dans sa première série Hustlers (1990-1992) réalisée dans les environs de Santa Monica Boulevard, le photographe américain demande à des prostitués de poser devant son objectif. Allongé sur le sol de Hollywood Boulevard, dans une chambre d’hôtel ou observant la devanture d’un fast-food… Philip-Lorca diCorcia montre la solitude de ces hommes dans une mise en scène soignée. Chaque œuvre est travaillée en amont (lumière, décor) et raconte une histoire que le spectateur est libre d’imaginer. En légende : le nom du sujet, son âge, sa ville natale et le tarif reçu pour avoir posé pour la caméra. C’est grâce à sa bourse obtenue par le Fonds national pour les arts que Philip-Lorca diCorcia paie les prostitués. Une prise de position au moment où le puritanisme religieux dénonce l’obscénité des photos d’artistes comme Robert Mapplethorpe ou Andres Serrano.

 

La série Heads (1999-2001) semble pourtant gagner en impertinence. Elle représente des passants pris à leur insu par le photographe. Leur silhouette capturée sous son flash se détache d’un fond noir. Un adolescent désabusé à caquette “NY”, un policier au regard triste, un businessman pensif… En résulte des portraits solitaires, isolés d’une foule débordante dans les rues de New York. Qu’il prenne des photos de scènes de la vie quotidienne de sa famille pendant trente ans (Story Book Life), ou qu’il mette en scène le bien et le mal selon la Bible en lien avec la crise financière de 2008 (East of Eden) à travers des compositions pleines de symboles, Philip-Lorca diCorcia joue constamment entre la réalité et la fiction. Dans sa photo Cain and Abel (2013), les frères originels de la Genèse deviennent un couple gay, sous le regard d’une femme enceinte nue aux allures d’une Ève moderne. Entre la spontanéité de l’instant et la théâtralité de la mise en scène, il n’y a qu’un pas. Philip-Lorca diCorcia nous laisse le franchir allègrement. 

 

 

Galerie David Zwirner