15 Février

Qui sont Kehinde Wiley et Amy Sherald, les portraitistes du couple Obama?

 

Barack Obama entouré de végétation et sa femme Michelle drapée d’une longue robe élégante… L’ex-couple présidentiel a dévoilé ses portraits respectifs réalisés par les artistes afro-américains Kehinde Wiley et Amy Sherald. Deux toiles à l’esthétique pop qui rompent avec les portraits austères de l’ancien président et de la première dame.

Par Marthe Rousseau

Portrait de Barack Obama par Kehinde Wiley. 

Portrait de Michelle Obama par Amy Sherald. 

Barack et Michelle Obama ont dévoilé leurs portraits réalisés par deux artistes afro-américains, Kehinde Wiley et Amy Sherald. Commandées par la Smithsonian Institution et dévoilées à la National Portrait Gallery (Washington), ces toiles, qui sont pour la première fois peintes par des artistes noirs, complètent la grande collection des figures de l’histoire américaine.

Vue de l'exposition “Lamentation” de Kehinde Wiley qui a eu lieu du 20 octobre 2016 au 15 janvier 2017 au Petit Palais, Paris, © Pierre Antoine.

Célèbre pour ses motifs répétitifs, l’artiste Kehinde Wiley a choisi de représenter l’ancien président entouré d’une végétation dense évoquant celle d’Hawaï, sa terre natale. Dans un costume noir, Barack Obama est représenté assis sur une simple chaise en bois. Né en 1977, Kehinde Wiley a grandi à Los Angeles, dans un milieu défavorisé, et a fini par trouver refuge dans l’art, qu’il a pratiqué jusqu’à l’obtention d’un diplôme de la prestigieuse université Yale. Ses toiles flamboyantes à l’esthétique pop présentent des personnages dans des postures empruntées aux chefs-d’œuvre des maîtres classiques tels que Titien, Ingres ou David. Qu’il s’inspire de la Renaissance, de la période baroque ou rococo, Kehinde Wiley peint des anonymes noirs ou métis rencontrés dans les rues de Harlem, du Brésil ou du Gabon, sur fond de motifs floraux aux couleurs vives. Ainsi, lors de l’exposition Lamentation (2017) au Petit Palais, l’artiste dévoilait des peintures et des vitraux inspirés de l’iconographie religieuse. Une Afro-Américaine au style streetwear (jean et veste Adidas vert pomme) remplace la Madone quant un homme allongé sur un drap rose, et entouré de motifs floraux évoque le Christ défunt. En mêlant hip-hop, pop culture et classicisme, Kehinde Wiley rend hommage à la culture afro-américaine.

“Grand Dame Queenie” (2013) d’Amy Sherald, huile sur toile, 137 x 109 cm. Collection : Smithsonian African American Museum.

L’artiste de 44 ans Amy Sherald a, quant à elle, livré un portrait de Michelle Obama. L’ancienne première dame est représentée de face, dans une longue robe noir et blanc à rayures colorées. Installée à Baltimore, Amy Sherald entame sa carrière avec des autoportraits et des toiles fantastiques évoquant la fantasie du cirque, avant d’évoluer vers un style figuratif et réaliste. Elle puise son inspiration aussi bien dans le travail de l’auteure de science-fiction Octavia E. Butler, que du peintre surréaliste Salvador Dalí en passant par l’univers étrange de Tim Burton. Aujourd’hui, Amy Sherald tire sa renommée de ses portraits de plain-pied de femmes et d’hommes afro-américains dans des scènes de la vie de tous les jours. Les nuances de gris sur les visages graves de ses sujets contrastent avec leurs vêtements colorés. En résulte des toiles imprégnées par la pop culture dans lesquelles les personnages observent le spectateur comme s’ils étaient pris en photo, l’air à la fois digne et mélancolique. 

NuméroNews