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Art Basel 2016 : les 17 œuvres qu’il est bon d’avoir vues (pour briller en soirée)

 

Art Basel, c’est 286 galeries réunies jusqu’au 19 juin. Les plus renommées au monde. Et c’est surtout des milliers d’œuvres d’art contemporain à faire pâlir d’envie les plus grands musées. Visite guidée de l’une des foires les plus importantes…

Par Thibaut Wychowanok

Joyce Pensato sur le stand de la Lisson Gallery

 

De Joyce Pensato (Lisson Gallery), vous connaissez forcément les peintures murales monumentales représentant Batman. L’une d’entre elles était même exposée à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin pendant la très bonne exposition collective Empire State. New York Art Now en 2013-2014. L’Américaine aux cheveux hirsutes n’a pas sa langue dans sa poche… ce qui ne l’a pas empêchée d’être une des artistes surveillées par le marché de l’art en 2014 et 2015.

Cindy Sherman sur le stand de Metro Pictures

 

Comme à son habitude, l’Américaine incarne différents personnages dans ses photographies, se grime et se déguise pour mieux mettre en question les identités et les apparences sociales. L’artiste star Francesco Vezzoli confiait déjà être sous le charme de ce genre de “diva” lors du vernissage de l’exposition que l’Italien consacrait à la plus grande d’entre elles, Marlene Dietrich, à Monaco en mai.

Camille Henrot sur le stand de Metro Pictures

 

Exposée chez Metro Pictures entre les mythes vivants que sont Cindy Sherman et Robert Longo (retrouvez la visite de son atelier à New York), la Française installée à New York confirme une nouvelle fois sa stature d’immense artiste contemporaine. Ses trois sculptures trônent magistralement au milieu du stand. Camille Henrot a moins de 40 ans, mais elle a déjà remporté un Lion d’argent à Venise pour sa vidéo Grosse Fatigue et le prix Edvard Munch en 2015. Elle vient d’inaugurer son solo show à la Fondation Memmo à Rome en mai (jusqu’en novembre). Elle nous confiait en 2015 lors d’une rencontre dans son atelier new-yorkais : Les œuvres d’art subliment les problèmes humains. Et une fois qu’ils sont sublimés, ils sont plus faciles à supporter et à accepter.

Doug Aitken sur le stand de Regen Projects

 

Now (dark wood) [2016], bois et acier inoxydable poli, 114 x 231,8 x 67 cm.

Julian Schnabel sur le stand de la Pace Gallery

 

Star depuis les années 80, Julian Schnabel avait un peu disparu des écrans radar de l’art avant son grand retour en 2015 – en France, avec une exposition à la Galerie Almine Rech. Entre-temps, il aura tourné un film sur Basquiat et Le Scaphandre et le Papillon, qui lui a valu une nomination pour l’Oscar du meilleur réalisateur. La Pace Gallery présente six tableaux monumentaux impressionants. La citation à retenir : “Je sais ce que c’est d’être attaqué en tant qu’artiste. Je sais ce que c’est d’être un artiste qui connaît le succès et la célébrité. Je sais ce que cela fait d’être accusé de choses qu’on n’a jamais dites ou faites. Je sais ce que c’est d’être porté aux nues puis cloué au pilori. Puis reporté aux nues, vu la réaction des collectionneurs.

Wade Guyton sur le stand de la Galerie Francesca Pia

 

C’est une immense star qui va inaugurer fin juin sa première grande exposition monographique en France au Consortium de Dijon. Réalisant avec des techniques d’impression des œuvres ressemblant à d’authentiques peintures, l’Américain joue avec les notions d’original et de copie. Toutes ses galeries présentaient évidemment de nouvelles œuvres, de Petzel à Chantal Crousel.

 

Nina Beier sur le stand de Standard (Oslo)

 

Si l’on est un peu paresseux, il suffit de jeter un œil sur les artistes de Standard (Oslo) pour avoir un aperçu particulièrement intéressant de la jeune création branchée. À Bâle, la galerie proposait un très beau Alex Hubbard, évidemment Torbjørn Rødland (on reviendra dessus), mais aussi le prodige de la vidéo et des nouveaux médias Ian Cheng ainsi que Nina Beier. 

Darren Bader sur le stand de la Galerie Franco Noero

 

Darren Bader est le spécialiste de l’humour absurde. On se souvient de ses lasagnes gratinées à l’héroïne. Pendant son exposition au MoMa PS1, à New York en 2012, il était question de vrais chats abandonnés proposés à la vente. Sur le stand de la Galerie Franco Noero, l’Américain a disposé des pierres ou des rochers accompagnés ici et là de miroirs de toutes formes, comme un rétroviseur posé par terre par exemple… à moins qu’il ne s’agisse d’un oubli ? Un vrai jeu de piste s’engage dans la foire pour essayer de découvrir où se cachent ces œuvres, et s’il s’agit bien de ses productions. En tout cas, à la Galerie Andrew Kreps où il est également présent, nul ne pouvait dire où se trouvaient les pièces, pourtant indiquées par des cartels. Son humour ne l’a pas empêché de remporter le très prisé prix Calder en 2013. Dans une interview pour Numéro en octobre 2014, il confiait : Un quart de ma famille avait sans doute une prédisposition à la folie ordinaire.

Thomas Houseago sur le stand de la galerie Xavier Hufkens

 

Thomas Houseago n’est pas seulement l'un des artistes les plus en vue aujourd'hui, il a aussi (et surtout) collaboré au Numéro Art de juin-juillet 2016 en réalisant une série mode avec le photographe Mathieu César. Pour Éric Troncy, commissaire d’exposition et critique chargé du projet : “Le face-à-face avec ses personnages de bois, de plâtre, de bronze ou d’argile est une vraie expérience ! [...] Une énergie vitale irrigue ses compositions dans lesquelles on croit voir parfois le bras d’une sculpture antique, un masque africain ou le costume de Batman.

 

Blue Mouth (2016) d’Urs Fischer, sur le stand de la galerie Sadie Coles. 

Les épines d’acacias de Giuseppe Penone forment un tableau menaçant à la Galerie Marian Goodman.

Sigmar Polke sur le stand de la galerie David Zwirner

 

L’artiste allemand Sigmar Polke était bien présent à Bâle. Il faut dire que l’exposition somptueuse que lui consacre la Collection Pinault au Palazzo Grassi de Venise a dû faire tourner la tête de plus d’un collectionneur. Chez David Zwirner, on découvre notamment une œuvre emblématique de 1989 issue de sa série sur la Révolution française. Mais aussi, chez Michael Werner, une œuvre des années 70 consacrée au Pakistan. Esprit libre, maître de l’expérimentation fasciné par l’alchimie, mais aussi artiste embrassant les sujets les plus sensibles de son époque, Sigmar Polke (1941-2010) n’en finit pas de fasciner.

Jeff Koons sur le stand de la Gagosian Gallery

 

Que dire sur Jeff Koons ? Ses œuvres sont si précieuses – enfin, si chères – que la compagnie d’assurance demande qu’un gardien les surveille vingt-quatre heures sur vingt-quatre…

Leonor Antunes sur le stand de la galerie Air de Paris

 

Chez Air de Paris se déployait une très belle sélection, avec Trisha Donnelly, Sarah Morris et Leonor Antunes. Notre contributeur Nicolas Trembley avait rencontré la jeune artiste à l’occasion de son exposition au musée d’Art contemporain de Bordeaux, dont l’une des œuvres, tissée et présentée à travers la nef, rendait hommage au savoir-faire. Elle lui expliquait alors : “Je suis native de Lisbonne, cité portuaire. Un jour, je suis entrée dans un magasin d’articles de marine de la ville. Un homme était en train de fabriquer un filet de pêche en corde. Son filet était formé d'une seule corde, presque infinie. Cette rencontre fortuite a beaucoup influencé ma recherche par la suite.” Un beau mélange d’artisanat et de techniques populaires. 

David Douard sur le stand de la Galerie Chantal Crousel

 

Le Français avait impressionné lors de son exposition chez Chantal Crousel en septembre 2015. Des œuvres hybrides qui abordent avec subtilité le thème de la mutation. Né dans les années 80 et issu des Beaux-Arts de Paris, David Douard confiait à notre contributeur Nicolas Trembley en 2015 : L'imagination et la pensée prennent le contrôle de mes mains. J’ai le sentiment que c’est ce jeu infini entre les matériaux et moi qui, finalement, aboutit à ce que je sculpte.

Ugo Rondinone sur le stand de la Galerie Eva Presenhuber.

 

 

Darren Bader sur le stand de la Galerie Franco Noero

 

Si l’on trouvait des photos de Ryan McGinley un peu partout dans les foires il y a quelques années, il semblerait que ce soit aujourd’hui au tour du Norvégien. À découvrir chez Nils Stærk, chez Standard (Oslo), chez Air de Paris…

 

 

 

>> Retrouvez notre compte rendu de la foire Art Basel Unlimited dédiée aux œuvres XXL.

 

 

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