Portfolio : Subodh Gupta déménage l’Inde à la Monnaie de Paris

Du 13 avril au 26 août, la Monnaie de Paris met à l’honneur Subodh Gupta, l’un des représentants majeurs de l’art contemporain indien. Abreuvées par les clivages qui inondent l’Inde, ses œuvres assemblent des objets anodins et agissent comme une métaphore de la mégalopole.

Par La rédaction

  • Very Hungry God, 2006 © Subodh Gupta Pinault Collection
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  • Subodh Gupta Unknown Treasure, 2017 Courtesy of the artist and Galleria Continua Photo : Ela Bialkowska
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  • Subodh Gupta Faith Matters, 2007-2010 Courtesy of the artist and Hauser & Wirth Stefan Altenburger Photography Zürich
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  • Subodh Gupta 1 K.G. War, 2007 Courtesy of the artist and Hauser & Wirth
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  • Subodh Gupta Jal Mein Kumbh, Kumbh Mein Jal Hai, 2005 Courtesy of the artist and Hauser & Wirth Photo : Genevieve Hanson
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  • Subodh Gupta Jutha, 2005 Courtesy of the artist Photo : Marc Domage
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  • Subodh Gupta Doot, 2003 Courtesy of the artist and Galerie Enrico Navarra
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  • Subodh Gupta Atta, 2010 Courtesy Hauser & Wirth Gallery Photo : José Luis Gutiérrez
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  • Subodh Gupta In This Vessel Lies The Philosopher’s Stone, 2017 Courtesy of the artist and Galleria Continua Photo : Ken Adlard
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  • Subodh Gupta Door, 2007 Courtesy of the artist Photo : Amil Rane & Rohan Mukherjee
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  • Subodh Gupta Seven Billion Light Years, 2015 Courtesy of the artist, Hauser & Wirth and Galleria Continua
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  • Subodh Gupta Spirit Eaters, 2012 Courtesy of the artist
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  • Subodh Gupta Only One Gold, 2017 Courtesy of the artist and Galleria Continua Photo : Ela Bialkowska, OKNO Studio
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  • Subodh Gupta A Penny for Belief, 2008 Pinault Collection
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  • Subodh Gupta In This Vessel Lie The Seven Seas; In It, Too, The Nine Hundred Thousand Stars (I), 2016 Courtesy of the artist and Hauser & Wirth Photo : the artist
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Après des débuts dans le théâtre, Subodh Gupta est désormais l’un des représentants majeurs de l’art contemporain indien. Du 13 avril au 26 août, la Monnaie de Paris rend hommage à cet artiste surnommé le “Damien Hirst de Delhi” à travers sa première rétrospective française. Originaire du Bihar, l’un des États les plus pauvres de l’Inde, Subodh Gupta investit les salons historiques du 11 Conti, le long de la Seine, et y expose une myriade d’œuvres aussi politiques que métaphysiques.

 

C’est dans la banlieue de Delhi que l’on trouve son atelier, construit par son ami architecte Rajiv Saini. Avec sa femme, Bharti Kher, artiste elle aussi, ils incarnent depuis une vingtaine d’années déjà une scène artistique peu diffusée en Inde. Peintre de formation, il réalise sa première installation, 29 Mornings en 1996. Grâce à ses amoncellements d’ustensiles de cuisine métalliques, Subodh Gupta sort de l’ombre : “je ne voulais pas travailler dans les chemins de fer comme la plupart des membres de ma famille. Je n’ai pas vraiment décidé de devenir artiste, mais un jour, pendant que je préparais l’affiche d’une de nos pièces, un ami a remarqué mes dessins et m’a suggéré d’entrer aux beaux-arts. Je me suis inscrit à l’Ecole d’arts et d’artisanat de Patna [capitale du Bihar]. Mais il n’y avait presque pas de professeurs, et en fin de compte, les étudiants étaient autodidactes.” raconte-t-il.

 

 

Aujourd’hui, Subodh Gupta fait partie des artistes phares achetés par les collectionneurs de type Pinault ou Pinchuk.

 

 

Si la Monnaie de Paris expose différentes toiles et installations, on y retrouve surtout des juxtaposition d’objets du quotidien – en bronze, en laiton, en cuivre – transfigurés par des moulages. Ses batteries de casseroles et de couverts en acier brillant (dont la boîte à repas dabba) se muent en pierres précieuses et font écho aux clivages qui inondent l’Inde. Des bases de la culture domestique populaire indienne, métaphores de la mégalopole, desquelles surgissent de multiples tensions : industrie et artisanat, vie rurale et vie urbaine… Aujourd’hui, Subodh Gupta fait partie des artistes phares achetés par les collectionneurs de type Pinault ou Pinchuk. Influencé par l’art occidental, certaines de ses œuvres récentes font référence à l’histoire de grandes figures européennes ou américaines. Des hommages à Klein, comme à Duchamp et sa célèbre Mona Lisa à moustache et des reproductions en métal des boîtes du fameux Puppy en céramique de Jeff Koons.  “L’art contemporain occidental est très important pour les artistes du monde entier, car il possède une histoire forte. La question de l’exotisme ne se pose pas, explique-t-il. L’art est un langage commun à tous. Mon travail porte sur l’endroit d’où je viens. Mais en même temps, l’expansion du monde de l’art signifie que, dans une certaine mesure, les différences se nivellent, on doit donc tenir compte des discours internationaux dans ses œuvres.