Après Londres, Virgil Abloh et Takashi Murakami s'exposent à Paris

Quatre mois après une première exposition collaborative, intitulée Murakami & Abloh – Future History, le designer américain Virgil Abloh et l’artiste japonais Takashi Murakami s'associent de nouveau sur Technicolor 2, une collection d'œuvres mêlant univers kawaï et esthétique streetwear industrielle, exposée à la galerie parisienne Gagosian.

Par Antoine Ruiz

Visuel de la collaboration entre Virgil Abloh et Takashi Murakami, “Technicolor 2”, partagé sur le compte Instagram d'artiste japonais.

Choc artistique à la galerie Gagosian de Paris, où deux créateurs que tout semble éloigner s'associent une nouvelle fois pour présenter leur collection Technicolor 2. Le designer américain Virgil Abloh, fondateur du label Off-White et aujourd'hui directeur artistique Homme chez Louis Vuitton, se joint à la superstar japonaise de l'art contemporain Takashi Murakami pour présenter une série d'œuvres qui entremêlent graphiques kawaï et formes industrio-consuméristes. Dévoilé sur les réseaux sociaux des deux collaborateurs, un premier visuel pop annonce la couleur : la célèbre croix d'Off-White se superpose sur le petit Mr DOB, genre de Mickey Mouse emblématique du plasticien.

 

Tandis que l'un dévoilait récemment sa contribution la pochette du très attendu album commun de Kid Cudi et Kanye West, Kids See Ghosts (disponible ce 8 juin), l'autre signe tout juste son premier défilé pour Louis Vuitton ainsi qu'une collaboration avec le label de mobilier suédois IKEA. Récemment interviewés pour Numéro, les deux créateurs exprimaient leur engouement à la vue du fruit de leurs collaborations.

 

L’art contemporain vient d’Amérique et d’Europe. Jusqu’ici, il devait donc correspondre au goût du public contemporain occidental,” confesse Takashi Murakami. “Il y a trois ou quatre ans, les marchés asiatiques ont commencé à se développer, et l’appétence pour l’art fondé sur les sous-cultures s’est développée également. Désormais, il existe donc un goût lié au marché asiatique, centré sur la Chine, et un goût complètement différent, davantage en rapport avec le marché occidental. La demande est immense, et l’argent qui en découle l’est également. La situation a beaucoup changé. Virgil lui-même est extrêmement populaire en Chine, et je pense que, dans ce pays, ma propre popularité a profité de la sienne. J’imaginais que notre collaboration pourrait susciter une énorme réaction, mais surtout dans le monde de l’art.

 

Quant à Virgil Abloh, pour lui “quiconque a une volonté de création est un artiste, et il n’y a pas de frontières entre les disciplines. J’ai fait des études d’architecture non pas pour apprendre à dessiner des immeubles mais une cuillère. Je pensais que si l’on était capable de dessiner un gratte-ciel, on pouvait certainement concevoir n’importe quoi d’autre dans le monde. Quand on crée une ligne de vêtements, on a indéniablement affaire à une expression artistique. Cela implique que l’on brûle continuellement de l’énergie créative. Je travaille comme les artistes, mais avec des médiums différents, et de manière collaborative.” 

 

 

L'exposition collaborative de Takashi Murakami avec Virgil Abloh, Technicolor 2, sera visible à la galerie Gagosian, du 23 juin au 28 juillet, 4 rue de Ponthieu, Paris 8e.

Life Itself (2018) de Takashi Murakami et Virgil Abloh. FRP, peinture à l’uréthanne et acier inoxydable, dimensions variables. Portrait par Olivia Arthur.