Behind the scene : Dries Van Noten raconte sa collaboration avec l'Opéra de Paris

Jusqu’au 15 juillet, l’Opéra de Paris présente Drumming Live, de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, dont Dries Van Noten a réalisé les costumes. Le créateur nous parle de cette collaboration. 

Par Delphine Roche

  • Photo John Nolan
  • Numéro : De nombreux créateurs de mode détestent concevoir des costumes de scène. Qu’est-ce qui vous séduit dans cet exercice ?

    Dries Van Noten : Lorsque j’élabore mes collections, je prends mes décisions seul, sans contrainte extérieure. Réfléchir aux mouvements que permet le vêtement, travailler pour une autre personnalité créative et devoir partager sa vision, tout cela est très instructif. Je ne suis plus tout jeune, mais j’aspire toujours à rencontrer de nouvelles personnes et à découvrir leur façon de penser.

     

    Vous avez collaboré avec plusieurs chorégraphes, quelle est la spécificité de votre travail aux côtés d’Anne Teresa De Keersmaeker ?

    La vision d’Anne Teresa est très spécifique car elle n’aime pas les costumes de scène, ce qui rend mon travail plus difficile : on doit avoir l’impression que les danseurs portent leurs propres vêtements. D’une certaine façon, c’est la façon dont j’opère pour mes collections : je n’aime pas raisonner en termes de looks complets, je préfère penser à des pièces que l’on peut mélanger avec le reste de sa garde-robe. Avec Anne Teresa, cette idée devenait plus radicale, car les formes des vêtements devaient être très simples.

     

    Les costumes que vous avez conçus pour Drumming Live sont très fidèles à votre esthétique, avec ces formes fluides et loin du corps, et ces dégradés de couleurs qui font penser à des tableaux de Mark Rothko…

    Je voulais apporter de la couleur pour exprimer l’énergie positive de Drumming Live. Avec les vêtements orange, on a l’impression de voir des petites flammes danser sur la scène. Ces dégradés de couleurs à la Rothko dialoguent avec le blanc pur.

     

    Vous avez aussi conçu les costumes de Rain, qui constitue, avec Drumming Live, un diptyque dans l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker. Votre travail sur cette pièce était-il similaire ?

    Les deux pièces ont été créées dans un laps de temps rapproché. Généralement, Anne Teresa préfère d’abord travailler sur le mouvement et introduire les costumes plus tard. Dans Drumming Live et Rain, les costumes sont indissociables de la chorégraphie et du mouvement, ils se renforcent mutuellement.

     

Numéro : De nombreux créateurs de mode détestent concevoir des costumes de scène. Qu’est-ce qui vous séduit dans cet exercice ?

Dries Van Noten : Lorsque j’élabore mes collections, je prends mes décisions seul, sans contrainte extérieure. Réfléchir aux mouvements que permet le vêtement, travailler pour une autre personnalité créative et devoir partager sa vision, tout cela est très instructif. Je ne suis plus tout jeune, mais j’aspire toujours à rencontrer de nouvelles personnes et à découvrir leur façon de penser.

 

Vous avez collaboré avec plusieurs chorégraphes, quelle est la spécificité de votre travail aux côtés d’Anne Teresa De Keersmaeker ?

La vision d’Anne Teresa est très spécifique car elle n’aime pas les costumes de scène, ce qui rend mon travail plus difficile : on doit avoir l’impression que les danseurs portent leurs propres vêtements. D’une certaine façon, c’est la façon dont j’opère pour mes collections : je n’aime pas raisonner en termes de looks complets, je préfère penser à des pièces que l’on peut mélanger avec le reste de sa garde-robe. Avec Anne Teresa, cette idée devenait plus radicale, car les formes des vêtements devaient être très simples.

 

Les costumes que vous avez conçus pour Drumming Live sont très fidèles à votre esthétique, avec ces formes fluides et loin du corps, et ces dégradés de couleurs qui font penser à des tableaux de Mark Rothko…

Je voulais apporter de la couleur pour exprimer l’énergie positive de Drumming Live. Avec les vêtements orange, on a l’impression de voir des petites flammes danser sur la scène. Ces dégradés de couleurs à la Rothko dialoguent avec le blanc pur.

 

Vous avez aussi conçu les costumes de Rain, qui constitue, avec Drumming Live, un diptyque dans l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker. Votre travail sur cette pièce était-il similaire ?

Les deux pièces ont été créées dans un laps de temps rapproché. Généralement, Anne Teresa préfère d’abord travailler sur le mouvement et introduire les costumes plus tard. Dans Drumming Live et Rain, les costumes sont indissociables de la chorégraphie et du mouvement, ils se renforcent mutuellement.

 

 

Dans Rain comme dans Drumming Live, quel est le rôle des changements de costumes ?

Nous avons travaillé sur une évolution progressive des couleurs, comme des variations d’énergie. Pour Rain, on passe du nude au rose et au fuchsia, puis au gris clair et à l’argent. Pour Drumming Live,  il s’agit du même procédé. Les jeux de lumière ajoutent à ces variations en altérant radicalement la perception des couleurs.

 

Le mot “minimaliste” est souvent appliqué aux chorégraphies d’Anne Teresa De Keersmaeker. Ce terme caractérise également l’école belge des “Six d’Anvers”, dont vous faites partie. Mais vos créations reflètent aussi un goût pour l’ornement. Vous considérez-vous comme un minimaliste ?

Mes tissus sont maximalistes, mais mes coupes restent assez simples. Pour Drumming Live et Rain, j’ai trouvé intéressant d’atténuer la richesse des tissus que j’emploie volontiers pour me concentrer sur des jeux de transparence et sur différentes nuances de blanc. Cet effort pour aller vers plus de pureté et de simplicité, pour exalter le mouvement du corps, m’était assez naturel.

 

Peut-on penser qu’il existe un esprit, un héritage ou une esthétique flamande qui vous rapprocherait d’Anne Teresa De Keersmaeker ?

Je dirais que nous partageons un esprit assez terrien et très direct. Aussi, dans un petit pays comme la Belgique, et dans une ville de taille moyenne comme Anvers, les créatifs de toutes disciplines sont plus enclins à collaborer les uns avec les autres. La danse, le théâtre, la mode, le cinéma et la musique se croisent plus facilement.

 

Votre travail avec Anne Teresa De Keersmaeker a-t-il influencé vos propres créations ?

Bien sûr ! J’ai notamment imaginé pour le printemps-été 2015 une collection masculine inspirée par la danse. Jamais je n’aurais fait cela si je n’avais pas collaboré avec Anne Teresa, avec Sidi Larbi Cherkaoui et avec Justin Peck.