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Balenciaga et Kering nous ouvrent leurs portes au 40, rue de Sèvres

 

A l'occasion des Journées du Patrimoine, Balenciaga et sa maison mère Kering ouvrent les portes de leur siège, un exceptionnel bâtiment classé monument historique, et proposent deux expositions passionnantes.

Par Thibaut Wychowanok

Kering, 40 rue de Sèvres. Cour d'honneur.

©Thierry Depagne

 

Qui aurait pu penser qu’entrer au 40 rue de Sèvres, siège depuis cet été de Kering et de la Maison Balenciaga, tiendrait de l’expérience mystique ? Et pourtant, l’ancien hôpital Laennec, construit au XVIIème siècle, réussit à susciter le trouble. Ces deux corps de bâtiments en forme de croix (l’un pour Kering, l’autre pour Balenciaga) de part et d’autre d’une chapelle édifiée sous Louis XIII et ses jardins aux allures de cloître plongent dans une atmosphère spirituelle monacale. « Au cœur de Paris, ce lieu singulier par son histoire, son envergure et sa beauté simple, a une âme », explique François-Henri Pinault. 

La mariée de 1967.

Photo Numéro.

 

Mais ce calme devrait être troublé ce samedi 18 et dimanche 19 septembre à l’occasion des journées européennes du patrimoine. A l’initiative de François-Henri Pinault, justement, le public pourra non seulement pénétrer les lieux mais aussi découvrir deux expositions présentées pour l’occasion. 27 pièces originales de haute couture de Cristòbal Balenciaga se déploient sur toute la longueur d’une vaste galerie.

 

Evidemment, les passionnés de mode apprécieront toucher (presque) du doigt des robes aussi mythiques que la Baby Boll de 1958, la Sari de 1964, un tailleur de 1962 porté par Marlène Dietrich ou l’iconique manteau Cocoon de 1966. Mais ces fantômes sublimes du passé – la mariée de 1967 installée au milieu tient de l’apparition magique – forment aussi pour le grand public une approche assez complète du génie du créateur, de sa période espagnole (1930 – 1937) à sa période parisienne (1937 – 1968). Architecte esthète aux volumes soufflés, coloriste magistral, brodeur hors-pair… Surtout, les pièces surprennent par leur incroyable contemporanéité, comme cette robe du soir coupée en biais en satin de soie champagne des années 30.

Robe du soir coupée en biais en satin de soie champagne. v.1930.

Photo Numéro

  • Cape "Chou" en gazar et robe en cady de soire. Hiver 1967.
  • Photo Numéro

Vue de l'exposition "Echos".

© Diane Arques / ADAGP

 

 

Dans la chapelle, l’expérience mystique se poursuit avec l’exposition "Echos", une sélection de pièces de la Collection Pinault et autant de réinterprétations d’œuvres iconiques de l’histoire de l’art religieux. Si certaines comme les Christ crucifiés de Abel Abdessemed, les Gisants de Maurizio Cattelan ou la Cène vue par Hiroshi Sugimoto ou Andres Serrano ont déjà été présentées, leur réunion au sein de ce lieu leur offre une puissance jamais vue, une aura quasi-religieuse. Ce qui ne manque pas d’ironie puisque que ces œuvres ont le plus souvent été interprétées comme participant à une désacralisation du religieux.

 

 

Vue de l'exposition "Echos". Hiroshi Sugimoto, The Last Supper.

© Diane Arques / ADAGP

 

 

Chez Adel Abdessemed, les quatre Christ crucifiés réalisés en métal tranchant se transforment ainsi en objets décoratifs, comme si la souffrance s’était banalisée et répétée en série. Sugimoto reproduit quant à lui la Cène de Leonard de Vinci en photographiant des personnages de cire, renvoyant le dernier souper du Christ à une mise en scène factice. Autre sacrilège avec Marlène Dumas dont on découvre le dyptique mettant en parallèle le corps du Christ allongé et celui de Michael Jackson dans la même position dans son caisson à oxygène.

Kering, 40 rue de Sèvres. Cour Saint-François.

©Thierry Depagne

 

 

Malheureusement pour le grand public, les lieux garderont un peu de leur mystère. Les jardins avec leurs haies de ifs et de charmilles, leurs plantes fruitières et leurs lavandes ne devraient pas êtres accessibles. Ni les bureaux modernes de Kering au sein desquels trône un arbre s’élançant vers le ciel et protégé par des panneaux de verre. Une manière sans doute d’incarner les valeurs d’une maison qui revendique s’appuyer sur ses racines pour mieux conquérir l’avenir.

 

journeesdupatrimoine.culturecommunication.gouv.fr

www.kering.com/fr

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