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Que penser de “Vinyl” la nouvelle série de Martin Scorsese et de Mick Jagger ?

 

La nouvelle série de Martin Scorsese et de Mick Jagger de HBO suit un patron de label musical dans son quotidien sulfureux. Une plongée dans le New York des années 70, entre drogues, punk, glam-rock et prémices du hip-hop.

2015 Home Box Office, Inc. All rights reserved.

En 2010, Martin Scorsese mettait un pied à la télévision en réalisant un pilote de série. Mais les débuts de Boardwalk Empire (qui allait suivre pendant cinq saisons l’ascension d’un caïd des années 20 d’Atlantic City) furent plutôt besogneux. Comme si le maître de Raging Bull s’ennuyait ferme à comprendre les exigences du médium – et nous avec lui. Le problème semble heureusement résolu avec la toute nouvelle série Vinyl, qui fait plus que dépasser les espérances. À l’écriture, Terence Winter, ancien des Sopranos devenu complice de Scorsese depuis Boardwalk Empire et Le Loup de Wall Street. À la production, rien de moins que Mick Jagger, à l’origine du projet et fournisseur officiel d’anecdotes sulfureuses. À la réalisation du premier épisode, bien sûr, le cinéaste de La Valse des pantins. Une promesse fulgurante.

 

Tout commence en 1973, à New York, dans les pas d’un dénommé Richie Finestra, patron d’un label musical en quête de renaissance personnelle et professionnelle.
Un rachat par la concurrence est proche, plus ou moins consenti. Mais lui passe ses journées à sniffer de la cocaïne, à régler ses problèmes tout en en créant d’autres, questionnant le sens de ses engagements et de ses passions. Entre la mafia et les groupes qui feront le son de demain, son quotidien est toujours explosif. C’est un personnage de mâle scorsesien chimiquement pur, hanté par la culpabilité, débordé par la violence, à la fois héroïque et vacillant. L’acteur Bobby Cannavale, peu connu jusqu’à présent, lui donne une douleur et une détermination immédiates.

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Au-delà de cette figure aussi détraquée qu’attachante – même si très typée dans sa masculinité univoque –, la série a pour ambition de cerner les ambiguïtés et les mutations d’une époque qui pensait que la musique pouvait changer le monde. Le style sautillant et brutal imprimé par Scorsese dans le pilote sublime la ferveur du rock seventies, du glam au punk naissant, ainsi que les échappées disco en germe. Le hip-hop fait également ses premiers pas. Plus qu’un revival, c’est un hymne à une ville que veut entonner Vinyl en hurlant. Des trottoirs les plus sales aux clubs secoués par une jeunesse sans peur et sans haine, aucun décor débordant de désir ne lui échappe.

 

Dans cet habitat fictionnel interlope, Scorsese trouve un souffle et une énergie destructrice qu’on ne lui connaît plus que par intermittence. Délié, puissant et intense, son pilote parvient à la fois à ressembler à un film (une heure cinquante !) et à respecter les règles de l’exposition, pour donner envie de beaucoup plus. L’hallucinante scène inaugurale est déjà l’une des plus fortes de l’œuvre de Scorsese et de l’histoire des séries… Le reste de la première saison, assuré par d’autres réalisateurs, porte forcément la marque d’un créateur désormais sans inhibitions. Un homme qui se permet de regarder en arrière (Scorsese avait 31 ans en 1973 et réalisait Mean Streets) tout en vivant l’accord parfait avec son époque. Tant pis pour la nostalgie, tant mieux pour nous.

 

 

Vinyl, Depuis le 15 février chaque lundi soir à 20 h 55 sur OCS City.

 

Par Olivier Joyard​

 

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