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L’Opéra de Paris ouvre une audacieuse 3e Scène

 

Dimitri Chamblas, directeur artistique de la 3e Scène de l’Opéra de Paris nous parle de ce nouveau projet audacieux.

Annoncée depuis l’arrivée de Benjamin Millepied à la direction de la danse de l’Opéra de Paris, la 3e Scène, ou scène numérique, se lance ce mardi 15 septembre avec une réalisation de Wendy Morgan, Etoiles, I see you. Numéro a rencontré le directeur artistique de la 3e Scène, Dimitri Chamblas, qui décrit en détail ce projet ambitieux.

Lil Buck Opéra © Stéphane Perche 

Ascension par Jacob Sutton

Numéro : Loin d’une simple plateforme qui diffuserait des reportages sur les coulisses des spectacles, la 3e Scène de l’Opéra de Paris est un support de création novateur. Comment définissez-vous ce projet ?

Dimitri Chamblas : Le modèle est novateur, tant au niveau de sa production que de sa diffusion. Il s’agit de tisser des liens entre l’institution Opéra et le monde, par l’intermédiaire du travail d’artistes que nous invitons à réaliser des films. L’œuvre, d’abord créée pour la scène digitale, est ensuite diffusée dans des musées, des centres d’art. Nous avons ainsi commandé un film à l’artiste Xavier Veilhan, qu’il montrera dans le cadre de ses expositions à venir. Julien Prévieux, lauréat du prix Marcel Duchamp 2014, a également réalisé un film pour nous, avec des danseurs de l’Opéra, dont seul le trailer sera diffusé en ligne. L’intégralité du film sera ensuite dévoilée dans le cadre de son exposition au Centre Pompidou, [du 25 septembre au 1er février 2016]. Il ne s’agit donc absolument pas de travaux de commande : nous invitons, au contraire, les artistes à réaliser une œuvre qui trouve naturellement sa place au sein de la leur. 

Quel est votre modèle de production ?

L’Opéra de Paris n’a pas les moyens de financer 18 films de 18 artistes. Nous avons donc mis en place un système de coproduction. Par exemple, le studio de Xavier Veilhan a participé au financement de son film. L’Opéra de Paris est propriétaire d’un exemplaire du film, et les autres exemplaires lui appartiennent. Nous sommes donc en train de constituer une collection : la collection de l’Opéra de Paris. 

Qui sont les artistes invités pour cette première saison ?

Ils représentent diverses disciplines, de l’art contemporain au cinéma, en passant par la photographie, le dessin, la musique pop. Le cinéaste Bertrand Bonello a écrit un projet incroyable, une tragédie qui met en scène les chœurs de l’Opéra. Le photographe de mode Jacob Sutton a réalisé un film très visuel autour d’une création de Benjamin Millepied. Xavier Veilhan, pour sa part, a réinventé l’Opéra en fusionnant Garnier et Bastille. La plasticienne Alex Prager a également réalisé un film. Il sera visible à partir du 20 octobre dans son exposition à la Galerie des Galeries. Le clavier du groupe Phoenix a composé un morceau qu’il joue sur tous les pianos de l’Opéra. 

Étoiles, I see you par Wendy Morgan avec Lil Buck

Il ne s’agit donc pas de créer une pièce avec des danseurs, mais de livrer une vision personnelle de l’Opéra ?

Exactement, nous invitons les artistes à livrer leur vision de l’Opéra de Paris dans son ensemble : la musique, la danse, les métiers, les espaces publics ou cachés. Le lien peut même être distendu : les membres d’un collectif anglais ont créé une œuvre à partir des échanges préparatoires à cette création, et autour du trajet d’une danseuse que nous avons envoyée à Londres pour les rencontrer. Nous explorons aussi les lieux de l’Opéra : notre premier projet est un abécédaire qui montre ses moindres recoins. 

 

En quoi consiste le film de Wendy Morgan, Etoiles, I see you, qui met en scène, Lil Buck, le danseur de hip-hop ?

Wendy Morgan est une réalisatrice de clips musicaux. Elle a décidé de mettre en scène un dialogue entre Lil Buck et les figures historiques représentées dans les fresques et les sculptures du palais Garnier. Lil Buck danse dans le Grand Foyer, un studio emblématique du palais Garnier. Par le biais du montage, les visages, les fragments de corps, les attitudes se répondent.

 

 

www.operadeparis.fr/3e-scene.

 

Propos recueillis par Delphine Roche

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