“J’ai passé des heures à gribouiller sur mes Adidas.” Rencontre avec Alexander Wang

Jeune prodige de la mode made in New York, Alexander Wang signe pour le label sportswear Adidas une collection unisexe photographiée par Juergen Teller à New York.

Par Delphine Roche

  • Lexi Boling et Chris Fernandez en Adidas Originals par Alexander Wang, photographiés par Juergen Teller.
  • Avec sa ligne Adidas Originals, le célèbre label sportif n’en finit pas de réinterpreter son héritage. Après Jeremy Scott ou le label BAPE, le créateur new-yorkais Alexander Wang propose aujourd’hui sa propre vision, avec une collection unisexe très complète de 84 pièces. Jeux graphiques, logos retournés et contrastes de textures subliment les pièces phares d’Adidas, fusionnant mode et streetwear pour un vestiaire urbain pertinent et contemporain. Numéro a interviewé Alexander Wang au sujet de sa collection. 

     

     

    Numéro : Vous avez grandi aux É​tats-Unis, à l’époque où le streetwear, le skatewear et le sportswear étaient en train de devenir une culture à part entière. Que signifiait à vos yeux la marque Adidas ?

    Alexander Wang : J’ai porté les Superstars tout au long de mes années de lycée. J’étais scolarisé dans une école privée où le port de l’uniforme était obligatoire. Les chaussures étaient donc notre seul domaine d’expression vestimentaire. Tous ceux qui portaient des Superstars les personnalisaient, moi y compris : je passais des heures à gribouiller sur mes baskets. J’aurais dû en garder une paire, pour la postérité ! Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours été un fan d’Adidas. Son héritage m’inspire un profond respect.

     

     

Avec sa ligne Adidas Originals, le célèbre label sportif n’en finit pas de réinterpreter son héritage. Après Jeremy Scott ou le label BAPE, le créateur new-yorkais Alexander Wang propose aujourd’hui sa propre vision, avec une collection unisexe très complète de 84 pièces. Jeux graphiques, logos retournés et contrastes de textures subliment les pièces phares d’Adidas, fusionnant mode et streetwear pour un vestiaire urbain pertinent et contemporain. Numéro a interviewé Alexander Wang au sujet de sa collection. 

 

 

Numéro : Vous avez grandi aux É​tats-Unis, à l’époque où le streetwear, le skatewear et le sportswear étaient en train de devenir une culture à part entière. Que signifiait à vos yeux la marque Adidas ?

Alexander Wang : J’ai porté les Superstars tout au long de mes années de lycée. J’étais scolarisé dans une école privée où le port de l’uniforme était obligatoire. Les chaussures étaient donc notre seul domaine d’expression vestimentaire. Tous ceux qui portaient des Superstars les personnalisaient, moi y compris : je passais des heures à gribouiller sur mes baskets. J’aurais dû en garder une paire, pour la postérité ! Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours été un fan d’Adidas. Son héritage m’inspire un profond respect.

 

 

Binx Walton en Adidas Originals par Alexander Wang photographiée par Juergen Teller.

Le noir est un code commun à Adidas et à votre marque en nom propre, était-ce le point de départ évident pour vous ?

Le noir correspond surtout à une sorte d’uniforme urbain, et, pour moi, c’était donc très logique de proposer une première collection qui soit principalement de cette couleur. 

 

Pourquoi proposer une collection unisexe ?

Notre époque est marquée par la fluidité des genres, un nouveau phénomène que l’on ne saurait ignorer. Cette collection unisexe ne fait que refléter cet aspect.

 

Vous êtes l’un des designers adorés des millennials [jeunes nés au tournant des années 2000], comment décririez-vous leurs centres d’intérêt et leurs valeurs ?

Si les jeunes se reconnaissent dans ma marque, c’est justement parce qu’elle s’inspire de leur culture qui célèbre l’individualité et le fait de se retrouver, dans des petits groupes, autour de valeurs communes. Ce qui est fascinant chez eux, c’est justement que leurs intérêts sont pluriels et divers, et que leur culture reste toujours imprévisible.

 

 

 

Si les jeunes se reconnaissent dans ma marque, c’est justement parce qu’elle s’inspire de leur culture.

 

Lexi Boling et Hanne Gaby Odiele en Adidas Originals par Alexander Wang, photographiées par Juergen Teller.

Était-il important pour vous de shooter les visuels de cette collection à New York ?  

Oui, car la marque Alexander Wang est inspirée par New York autant qu’elle s’inscrit dans le paysage new-yorkais. Adidas est un pilier de la street culture new-yorkaise. La contrebande de vêtements, les revendeurs à la sauvette font partie de la culture du streetwear, et ma première collection Adidas Originals fait allusion à ce phénomène très urbain. New York était donc le lieu parfait pour shooter la campagne avec Juergen Teller.

  

Adidas Originals by Alexander Wang,

en vente le 18 février, 

www.adidas.com

 

 

Retrouvez les photos de Paul Pogba par Juergen Teller pour Adidas.

Retrouvez l’interview d’Alexander Wang pour les dix ans de sa marque.

Rocco Ritchie en Adidas Originals par Alexander Wang, photographié par Juergen Teller.