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Rencontre avec Alexander Wang

 

Alexander Wang se confie à Numéro à l'occasion de la célébration des 10 ans d’existence de sa marque. Photo Steven Klein

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Le 12 septembre dernier, Alexander Wang célébrait le 10e anniversaire de sa marque en présentant à New York un défilé-manifeste, suivi d’une fête mémorable.

 

Sur le podium du défilé, devant un écran géant, les mannequins marchent d’un pas rapide, dynamique, au son, entre autres, des tubes du rappeur Fetty Wap…  Parka, teddy en soie, hoodie, vêtements en denim et en cuir… les pièces essentielles d’un parfait vestiaire streetwear, revues par Alexander Wang, se mêlent aux robes longues et aux textures résille novatrices qu’a insufflées le créateur au cours des années.

 

 

Le dernier mannequin passe, et les écrans géants s’animent : ils retracent, en vitesse accélérée, les images fortes qui ont marqué la première décennie d’Alexander Wang. Des extraits de défilés, mais aussi Gisele Bündchen filmée dans les coulisses d’un défilé, et le groupe sud-africain Die Antwoord, égérie de sa seconde ligne T le temps d’une saison… Dotée d’une force de persuasion absolue, cette courte vidéo met en lumière la façon dont le créateur new-yorkais a su accompagner l’avènement de la culture des vingtenaires et trentenaires, au point d’en devenir un emblème, une partie intégrante. Cette culture passe indubitablement par la musique… et en la matière, la sincérité d’Alexander Wang, connu pour écumer concerts et festivals, n’est pas à démontrer. Le créateur avait même confié son compte Instagram à la star canadienne The Weeknd, le temps du festival Coachella, en 2014.

 

Le 12 septembre 2015, dans le Pier 94 qui longe la West Side Highway, l’after-party enfonce donc le clou. Sur scène, Alexander Wang, jovial, joue les maîtres de cérémonie, présentant ses guest stars : la chanteuse R’n’B’ Tinashe, qui se livre à une chorégraphie endiablée avec ses danseuses, les rappeurs Lil Wayne et Ludacris, le DJ Baauer qui invite le rappeur A$AP Ferg à partager avec lui la vedette… Numéro a rencontré Alexander Wang pour évoquer le 10e anniversaire de sa marque, lors de cette soirée folle.

 

Numéro : En l’espace de dix ans, vous avez forgé un style et des codes reconnaissables. Avez-vous le sentiment d’avoir également participé à la culture d’une génération ? Comment avez-vous pensé ce défilé qui marque votre dixième anniversaire ?

Alexander Wang : Nous nous sommes tout d’abord demandé ce qui était pertinent. Et nous en sommes venus à la conclusion que le parti pris le plus moderne était de refléter ce qui était là, sous nos yeux. J’ai regardé mes amis, et je leur ai dit : “Je voudrais faire des vêtements que vous porteriez tous les jours.” Je n’avais pas envie d’un concept prétentieux. Je me suis dit : “C’est notre dixième anniversaire, faisons ce que nous aimons, ce qui nous excite.” Car ce qui compte dans cette époque, c’est l’attitude. Je crois à la notion de luxe subversif : cette idée qu’une paire de baskets peut être un objet luxueux. Nous avons donc travaillé chaque pièce –et pas seulement chaque look – en pensant à ce que ces pièces représentent, ce qui les rend iconiques, ce qui fait qu’une parka est une parka. Et nous avons juste travaillé les détails pour définir le style d’un individu au sein d’une tribu. Nous ne voulons pas impressionner qui que ce soit, mais parfois, on aime que son entourage reconnaisse les vêtements que l’on porte, vous voyez ce que je veux dire ? On veut que ses amis connaissent la provenance d’un hoodie ou d’une paire de baskets.

 

L’invention de formes nouvelles et avant-gardistes est-elle obsolète ?

L’innovation pour l’innovation, ce n’est pas pertinent. Je me suis demandé : “Est-ce que tu travailles pour la communauté de la mode, ou pour le public auquel tu t’adresses ?” Ou encore : “Qui est ton public, qui est ton client ?… Peut-être que l’innovation formelle ne correspond pas à ce que recherche ton client. Pourquoi être novateur si ton client veut un pantalon de jogging et un tee-shirt ?” Je me suis vraiment demandé qui est cette génération des millenials [personnes ayant atteint l’âge adulte au tournant du millénaire]. Pas de grand concept, pas de complication inutile : le cœur de ma collection était fondé sur leurs désirs et leur mode de vie.

 

Maintenant que vous avez quitté Balenciaga, vous pouvez vous focaliser sur votre marque. Quels sont vos projets ?

Je fourmille de projets… Inutile d’en dire plus pour le moment. Être directeur artistique de Balenciaga, faire l’expérience d’une culture différente et d’une autre façon de travailler, c’était une opportunité unique, une chance qui ne se présente qu’une fois dans une vie. Mais aujourd’hui, je suis ravi de consacrer toute mon énergie à ma marque. 

 

Propose recueillis par Delphine Roche

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