Hommage à Azzedine Alaïa, fashion hero de la mode du XXe siècle

Il était l’un des génies de la mode du XXe siècle, couturier atypique aux mains d'or et au regard plein de malice et d'intelligence. Retour sur le parcours hors du commun d'Azzedine Alaïa, disparu le 18 novembre 2017. 

Par Babeth Djian

Azzedine Alaïa par Jean-Baptiste Mondino

Azzedine Alaïa sculptait le corps de la femme comme nul autre, en véritable maestro de l'élégance et de la pureté des formes. Farida Khelfa, immortalisée à ses côtés dans des photomontages iconiques de Jean-Paul Goude… Naomi Campbell et Grace Jones, égéries absolues… Au-delà de simples modèles, les muses d’Azzedine Alaïa constituaient autour de lui une famille, un clan d’amies, qui le retrouvaient fréquemment pour partager avec lui un repas dans son atelier, où il passait ses jours et ses nuits. Naomi qui très souvent parlait amoureusement de sa collection de robes Alaïa, comme d’un trésor qu’elle conserve et chérit, et qui l'appelait très affectueusement “papa”.  

 

Grand couturier virtuose de la coupe, c’est par le biais de l’art, et plus particulièrement de la sculpture qu’il étudie aux Beaux-Arts de Tunis, qu’Azzedine Alaïa appréhende directement le travail en trois dimensions autour du corps, qui deviendra sa signature. C’est en 1981 qu’Azzedine crée sa propre maison à Paris. Sa rencontre avec l’air du temps produit des étincelles. Il bouleverse la mode dans un grand tourbillon comme Christian Dior avant lui.

 

 

 

 

 

Elektra by Tom Munro styled by George Cortina. Model: Hilary Rhoda (Paru dans le Numéro 86)

Puissante mais toujours libre de ses mouvements, la femme Alaïa est depuis toujours une amazone pleine d’assurance, mais aussi pleine d’esprit et d’humour.  Annonçant l'ère du body conscious, ses créations font immédiatement l'effet d'une seconde peau à l'instar de ses cuirs ou ses peaux exotiques qu’il parvient à dompter à la perfection. 

 

Esprit libre et  indépendant, réticent à suivre le rythme imposé par les collections, il se retire même du calendrier du prêt-à-porter, et décide de présenter ses défilés en très petit comité, dans son magnifique atelier du Marais. Ses modèles demeuront éternellement gravés dans les mémoires.

 

Merci Azzedine, tu nous manques déjà. We all love you.

 

Babeth

 

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