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Entretien exclusif avec Olivier Rousteing, photographié par Jean-Baptiste Mondino aux côtés de Gigi Hadid

 

En parfaite adéquation avec son époque et avec sa génération, Olivier Rousteing insuffle à la maison Balmain une énergie pop. Entouré de sa muse Gigi Hadid, de ses amies Rihanna et Kendall Jenner, le directeur artistique déchaîne les foules. Rencontre.

Gigi Hadid : body à bandes croisées, BALMAIN. Olivier Rousteing : costume et pull,  BALMAIN. Bracelet, CARTIER. Montre, ROLEX.

Haut en résille brodée de perles et pantalon à volants en cuir, BALMAIN.

Numéro : Mais où donc êtes-vous né, bel enfant ?

Olivier Rousteing : À Bordeaux.

 

Étiez-vous un adorable petit poupon, joufflu et gazouillant, ou faisiez-vous partie de ces malencontreux nouveau-nés aux croûtes de lait et aux mentons poilus qui provoquent invariablement une gêne lorsque leur mère les montre aux amis?

J’étais adorable. Ah non, maintenant que j’y pense, j’étais gros. Mais j’ai perdu très vite.

 

À l’école, étiez-vous plutôt du genre cancre ou fayot?

J’étais excellent, toujours premier de la classe. J’enchaînais les 19 sur 20.

 

Un vrai surdoué.

J’ai obtenu mon bac littéraire avec une année d’avance, assorti d’une mention très bien.

 

Comptiez-vous de nombreux camarades à cette époque ou faisiez-vous figure de brebis galeuse dans la cour de récréation?

À l’école primaire, j’avais mon petit succès : j’étais le “puppy” que tout le monde trouvait mignon et que tout le monde aimait bien. Au collège, j’étais haï de tous. Mais au lycée, j’étais un leader.

 

Qu’aviez-vous fait pour être exécré au collège?

Rien, si ce n’est d’être différent des autres à un âge où les gens

ne le comprennent pas.

 

Différent dans quel sens?

Différent parce que j’aimais la mode, différent parce que j’avais des goûts particuliers… Je n’irai pas jusqu’à dire que j’étais plus féminin que mes camarades de classe, mais j’aimais bien prendre soin de moi, et je portais toujours les dernières marques à la mode. Je tenais un peu le rôle de l’enfant gâté, et les autres enfants étaient sans doute jaloux. Ce qui est drôle, c’est que nombre d’entre eux m’envoient maintenant des messages privés sur Instagram pour me dire qu’ils m’adorent. La vengeance est un plat qui se mange froid.

 

Comment vos parents ont ils réagi lorsque vous leur avez annoncé, à l’âge de 16 ans, que vous partiez?

Mon père s’opposait à cette décision, ma mère la soutenait. Mes parents voulaient que je sois avocat en droit international. Au final, j’ai choisi l’international, mais pas en droit. Bref, je suis monté à Paris où je suis retombé sur mes pieds assez facilement : mes parents m’aidaient financièrement et j’ai beaucoup de famille dans la capitale. Pour moi, le plus gros choc a été mon déménagement en Italie. Mes parents ont cessé de subvenir à mes besoins, et donc, pour vivre, j’ai dû faire des stages et danser dans des clubs…

 

Je ne sais pas ce qui est le pire…

Lorsque je dansais en boîte, j’étais habillé, je le précise. C’était, je dois dire, une drôle d’expérience, parce qu’il se trouve que je travaillais chez Roberto Cavalli à l’époque, où il arrivait que je doive rester pour des essayages avec [le créateur] Peter Dundas jusqu’à 1 heure du matin, avant de vite me changer et de courir en boîte avec mes vêtements dans un sac pour gagner 150 euros par semaine. Ce qui me permettait de payer mon loyer. Je grimpais sur un podium, je dansais et, de temps à autre, quelqu’un venait éteindre sa cigarette sur ma cuisse. [...] 

 

Propos recueillis par Philip Utz, photos Jean-Baptiste Mondino.

 

Retrouvez cette interview dans son intégralité dans le Numéro Céleste de décembre 2015, disponible à partir du 1er décembre en kiosque et sur iPad.

 

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