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Rencontre avec Esteban Cortazar, audacieux trentenaire aux créations sensuelles

 

Le créateur britanno-colombien Esteban Cortazar relançait il y a deux saisons son label, avec une stratégie commerciale audacieuse. Sa collection printemps-été 2016 confirme le talent du jeune trentenaire, qui présentait sa première collection à 15 ans.

Numéro : Lorsque vous avez relancé votre marque à la saison printemps-été 2015, vous avez décidé de dévoiler vos collections d’abord aux acheteurs, pendant les pré-collections, avant de les montrer à la presse pendant la Fashion Week parisienne. Pourquoi cette stratégie ?

 

Esteban Cortazar : Lorsqu’est venu le moment de relancer mon label après deux collections capsules pour Net-a-Porter, je me suis interrogé sur le calendrier actuel de la mode. Tout le monde s’accorde à dire qu’il est absurde aujourd’hui que la cliente doive attendre six mois pour se procurer les pièces des défilés, qu’elle aura vues entre-temps amplement photographiées dans la presse. J’ai donc voulu trouver un rythme plus pertinent pour notre époque. Et je peux dire à présent que cette stratégie, qui permet aux femmes de se procurer les pièces juste après mes défilés, s’avère gagnante.

 

 

Votre collection printemps-été 2016 met de nouveau en exergue votre goût pour la géométrie, l’asymétrie, la construction, et les tops courts contrastant avec de longues jupes. Peut-on les considérer comme les codes de votre jeune label ?

 

Ce sont des signatures avec lesquelles j’adore travailler, et qui se fraieront toujours un chemin dans mes collections. Mon goût pour la géométrie se manifeste dans les découpes au laser que j’incorpore volontiers. Mais j’aime particulièrement créer des tensions entre des matériaux qui s’opposent au sein d’une même silhouette. Cette saison, par exemple, le python apporte un frisson de danger et d’exotisme. En le mêlant aux textures métalliques, au Lurex, aux chaussures brodées de cristaux Swarovski, j’ai donné un côté galactique à la collection.

 

 

Certains critiques de mode ont écrit que la femme Esteban Cortazar était une créature extraterrestre. Qui est-elle à vos yeux ?

 

Elle est toujours vaiillante, déterminée et sensuelle. Cette saison, je la voyais s’aventurer dans une rave party dans la région amazonienne. J’aime imaginer des univers différents, singuliers, et me demander comment elle s’y comporterait. C’est une façon pour moi de rêver éveillé, cela me pousse à être créatif et à essayer de proposer quelque chose de nouveau, de différent.

 

Votre défilé propose un look fort et impactant, mais chaque pièce, prise individuellement, est intéressante. Est-il important pour vous de concilier une approche fondée sur le produit et une vraie proposition de mode ?

 

Il est en effet essentiel pour moi que chaque pièce soit intéressante, même lorsqu’elle est portée avec des basiques très simples. Et pour mon défilé, j’aime maximiser l’impact visuel en créant des silhouettes fortes, qui traduisent la vision que j’ai en tête.

 

www.estebancortazar.com

 

Propos recueillis par Delphine Roche

Défilé printemps-été 2016
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