849

Hommage à Maria Luisa, figure libre et passionnée de la mode

 

À travers une exposition événement, le Printemps célèbre Maria Luisa, passionnée de mode disparue en 2015, et soutien indéfectible des créateurs à travers ses boutiques et au sein du grand magasin.

Elle a accompagné l’émergence de nombreux créateurs de mode, et participé à braquer sur eux les feux des projecteurs. À partir du 22 septembre, une exposition au Printemps rend hommage à Maria Luisa, l’acheteuse qui, à travers sa boutique éponyme, a incarné pendant plus de 20 ans une exigence absolue en matière de mode. 

Maria Luisa photographiée par Olivier Zahm

L’exposition organisée dans le magasin du boulevard Haussmann, intitulée Maria Luisa, une Histoire de Mode, lui rend aujourd’hui un hommage mérité. Un ensemble de silhouette est ainsi mis en scène par un ensemble de créateurs incarnant l’avant-garde, que cette grande femme de mode avait présentés dans ses boutiques, ou qu’elle aurait pu aujourd’hui présenter si sa disparition prématurée n’était intervenue le
7 avril 2015. Le label Vetements se joint ainsi à Haider Ackermann, Christopher Kane, Rick Owens et consorts. Pour l’occasion, la maison Balenciaga prête des pièces dessinées par Nicolas Ghesquière, et le gourou de la mode conceptuelle, Martin Margiela, des vêtements issues de sa collection privée.

 

L’angle de cette réunion exceptionnelle ? Présenter des silhouettes que Maria Luisa a porté, aurait pu porter, ou qu’ils auraient aimé qu’elle porte. Le couturier Jean Paul Gaultier se joint ainsi à la danse pour dessiner en creux un portrait de celle qu’il a bien connue : “Maria Luisa avait un style parfait, un œil pour la mode, un goût d’avant-garde et un sens des affaires. Cette silhouette m’a fait penser à elle, à son élégance et à son chic si parisien. Elle savait que le plus grand compliment pour un créateur était de voir ses créations portées dans la rue, et pour ça je l’admirais toujours.” Ou dans les mots de son mari, Daniel Poumaillou : “Maria Luisa aimait la création en général. L’histoire a voulu que sa nature passionnée se porte sur la mode, secteur vivant et toujours renouvelé où sa curiosité s’exerçait pleinement. Son expertise et son exigence laissaient peu de place à la médiocrité ; sans a priori, fonctionnant au feeling, jamais blasée, elle s’exprimait sans langue de bois. On l’appréciait aussi pour ça.

Jusqu’au 22 octobre, ceux qui n’ont pas eu la chance de faire partie des intimes de cette femme de talent et de conviction, pourront ainsi la découvrir.

 

 

Lorsque cette fille de réfugiés vénézuéliens ouvre sa première enseigne sur la rue Cambon, dans le Ier arrondissement parisien, en 1988, son esprit à la fois ouvert et rigoureux, formé par ses nombreux voyages et par ses études de sciences politiques, fait déjà des miracles. Sans expérience, elle convainc une poignée de créateurs qu’elle a repérés dans les magazines de mode de lui vendre des pièces. Déjà, se profile ce qui fera la signature de Maria Luisa : le goût de la vraie créativité, la passion de l’avant-gardisme. Choisies sur ce seul critère, des pièces de créateurs très émergents et d’autres de maisons très établies se mêlent sur un pied d’égalité, sur les portants de la boutique. Les Britanniques John Galliano, Vivienne Westwood et Alexander McQueen, les Belges Martin Margiela et Ann Demeulemeester, les Japonais Yohji Yamamoto et Comme des Garçons, trouveront naturellement leur place dans sa sélection. 

 

Dans les années 90, Maria Luisa accompagne la nouvelle révolution de la mode : l’androgynie sexy d’Helmut Lang. Elle soutient Nicolas Ghesquière dès le début de son travail pour Balenciaga, où le créateur se livre à des expérimentations dans un esprit “laboratoire”. La vision sans compromis de Rick Owens, le talent électrique de Christopher Kane séduisent également cette acheteuse que l’on vient à définir, au fil des années, comme un œil aiguisé, une opinion qui compte dans la mode. L’intégrité qu’elle recherche chez les créateurs, Maria Luisa la partage : son franc-parler devient rapidement légendaire. À partir des années 2000,  la mode se perd parfois dans ses moodboards et dans sa dimension industrielle devenue colossale. Les amnésiques se plaisent à célébrer des ersatz peu inspirés de grands créateurs. La voix de Maria Luisa s’élève alors tel un phare dans la nuit : “Vous trouvez cela radical ? J’ai assisté aux premiers défilés de Martin Margiela, alors je peux vous dire que cela ne l’est pas.

 

 

Portée par son succès, Maria Luisa ouvre une extension de sa boutique rue du Mont-Thabor, puis rapatrie toutes les pièces féminines dans un vaste espace rue Rouget-de-l’Isle, consacrant celui de la rue du Mont-Thabor aux collections masculines. Elle ouvrira ensuite un shop-in-shop au deuxième étage du Printemps, où son talent sera alors exposé aux yeux d’un public plus vaste. Son entrée au sein de l’enseigne marque également fortement les équipes du grand magasin, comme le souligne Charlotte Tasset, directrice des achats mode femme au Printemps. “Maria Luisa était un instinct de mode. Audacieuse et impertinente, elle a permis au grand magasin de laisser place à l’intuition et de jouer l’émotion avec les créateurs. Avec elle, le Printemps a porté ses convictions de mode, sans compromis.

 

 

Maria Lusia, une Histoire de Mode, du 22 septembre au 22 octobre au Printemps.

 

 

Par Delphine Roche

Gucci accueille les performances de Michael Clark dans son hub milanais
481

Gucci accueille les performances de Michael Clark dans son hub milanais

Mode Ce mercredi 19 septembre, Gucci a accueilli la performance du chorégraphe britannique Michael Clark au sein de son Gucci Hub à Milan. À cette occasion, certains danseurs portaient des pièces issues des collections les plus récentes de la maison italienne. Ce mercredi 19 septembre, Gucci a accueilli la performance du chorégraphe britannique Michael Clark au sein de son Gucci Hub à Milan. À cette occasion, certains danseurs portaient des pièces issues des collections les plus récentes de la maison italienne.

“Mais pourquoi les femmes ne feraient-elles pas ce qu’elles veulent de leur corps ?” Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent
806

“Mais pourquoi les femmes ne feraient-elles pas ce qu’elles veulent de leur corps ?” Anthony Vaccarello, directeur artistique de Saint Laurent

Mode Depuis deux ans, le directeur artistique de Saint Laurent, Anthony Vaccarello, impulse une vision forte et contemporaine de la séduction. Nourri de l’esprit de la maison, il en revisite les codes, le noir, l’or et les détails couture, pour les mettre au service d’une femme de caractère à l’attitude essentiellement libre. ALors qu'il vient de resigner pour 3 ans, Numéro a interviewé le créateur belge à la tête de l'illustre maison parisienne. Depuis deux ans, le directeur artistique de Saint Laurent, Anthony Vaccarello, impulse une vision forte et contemporaine de la séduction. Nourri de l’esprit de la maison, il en revisite les codes, le noir, l’or et les détails couture, pour les mettre au service d’une femme de caractère à l’attitude essentiellement libre. ALors qu'il vient de resigner pour 3 ans, Numéro a interviewé le créateur belge à la tête de l'illustre maison parisienne.

À Venise, la maison Lesage expose ses broderies exceptionnelles
879

À Venise, la maison Lesage expose ses broderies exceptionnelles

Mode À Venise, l'exposition “Homo Faber” rend hommage aux métiers d'art à travers l'Europe. La maison de broderie Lesage y expose ses créations. À Venise, l'exposition “Homo Faber” rend hommage aux métiers d'art à travers l'Europe. La maison de broderie Lesage y expose ses créations.