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Hommage à Sonia Rykiel

 

La grande Sonia Rykiel nous a quittés. Dans les rangs de la mode, l’émoi est vif, car plus que tout autre, l’iconique rousse de Saint-Germain-des-Prés...

Portrait Pierre Even.

 

 

La grande Sonia Rykiel nous a quittés. Dans les rangs de la mode, l’émoi est vif, car plus que tout autre, l’iconique rousse de Saint-Germain-des-Prés a su insuffler à ses créations le goût de la vie, qui transformait tout ce qu’elle touchait en purs instants de joie, pétillants et légers comme des bulles de champagne. Irrévérencieuse, flamboyante et unique, celle qui revendiquait de ne pas porter de dessous sous ses fameux pull-overs seconde peau labellisés “poor boy sweaters”, a toujours conçu sa mode comme un cadeau aux femmes assumées, libres et indépendantes, à son image. “En faisant des trous à la place des manches, en supprimant les ourlets, en notant des inscriptions sur les pulls et en positionnant les coutures à l’extérieur, je me suis rendu compte que j’étais en train d’écrire une histoire : celle d’une femme en mai 68”, confiait-elle il y a une dizaine d’années à Numéro.

 

Son désir infini de célébrer et libérer le corps féminin inspirait au couturier Jean Paul Gaultier un portrait facétieux de Sonia Rykiel  agrémenté de ces quelques mots : “Et je la voudrais nue. Et je te voudrais nue.”  Les mots, justement, l'ont toujours accompagnée, car c’est à la manière d’un écrivain (elle a écrit une douzaine d’ouvrages), avec toute sa passion pour les livres qui permettent de vivre sa vie plus pleinement, que Sonia Rykiel abordait la mode pour en faire un “art du temps”. “À Saint-Germain-des-Prés, il y a des libraires, il y a des cinémas, il y a des cafés et il y a Sonia Rykiel qui met des livres dans ses vitrines parmi des robes, comme dans des films, qui sait que derrière le paraître, il y a l’être”, déclarait ainsi à son sujet Isabelle Huppert dans l’ouvrage collectif La Femme Rykiel paru en 2008. 

 

Depuis son fief de Saint-Germain-des-Prés, la pétulante rousse imaginait saison après saison cette femme Rykiel véritablement universelle qui mêle le noir parisien aux rayures multicolores et aux strass, tout en contrastes, à son image, telle que la décrivait l’écrivain Dan Franck : “Elle est sérieuse et élégante, tumultueuse, passionnée, charmante séductrice. Elle est un rêve en velours, une danseuse vertige, lumière de Paris sa ville, marchant, noire et majestueuse, un livre en main, le rire aux lèvres, l’esprit brûlant.” Muse autant que créatrice, cette femme absolue inspirait à un autre écrivain, Ivry Giltis, ces paroles si justes : “Sonia – soleil fait femme, cheveux au vent, écho de vallées infinies, œil, ouïe et coeur, plante éternelle.” Ou encore, dans les mots de Philippe Starck : “Elle est une ligne droite qui mène à l’élégance.” Avec sa disparition, cette ligne droite qu'elle dessinait comme le plus court chemin de l’intellect au cŒur, de l’intellect au corps, relie désormais également la Terre au ciel, comme le souligne Babeth Djian : "L’étoile rousse la plus iconique de la mode brillera désormais dans le ciel.”

 

Par Delphine Roche

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