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L’outrance baroque de Jeremy Scott pour Moschino

 

Jeremy Scott, directeur artistique de Moschino, revient avec Numéro sur le défilé baroque et truculent qu’il présentait dans le cadre du salon Pitti Uomo, à Florence, en juin dernier.

Numéro : Quelle était l’inspiration de votre défilé qui mêle des graphismes de formule 1 à des perruques poudrées baroques ?

Jeremy Scott : Eh bien, j’ai pensé tout à la fois au Casanova de Fellini, à John Travolta dans Staying Alive, à Louis XIV, à Prince, à des princes et à des reines. Tout un tas de petites nuances dans quelque chose de globalement très décadent. Je voulais surtout m’amuser avec tout cela. Changer la silhouette, ajouter un élément “cartoonesque”. Pour un résultat qui me ressemble, et qui serait parfaitement contemporain.

 

 

On vous a souvent qualifié de créateur “anti-mode”, cela signifie-t-il que la mode est devenue si sérieuse qu’elle ne saurait tolérer le moindre gramme d’autodérision ?

Jeremy Scott : Tout à fait ! Le fun est très rare dans la mode aujourd’hui, et je ne sais pas vraiment pourquoi. Est-ce parce que les marques cherchent désespérément à faire un maximum d’argent en vendant des sacs à main ? Ou peut-on imputer cela au calendrier qui s’est considérablement accéléré ? Je subis le même calendrier que tout le monde et j’apporte tout de même de la joie et du fun dans chacun de mes défilés, donc je ne peux pas vraiment leur trouver d’excuse valable. Vous voyez ce que je veux dire ? Je dois fournir chaque saison des collections pour mon propre label, pour Adidas et pour Moschino, et je trouve tout de même le moyen de m’amuser donc… quelle est leur excuse, vraiment ? (rires)

 

 

Vous considérez-vous comme un artiste pop ?

Jeremy Scott : Je pense vraiment que je suis un artiste, donc les défilés, les collections, constituent mon médium. J’utilise les vêtements et la mise en scène du show comme une façon d’exprimer mon art. Mais cela ne me dérange pas non plus qu’on me considère comme un designer. Je ne pense pas du tout que l’un est supérieur à l’autre. C’est juste que j'ai une approche de mon travail différente de celle de la plupart des créateurs de mode. Lorsque je dis que je suis un artiste, ce n’est pas pour satisfaire mon ego : lorsque j’était enfant, je suivais des cours de peinture et de céramique, ma vie entière se focalisait sur l’art. Donc tout ce que je fais aujourd’hui est simplement un prolongement de mon enfance.

 

 

Propos recueillis par Delphine Roche

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