Rencontre avec Molly Goddard, créatrice en lice pour le prix LVMH

Sa collection de diplôme de Central Saint Martins revisitait des techniques artisanales de smock et de crochet, que l’on rencontre habituellement sur les vêtements des petites filles. Transposant le côté mignon et sucré des robes-meringues pour enfants, Molly Goddard s’est fait un nom en l’espace de cinq saisons en assumant son goût pour le rose, le tulle et les costumes  de prom queen. Alors que la créatrice anglaise est en lice pour le prix LVMH, Numéro lui a posé quelques questions.

 

Par Delphine Roche

  • Numéro : Votre amour du rose est déjà devenu l’une de vos marques de fabrique et vous dites souvent qu’à vos yeux, cette couleur n’est pas girly. Comment la voyez-vous alors ?

    Molly Goddard : Le rose est une de mes couleurs favorites, c’est vrai… parce qu’elle recèle parfois une vraie laideur, qui me fascine.

     

    Vos collections abondent en robes de tulle volumineuses. Peut-on dire que vous êtes une amoureuse éternelle de la party dress ?

    J’adore les vêtements de fête et de cérémonie, liés à un rite social, à une occasion particulière. Les robes de baptême ou les tenues du dimanche expriment toute l’attention et tout l’amour qui ont été nécessaires à leur confection. J’aime transposer ces vêtements de cérémonie au quotidien, en jouant simplement sur le stylisme et sur la façon de présenter mes collections. 

Numéro : Votre amour du rose est déjà devenu l’une de vos marques de fabrique et vous dites souvent qu’à vos yeux, cette couleur n’est pas girly. Comment la voyez-vous alors ?

Molly Goddard : Le rose est une de mes couleurs favorites, c’est vrai… parce qu’elle recèle parfois une vraie laideur, qui me fascine.

 

Vos collections abondent en robes de tulle volumineuses. Peut-on dire que vous êtes une amoureuse éternelle de la party dress ?

J’adore les vêtements de fête et de cérémonie, liés à un rite social, à une occasion particulière. Les robes de baptême ou les tenues du dimanche expriment toute l’attention et tout l’amour qui ont été nécessaires à leur confection. J’aime transposer ces vêtements de cérémonie au quotidien, en jouant simplement sur le stylisme et sur la façon de présenter mes collections. 

Vous proposez en effet de porter ces robes meringues sur des jeans, avec un hoodie ou des sneakers. Est-ce la façon dont vous les arborez personnellement ?

C’est comme ça que je les porte, oui. J’aime glisser un jean ou un T-shirt sous une robe. J’ai donc commencé à produire ces pièces pour compléter mes collections.

 

On dit souvent que vos collections subvertissent le “joli”, le “féminin”, et l’élément féérique qui leur est souvent associé. Est-ce votre intention ?

Mes recherches et mes références ne s’ancrent jamais dans les contes de fée, ni dans ce qui est considéré traditionnellement comme le domaine du féminin. C’est cela, je suppose, qui crée cet élément subversif : ces notions n’existent pas pour moi. L’élément de fantaisie dans mes collections provient de mon désir d’inspirer les femmes, plutôt que m’en tenir à ce qui est trop quotidien et banal.

 

Vos pièces sont-elles toujours réalisées principalement à la main ? Où est votre studio, et combien de personnes votre équipe compte-t-elle ?

Le développement des prototypes, des tissus et des imprimés est fait dans mon studio. Ensuite, plusieurs usines anglaises produisent mes pièces. La plupart des techniques que nous utilisons exigent à la base le travail de la main. Parfois, nous essayons d’obtenir le même effet de façon plus pragmatique, par exemple, en utilisant une dentelle qui ressemble à s’y méprendre à du crochet. Réaliser les pièces à la main est ma partie préférée dans mon travail. J’espère parvenir à la maintenir lorsque ma marque aura grandi.

 

Etiez-vous surprise de faire partie des finalistes du prix LVMH ?

Oui bien sûr. Toute l’expérience de ma participation a été très instructive. Notamment le fait de parler de ma marque à des personnes qui ne savaient même pas qu’elle existait. Expliquer mon travail en une minute m’a fait réaliser ce qui compte vraiment pour moi, et tout ce que j’ai encore à apprendre.

 

Qu’allez-vous faire de l’argent du prix, si vous en êtes la lauréate ?

J’ai beaucoup d’idées sur la façon dont je pourrais l’investir. Mais j’ai besoin d’y réfléchir encore un peu !