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Noir/Noir, ou quand l’art s'invite sur les vêtements

 

Après les tapisseries d’Aubusson et les estampes japonaises, le label Noir/Noir invite les motifs poétiques de la peintre Inès Longevial sur sa nouvelle collection.

Avec leur très jeune label parisien Noir/Noir, Boni et Manaré, ses fondateurs, ont l’ambition de sortir l’art des musées. Au départ impliqués dans la création de sweat-shirts imprimés, ils décident rapidement d’utiliser des œuvres centenaires en trame de fond de leur collection. Des tapisseries du Moyen-Age aux estampes japonaises, ils donnent une nouvelle interprétation de l’art ancien et démontrent le caractère toujours aussi actuel de ces œuvres aujourd’hui exposées dans les musées et les galeries.

Des sweat-shirts imprimés au vêtement “œuvre d’art”

Inspirés par la tendance des sweat-shirts imprimés en all-over, Boni et Manaré décident d’utiliser leur connaissance graphique pour transposer les œuvres d’art sur des vêtements. “Nous sommes allés dans les musées et nous avons pillé l’art en prenant les œuvres en photos 5D qui offrent une restitution parfaite des couleurs. Par la suite nous avons retravaillé les dessins pour les rendre modernes et portables”, raconte Boni. Résultat : une première collection poétique et lyrique inspirée des tapisseries d’Aubusson datant du Moyen-Age. À chaque saison, leur concept décline ainsi un thème artistique, présenté sur un vestiaire complet, de la robe au kimono en passant par des teddys, des sweats ou des jupes.

 

Faire du neuf avec du vieux

Si détourner des œuvres d’art au sein d’une collection mode n’est pas nouveau, les fondateurs de Noir/Noir les utilisent d’une façon bien particulière. “Dès que l’on a vu les feuillages des estampes japonaises, nous avons pensé à des motifs camouflage d’un nouveau genre. Finalement, nous avons tout de suite vu de la modernité dans de l’ancien” s’enthousiasme Boni. Et c’est cette façon unique d’interpréter et de s’approprier des œuvres centenaires qui fait de Noir/Noir un label à part. 

Le vêtement au service de l’œuvre, l’œuvre au service du vêtement

Formes épurées et motifs complexes, les collections Noir/Noir reposent sur un équilibre idéal où l’œuvre d’art met en valeur le vêtement et sa coupe, et réciproquement : “Nous travaillons sur des formes extrêmement simples afin que les imprimés soient mis en avant. Si les modèles sont trop déstructurés avec un print qui l’est tout autant, le vêtement est importable”, souligne Manaré. Loin de se contenter de copier-coller les œuvres, ils procèdent à un minutieux travail d'adaptation en choisissant le motif le plus adéquat, selon le design de chaque pièce, pour qu’elles soient portables en toutes occasions : “Nous aimerions que les œuvres que nous déclinons en imprimés trouvent aussi bien leur place sur le tapis rouge que dans un concert de rap ou à la Concrete”, précise-t-il.

 

Une relation étroite avec des galeries d’art

Contactés par la Galerie Chevalier, membre du prestigieux Carré Rive Gauche à Saint-Germain-des-Prés, ils ont eu accès à des tapisseries persanes d’exception, qu’ils utilisent pour leur collection automne-hiver 2015. Par la suite, ils collaborent avec la galerie Captier, spécialiste de l'art asiatique, où ils découvrent les estampes japonaises qui orneront la collection printemps-été 2016. “Nous avons créé une vraie relation avec les galeries. Elles nous ont fait confiance, nous ont ouvert leurs coffres et nous ont fait bénéficier de leur expertise. Il est, en effet, essentiel pour nous de connaître l’œuvre et le mouvement que l’on va réinterpréter”, déclare Manaré.

 

De l’art ancien à l’art contemporain

Au fur et à mesure qu’ils avancent dans leur exploration de l’art ancien, leur route croise le travail d’artistes contemporains partageant leur réflexion sur le moderne et l’ancien, à l’image de l’Iranien Faig Ahmed qui déconstruit des tapisseries orientales pour créer des œuvres spectaculaires semblant passer à l’état liquide.

Aujourd’hui, Noir/Noir présente sa collaboration avec l’artiste Inès Longevial, connue pour ses créations poétiques où des fleurs, des silhouettes, des formes deviennent progressivement des motifs camouflages colorés voire pop.

Avec Noir/Noir, nous cherchons à extraire, à sampler les éléments modernes d’œuvres passées. Chez les artistes contemporains, nous avons eu du mal à trouver un lyrisme, une vision qui nous corresponde, mais les peintures d’Inès dégagent exactement ce que nous essayons de cristalliser dans nos collections”, explique Manaré.

 

Cette collection est à découvrir à partir du 7 décembre chez Centre Commercial, 2, rue de Marseille, Paris Xe. ou sur le site Noir/Noir.

 

Léa Zetlaoui

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