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Trois questions à… Johnny Coca, directeur créatif de Mulberry

 

Après s’être illustré en tant que directeur des accessoires chez Céline, le prodige des sacs à main supervise aujourd’hui la maison Mulberry dans son intégralité. Rencontre.

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Pendant la Fashion Week londonienne, le défilé Mulberry a fait sensation. Le retour sur les podiums de la marque anglaise, privée de directeur artistique depuis le départ d’Emma Hill en 2013, était en effet très attendu. Un changement radical s’avérait nécessaire, après les propositions charmantes mais peut-être trop édulcorées qui avaient marqué les dernières années de la créatrice. En 2015, Mulberry annonçait la nomination de l'Espagnol au look rock Johnny Coca. Après s’être illustré en tant que directeur des accessoires chez Céline, où il créa notamment le it-bag Trapèze, l’ancien étudiant des Beaux-Arts de Paris et de l’école Boulle s’attaque donc à présent à un challenge de taille. Au poste de directeur créatif, le prodige des sacs à main supervise aujourd’hui la maison Mulberry dans son intégralité, du prêt-à-porter à la communication visuelle, en passant par les accessoires et le design des boutiques.

Le challenge est relevé avec un premier défilé réussi, proposant une attitude rock élégante. Sur le podium, les impeccables manteaux en feutre, contrastant avec des jupes et des robes plissées subtiles, détournaient habilement l’uniforme des écolières anglaises, faisant la part belle aux couleurs automnales, bordeaux, noir, marine et kaki militaire, relevés de studs et de détails métalliques. Le directeur créatif introduisait également une nouvelle gamme de sacs dont deux modèles phares, le Clifton et le Chester, frappés de larges studs dorés, sont déjà disponibles à la précommande.

 

 

Numéro : Avec ce premier défilé, vous avez complètement changé l’image de Mulberry. Quelle était votre ligne directrice ?

Johnny Coca : Le public anglais est très attaché à Mulberry, mais je voulais amplifier son aura internationale en travaillant sur son identité, pour qu’elle soit plus lisible et plus forte. Dès ma prise de fonction, j’ai donc changé le logo de Mulberry [l'inscription “Mulberry England” s'affirme et éclipse l’arbre qui servait de signature]. Puis j’ai conçu mon défilé de façon à présenter Mulberry comme une marque anglaise, avec des attitudes très marquées.

 

Vous êtes espagnol et vous avez vécu et travaillé à Paris. Que représente pour vous la culture anglaise ?

La culture anglaise est riche de références qui ont marqué notre époque, et qui séduisent encore aujourd’hui, de façon universelle. Nous aimons tous les bikers, nous aimons tous le rock… Cette culture fournit un large vocabulaire de mode avec lequel tout le monde peut avoir envie de jouer. Il existe ici un mix unique de tradition et de modernité, de respect du passé et de rébellion. J’essaie d’apporter ce côté plus contrasté, et de le rendre plus international.

 

 

Venant des accessoires, comment avez-vous abordé le prêt-à-porter ?

Pour moi, à partir du moment où l’on aime travailler sur le design, il n’y a pas de différence fondamentale entre l’un et l’autre. J’adore également les voitures, les bijoux… Qu’il s’agisse de construire une maison ou de dessiner une collection de prêt-à-porter, dans la mesure où l’on aime le beau, on essaie de le retranscrire et de le sublimer quel que soit le support auquel on s’attache.

 

 

 

Propos recueillis par Delphine Roche.

 

 

 

Retrouvez tous les looks du défilé Mulberry automne-hiver 2016-2017.

Johnny Coca photographié par David Bailey.

Défilé Mulberry automne-hiver 2016-2017.

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