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Rencontre avec Fakear, révélation électro... animale

 

Jeune révélation française de la musique électronique, Fakear dévoile Animal, un premier album solaire aux beats sensuels, dont les mélodies subtiles tiennent autant du voyage poétique que de l’expérience sous psychotropes.

Photos : Boris Allin.

Propulsé sur le devant de la scène en 2014 grâce à son titre La Lune rousse (près de quatre millions de vues), Théo Le Vigoureux (son vrai nom) triomphe en octobre 2015 dans un Olympia complet. Évocatrice d’images puissantes, sa musique convoque tour à tour les mangas humanistes et écologistes du Japonais Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Princesse Mononoké) et la jungle mystique des films du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (Oncle Boonmee, Tropical Malady). Ou quand l’électro retourne à l’état sauvage. Rencontre.

 

Numéro : Le titre de l’album, Animal, sonne comme un manifeste. D’où vous vient ce besoin de plonger la musique électronique en pleine nature ?

Fakear : Je veux rappeler que l’homme appartient au règne animal, que nous sommes des êtres profondément liés à la nature. Je viens de Normandie, et je vis aujourd’hui en Suisse, dans un petit village de cinq cents habitants. La ville n’a jamais été une évidence pour moi, bien au contraire. Elle nous fait perdre notre singularité en nous rendant anonymes. En un sens, elle nous rend fous. La déprime et ce cynisme typiquement urbain deviennent les seuls refuges. Mon ambition première est de retrouver ce lien essentiel qui nous unit à notre environnement originel. En pleine forêt, pendant la nuit, et sous substance… voilà sans doute la meilleure manière d’apprécier l’album.

Votre emploi de sonorités primitives, de bruits de forêts tropicales, mais aussi votre traitement des voix comme des cris d’animaux créent un sentiment troublant d’exotisme.

Ma musique paraît exotique parce qu’elle propose un retour à une nature que la plupart des gens ne connaissent plus aujourd’hui. On part en vacances en pleine nature, mais on n’y vit plus. Je ne cherche jamais à “faire exotique”. Lorsque je choisis un instrument aux sonorités ethniques ou un son naturel, c’est pour leurs qualités musicales.

Photos : Boris Allin.

 

 

 

Vous travaillez l’album depuis plus de un an. Comment votre son a-t-il évolué ?

À l’origine, j’avais en tête un son très fin, dans l’esprit du label Ninja Tune. Je cherchais à m’éloigner du format pop. Et puis j’ai rencontré l’amour. J’ai réalisé sept ou huit morceaux en l’espace d’un mois. L’album a alors pris une dimension plus lumineuse. Il a gagné en pureté. Ma musique est toujours la photographie d’un moment très personnel, en l’occurrence cette rencontre, et mon départ pour la Suisse qui l’a suivie. Une tempête solaire. Plus récemment, j’ai ajouté deux nouveaux morceaux qui incarnent l’évolution récente de ma musique : plus planante, plus synthétique et plus spatiale. Moins ethnique. Le son a gagné en épaisseur. Il se rapproche davantage des productions américaines que du dubstep anglais léger auquel on m’a souvent associé.

 

 

Vos influences éclectiques vont de la French touch des Daft Punk période Discovery au trip-hop des années 2000 (Zero 7, Morcheeba) en passant par une world music à la Deep Forest…

Cette ouverture me vient sans doute de mes parents, musiciens tous les deux. Mon père a créé une école de musique aux méthodes d’enseignement alternatives. La musique devait être une passion avant d’être un apprentissage théorique. Dès que je la ressentais comme une contrainte, j’arrêtais tout. La notion de devoir m’a toujours été insupportable.

 

 

Animal de Fakear (nowadays records/mercury), disponible le 3 juin.

 

 

 

Propos recueillis par Thibaut Wychowanok

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