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Rocky, nouveaux rois du dancefloor

 

Numéro a rencontré Inès Kokou, la voix puissante et jubilatoire du groupe Rocky qui, avec sa pop taillée pour le dancefloor, s'est déjà imposé comme l'une des révélations de l'année.

Par Thibaut Wychowanok, Photos Jules Faure

Inès Kokou, du groupe Rocky. Portraits : Jules Faure pour Numero.com

Maquillage et Coiffure : Aurélie Deltour pour Dmai Paris

Merci au Studio des Acacias, www.studioacacias.com

 

 

Chez Inès Kokou, tout semble être taillé bigger than life. Sa voix par exemple, posée sur les hymnes électro-pop du groupe Rocky, évoque autant les divas soul que les grandes gloires de la dance music des nineties (de Corona à Janet Jackson). Puissante, totalement jubilatoire, elle embrasse le monde dans une grande étreinte joyeuse. Une exubérance que l’on la retrouve jusque dans l’attitude de la Française qui n’a ni peur de prendre la pose façon Grace Jones ni de confier sa passion pour la charcuterie façon girl next door, entre deux fous rires. “Je n'ai pas d'uniforme, sourit Inès. Je peux être glam un jour, streetwear le lendemain. J’aime autant Céline que Y-project.” Une grande partouze des goûts propre à sa génération qui n’a pas encore 30 ans. Au quotidien (où elle mène de front sa carrière de chanteuse, un boulot dans un bureau de tendance et un autre à la Cité de la mode et du design à Paris) comme sur scène, sur les disques comme dans les vidéos du groupe, Inès Kokou est bigger than life.

 

 

“Ma mère écoutait plutôt Adamo et Nana Mouskouri. Quant à mon père, il était très fier de ses DVD de boys bands obscurs.”

 

C’est avec le groupe Rocky, formé en 2011 avec Laurent Paingault, Tom Devos et Olivier Bruggeman et révélé en 2013 avec un premier EP au groove irrésistible, qu’Inès Kokou prend son envol. Originaire d'Asnières, elle n'a rien d'une enfant de la balle. “Ma mère écoutait plutôt Adamo et Nana Mouskouri, s’amuse-t-elle. Quant à mon père, je suis récemment aller le voir au Togo... il était très fier de ses DVD de boys bands obscurs.” L'apprentissage se fait seul, dans sa chambre, à enregistrer des mélodies sur dictaphone et à remplir des classeurs de paroles. Au lycée, elle s'essaie à la “folk mignonne” avec un ami. “Un carnage”, glisse-t-elle. Puis c'est le déménagement à Lille pour la prépa, et la rencontre avec le trio du groupe TV Glory. À quatre, ils vont former Rocky...

 

 

 

“A l’époque, ma culture musicale, c'était la radio des années 90 : le rap et le R'n’B US. 2Pac, Eminem et 50 cents ont formé la B.O. de mon adolescence.”

 

 

À l’époque, ma culture musicale, c’était la radio des années 90 : le rap et le R’n’B US. 2Pac, Eminem et 50 cents ont formé la B.O. de mon adolescence.” La fin des années 90 et le début des années 2000, on y pense en effet beaucoup à l’écoute du premier album du groupe. Le R’n’B d’Aaliyah ou de TLC, mais aussi des réminiscences plus dance. Les tubes Big South ou Band Against The Wall convoquent les esprits de Corona, Des'ree ou Lady (avec son fameux titre Easy Love). Rocky parvient à sublimer l’énergie de l’époque en n’en gardant que le meilleur : l’efficacité pop et l’euphorie généralisée.

 

 

Rocky parvient à sublimer l’énergie des années 90 en n'en gardant que le meilleur : l’efficacité pop et l’euphorie généralisée.

 

 

Surtout, les influences du groupe vont bien au-delà et font le grand écart (réussi) entre cette dance grand public et des références plus pointues : garage, ou house psyché. L’ecstasy des années Madchester semble connaître une seconde vie sur des titres qui voient planer le spectre des Happy Mondays. Mais ce côté madeleine de Proust n’est que le premier effet Kiss Cool de la pop explosive de Rocky. L’autre, c’est la fraîcheur d’un son qu’on rattachera à la famille électro grand public de Disclosure (notamment Apologize, en ouverture de l’album), à celle du reggae digital ou des pépites plus indés et en apesanteur de Isaac Delusion (I Hate You ou Love Is A Soft Machine). Une explosion de saveurs.

 

“Nous faisons une musique positive pour faire danser. Si ça a parfois l’air facile, c’est que c’est bien fait, qu’on ne voit pas les coutures.”

 

Nous faisons une musique positive pour faire danser. Si ça a parfois l’air facile, c’est que c’est bien fait, qu’on ne voit pas les coutures”, commente simplement celle qui compose à distance depuis Paris avec le trio lillois. Pour conquérir le dancefloor, le groupe a su s’armer correctement. Guillaume Brière, l’un des deux magiciens de l’électro-pop française The Shoes, produit leur premier EP Chase The Cool et les accompagne pour l’album Soft Machines.Pour notre premier concert, nous avons fait leur première partie, se souvient Inès. Nous avions participé au concours de remix de leur titre Cover Your Eyes. Hyper house, tout comme notre premier titre Just Away.” Puis le premier album du groupe est mixé par Éric Broucek, producteur et ingénieur du mythique label new-yorkais DFA (LCD Soundsystem) ou d’Hercules and the Love Affair. “Notre rêve ultime, conclut Inès, serait faire produire le prochain album par James Murphy [le boss de DFA et leader de LCD Soundsystem].” À cœur vaillant, rien d’impossible.

 

Rocky en concert :

Espace Django Reinhardt à Strasbourg le 24 février 2017

Le Romandie à Lausanne le 25 février 2017

La Poudrière à Belfort le 25 mars 2017

La Gaîté Lyrique à Paris le 3 mai 2017

Les Vielles Charrues à Carhaix le 13 juillet

 

Soft Machines, premier album, disponible.

 

 

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