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Les nouveaux rois de la pop anglaise: Hozier

 

Un élan spirituel revu à la sauce pop: l’ingrédient principal de “Take Me to Church” a suffi pour propulser ce hit imparable sur toutes les lèvres, entraînant son auteur, Andrew Hozier-Byrne, dans un tourbillon médiatique.

Loin du profil rugueux de leurs aînés des années 60-70, Hozier, Tom Odell, James Bay, George Ezra, Benjamin Clementine et Jake Bugg incarnent un nouveau visage de la pop britannique, plus édulcoré et consensuel, qui rassemble les générations autour de sa musique aux influences folks, gospel ou country savamment diluées. Cette redoutabledream team de minets pose ici devant l’objectif du légendaire David Bailey, qui a immortalisé l’allure de Mick Jagger et consorts à la grande époque duSwinging London.

Photo David Bailey.

 

Chemise en denim, RALPH LAUREN BLACK LABEL. Tee-shirt en coton et jean, POLO  RALPH LAUREN. Boots vintage.

 

 

Take me to church, Hozier

Andrew Hozier-Byrne, état civil raccourci en Hozier, est à l’évidence l’un des décrocheurs de timbale les plus spectaculaires des derniers mois. Propulsé sous la lumière par l’imparable Take Me to Church, chanson qui manipule l’encens et le soufre en un cocktail explosif de gospel et de musique mécréante, il est à lui seul le symbole des nouveaux combats pour l’égalité des droits. Lorsqu’on le rencontre, l’Irlande dont il est originaire vient d’adopter sans trop de remous le mariage homosexuel, motif d’une intense fierté pour celui dont le clip, qui dénonçait la violence anti-gay, fut sujet à des controverses qui faillirent le priver de diffusion. La chanson elle-même, qui prend le parti de la liberté contre les dogmes religieux, n’avait pas vocation à terminer aux sommets des charts européens. “J’ai été le premier surpris par ce succès, pas à cause des paroles mais de la musique. Je suis sidéré que tant de gens aient envie d’écouter ce genre de choses en 2015. J’étais persuadé d’être complètement en décalage, comme je l’étais au collège quand j’écoutais du vieux blues, à la grande incompréhension de mes camarades.” 

 

Le blues du Delta, le rhythm’n’blues primitif, la soul des early sixties, Andrew a découvert tout ça grâce à la discothèque paternelle, sésame vers un monde inconnu où l’adolescent du comté de Wicklow commence à se perdre comme à l’intérieur d’une forêt ensorcelée. Les voix centenaires qui font battre ses tympans ont plus d’impact sur lui que les tubes jetables qu’il entend à la radio, et dès lors il en fait sa seule religion, obsessionnelle et perturbante pour un jeune Blanc fasciné par les vieux Noirs. À l’âge de 14 ans, j’ai commencé à jouer de la guitare slide, je me prenais pour un bluesman en imaginant en faire mon métier plus tard, même si c’était complètement irréaliste. C’est d’ailleurs resté irréaliste dans mon esprit jusqu’à une période très récente.En réaction frontale aux fausses valeurs véhiculées par la musique de l’époque, Hozier se replie sur des chants sincères, emplis d’humanité et de vibrations charnelles, qu’il transforme au gré de son expérience intime avec le monde du dehors. 

 

Comme un autre Irlandais illustre, Van Morrison, il parvient à fluidifier ses influences pour les rendre conformes à une grammaire personnelle qui n’a rien d’une récitation vaine ou des travaux pratiques d’un faussaire. Mais son véritable modèle est américain : “Quand j’ai entendu Tom Waits pour la première fois, ça m’a conforté dans la voie que j’avais choisie. Lui aussi s’inspirait du blues mais il était vivant, sexy, moderne.” Après des études au Trinity College de Dublin, il se rend à Londres pour donner un peu plus de visibilité à ses chansons singulières, lesquelles ne tardent pas à attirer les oreilles des directeurs artistiques en mal d’authenticité. Mais Hozier pourrait surprendre en changeant radicalement de registre. Après ce premier album, il ne s’interdit pas d’aller fureter du côté du funk ou de la dance. D’autres musiques noires, plus canailles, qu’il pourrait aborder par surprise, sous un nom d’emprunt.

 

 

Retrouvez cet article dans son intégralité dans le Numéro Homme Force automne-hiver 2015, disponible actuellement en kiosque et sur iPad.

 

 

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Par Christophe Conte

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