Le Centre Pompidou présente plus de 200 photographies de l’artiste sud-africain David Goldblatt, qui depuis les années 50 documente l'histoire de son pays natal, du quotidien des habitants de Johannesburg aux paysages ruraux de Germiston…

 

Né en 1930 à Randfontein en Afrique du Sud, dans une famille d’immigrés juifs lituaniens fuyant les persécutions, David Goldblatt vit l’avènement des lois ségrégationnistes en 1950, instaurant le régime d'apartheid prônant la domination blanche (qui ne sera aboli qu'en 1991). L'artiste, blanc, n'a jamais cessé de s'interroger sur l'injustice qui règne dans son pays. L'une de ses photographies prise en 2016 symbolise avec une force singulière l'idéologie raciste : deux escaliers côte à côte, autrefois étaient réservés à des usages séparés – l'un pour les blancs, l’autre pour les noirs. Les panneaux signalant la séparation ont été retirés depuis 1992.

 

Le photographe, sur plus de soixante ans, capture la vie quotidienne des habitants du pays. Sans se faire le représentant d’un quelconque militantisme, il met en lumière simplement ce qu’il voit. Un déjeuner en famille (1962), le portrait d’une jeune vendeuse noire ou d’un écolier blanc en uniforme à Johannesburg (1972), le rituel des passagers d’un bus allant au travail (1983)... Son récit photographique s'intéresse aux problématiques sociales autant que politiques de son pays. En 2009, par exemple, il fixe sur la pellicule des réfugiés zimbabwéens s’abritant par centaines dans une église… Autant d'empreintes de l'histoire chaotique et des mutations qu'a connues son pays qui témoignent du regard sensible et humaniste de David Goldblatt.

 

Exposition David Goldblatt jusqu'au 13 mai 2018 au Centre Pompidou.