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Giorgio Armani met en lumière l’œuvre fascinante de Noémie Goudal à Paris Photo

 

Figure montante de la photographie contemporaine, Noémie Goudal participe à l’exposition “Acqua #6 - Reflecting on water” organisée par Giorgio Armani à l’occasion de Paris Photo.

Remarquée dès ses premières expositions en 2010, à la fin de ses études de photographie au Royal College of Art, la Française Noémie Goudal construit une œuvre fascinante, au carrefour de la réalité et de la fiction. Sélectionnée par Giorgio Armani lui-même avec d'autres grands noms de la photographie pour participer à la sixième édition d'“Acqua”, rendez-vous initié par la marque en 2011 et prenant place chaque année au Grand Palais à l’occasion de Paris Photo, Noémie Goudal expose sa troublante série “Observatoires”. L’artiste a photographié des fragments d’architectures de béton – notamment des immeubles brutalistes en Allemagne inspirés de formes de rochers ou d’autres formes naturelles – qu’elle a ensuite imprimés sur des formats d'environ 1,50 m de hauteur. Ce sont ces tirages qui sont par la suite rephotograhiés au sein de paysages marins créant de fascinants observatoires fictifs. Noémie Goudal nous livre les clés de son œuvre.

 

 

Numéro : Vous participez à l’exposition collective “Acqua #6” de Giorgio Armani. L’eau est-elle un thème important dans votre œuvre ?

Noémie Goudal : L’eau est très présente dans mon œuvre. Ma série précédente, intitulée “Haven Her Body Was”, était une étude de lieux isolés tels que les îles et les grottes. J’ai rapproché les îles et les grottes car elles ont toutes deux un rapport à l’eau : les îles sont entourées par l’océan et les grottes ont été creusées dans la roche par l’infiltration de l’eau. Les îles m’intéressent également parce qu’elles sont un lieu réel tout en représentant une source importante de fantasme dans l’imaginaire collectif.

 

Quel est le point de départ de la série présentée à Paris Photo?

La confrontation de l’homme et de la nature est au coeur de mon travail. Je me suis intéressée aux architectures géomorphiques, qui sont en relation directe avec la nature, soit qu’elles l’imitent, soit qu’elles soient destinées à l’observer. Pour concevoir cette série, je me suis penchée notamment sur les observatoires cosmiques indiens, des structures en pierre souvent constituées d’escaliers qui vont vers le ciel. En voyant des photos de ces lieux très mystérieux dans des livres, on se demande vraiment quelle peut être leur fonction. Ils ont été conçus pour offrir une perspective sur le ciel, un point de vue précis. De même en Égypte, les yeux du sphinx de la pyramide de Kheops sont dirigés sur la constellation d’Orion. Ces lieux bien terrestres sont en lien permanent avec le ciel.

 

Votre travail assemble plusieurs fragments. Comment les articulez-vous ?

J’essaie d’offrir suffisamment d’indices dans mes images pour que l’on reconnaisse quelque chose de réel et familier, et en même temps je laisse le spectateur se réapproprier le lieu. On ne peut jamais rattacher les bâtiments à une réalité historique, à un mouvement esthétique, à une époque… Cela reste flou, on peut voir dans mes images un escalier maya ou une construction des Becher. Chacun a sa propre interprétation. Il faut donner suffisamment d’informations, mais pas trop. Et à la fin, je tire mes images en grand format pour que les petits défauts liés à mon processus d’installations in vivo apparaissent et révèlent qu’il s’agit là d’une photo rephotographiée, d’une architecture fictive. 

 

Propos recueillis par Delphine Roche

 

Acqua #6 est présenté par Giorgio Armani dans le cadre de Paris Photo, du 12 au 15 novembre au Grand Palais. 

 

Noémie Goudal est représentée par la galerie Les Filles du Calvaire à Paris. www.fillesducalvaire.com

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