24 Août

Les adresses d'Ora-Ïto à Marseille

 

Après avoir bâti sa renommée de designer en détournant des labels célèbres qu’il greffait sur des produits inventés de toutes pièces, Ora-ïto a laissé libre cours à sa passion pour l’architecture et l’urbanisme, incarnée dans le musée d’Art moderne qu’il a fondé sur le toit de la Cité radieuse à Marseille. S’apprêtant à célébrer les 5 ans de son musée en plein air avec une exposition d’Olivier Mosset, il nous livre ses adresses favorites dans la cité phocéenne.

Par Léa Zetlaoui, Portrait par Ellen Von Unwerth

  • NUMÉRO : Quels sont vos projets en cours ?

    ORA-ÏTO : Je travaille sur l’aménagement urbain du tramway de la ville de Nice (52 stations) et sur le design du tramway proprement dit.

    J’ai aussi été choisi à Marseille pour concevoir l’aménagement sur le passage du futur tramway et sur la place Castellane. En septembre, je m’apprête aussi à lancer une collection d’électroménager à mon nom. Elle comprendra tous les outils imaginables pour faire la cuisine.

     

    En tant que designer, quel rôle jouez-vous dans l’urbanisme ?
    Chaque ville a une histoire à raconter, un patrimoine, une géographie, une économie, une identité sonore et olfactive. Mon travail consiste à traduire ces éléments afin de les intégrer à la ville, sans la travestir et en respectant son histoire. Comment faites-vous pour mêler votre esthétique à des architectures anciennes ? Quand on travaille au service d’une ville, il faut être capable d’envisager l’avenir tout en prenant en compte le passé, pour ne pas se retrouver dans ces espèces de mégapoles globalisées qui se ressemblent toutes.
    Je cherche donc à trouver une forme ou une matière qui soit un point de rattachement à l’environnement et à l’histoire des lieux : être dans la continuité de l’existant à travers un matériau, une technique ou une couleur locale.

     

    Comment voyez-vous le futur du design ?

    Le design vit une période charnière : nous sommes dans une époque de surproduction à un moment où, pour des raisons écologiques, voire économiques, cela ne devrait pas être le cas. Ce constat interroge la place du designer dans le futur. Va-t-il se cantonner à concevoir des produits de consommation, ou va-t-il travailler à l’échelle d’une ville ? Avant de faire de beaux objets, le designer doit d’abord faire du bien à la planète. Personnellement, j’ai arrêté d’utiliser le plastique. À partir du moment où je me sens en contradiction avec les valeurs actuelles du design, cela m’oblige forcément à réinventer mon métier. J’essaye de croiser davantage innovation et artisanat. C’est ce qui sous-tend mon concept d’“identité narrative des villes”, ou mon projet Marsa.

     

    Justement, en quoi consiste votre projet Marsa au fort de Brégantin sur l’archipel du Frioul ?
    Cet ambitieux projet a été pensé comme un hub ayant vocation à rassembler les personnes les plus compétentes pour trouver des solutions à la sauvegarde des océans : scientifiques, ingénieurs, architectes, sociologues, écrivains, philosophes, designers... Avec le président de la fondation Marsa, l’architecte et océanographe Jacques Rougerie, nous voulons aussi développer également la bioéconomie, à travers des start-up, des laboratoires et des architectures écologiques et aquatiques, entre autres.

Salle de sport - CERCLE DES NAGEURS DE MARSEILLE
Un complexe avec plusieurs piscines, un restaurant, une salle de musculation, mais également une terrasse panoramique qui descend dans la mer. Un endroit de frimeurs par excellence. Le plus drôle, c’est d’écouter les conversations dans le sauna.

Extrémité du boulevard Charles-Livon, 13007 Marseille.

Shopping - JOGGING
Olivier Amsellem, on le surnomme “Papa”. Au départ, il est photographe, et il a lancé Jogging l’année dernière dans une ancienne boucherie. Il propose des créateurs pointus (Alyx, Wanda Nylon, Jacquemus), des pièces de design, des accessoires, des magazines... Je finis toujours par acheter quelque chose.
103, rue Paradis, 13006 Marseille.

Musée - LE MAMO
J’ai lancé le MAMO en 2013. C’est un espace artistique en plein air situé sur le toit de la Cité radieuse, un bâtiment dessiné par Le Corbusier et construit entre 1947 et 1952. Cette année, le MAMO fête ses 5 ans. Après Xavier Veilhan, Daniel Buren, Dan Graham, Jean-Pierre Raynaud et Théodore Fivel, la sixième exposition invite l’artiste Olivier Mosset.

280, bd Michelet, Unité d’habitation Le Corbusier, 13008 Marseille.

Restaurant - LA CANTINETTA
Situé à quelques minutes du Vieux-Port, c’est un super restaurant italien et provençal qui possède un petit patio. Il faut absolument venir observer la cérémonie des serveurs quand ils décrivent la carte et apportent les plats. C’est assez extraordinaire et on y mange très bien.

24, cours Julien, 13006 Marseille.

Grand magasin - MAISON EMPEREUR
C’est l’endroit où l’on trouve de tout, une sorte de BHV local mais en plus pointu. Quincaillerie, coutellerie, droguerie, jeux anciens... cette adresse, qui existe depuis 1827, recèle des objets fantastiques.

4, rue des Récolettes, 13001 Marseille.

Restaurant - LE PETIT NICE
C’est le restaurant familial et gastronomique du chef Gérald Passedat. L’hôtel et le restaurant ont été créés en 1917 et se sont transmis de génération en génération. Gérald, je le connais depuis trente-cinq ans, c’est un obsessionnel de la cuisine parfaite.
Anse de Maldormé, corniche JF Kennedy, 13007 Marseille.

Restaurant - LA BAIE DES SINGES
Impossible de ne pas y aller. Ce restaurant, avec sa terrasse à l’aplomb de la mer, est un incontournable de Marseille. Pour s’y rendre, il faut prendre un chemin étroit jusqu’à une toute petite crique. Avec son eau très bleue, l’endroit est paradisiaque et on y mange très bien. Je recom- mande le loup accompagné de sa ratatouille mythique et de ses pommes de terre.
Cap Croisette, 13008 Marseille.

Librairie  -LA LIBRAIRIE IMBERNON À LA CITÉ RADIEUSE LE CORBUSIER

Conçue comme un village vertical, la Cité radieuse abrite différents commerces, et notamment la librairie Imbernon, spécialisée dans l’archi- tecture, le design et les livres rares. Katia Imbernon et Jean-Lucien Bonillo, qui sont aussi des éditeurs, possèdent les meilleurs ouvrages d’architecture des années 50.
280, boulevard Michelet, Unité d’habitation Le Corbusier, 13008 Marseille.

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