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Numéro
06

Jeff Koons : les œuvres iconiques de l'artiste star envahissent le Mucem à Marseille

Art

Sept ans après sa rétrospective historique au Centre Pompidou, Jeff Koons est de retour avec une exposition personnelle en France dès le 19 mai prochain. Cette fois-ci, c'est au sein du Mucem à Marseille que l'artiste américain présentera vingt œuvres emblématiques, presque toutes prêtées par la Collection Pinault et choisies en écho à des objets de la collection du musée.

  • Jeff Koons, “Balloon Dog (Magenta)” (1994-2000). Pinault Collection © Jeff Koons, photo © FMGB Guggenheim Bilbao Museoa, photo Erika Barahona Ede

  • Jeff Koons, “Bourgeois Bust - Jeff and Ilona” (1991). ARTIST ROOMS Tate and National Galleries of Scotland. Acquis conjointement par The d'Offay Donation avec l’aide du National Heritage Memorial Fund et du Art Fund 2008 © Jeff Koons, photo : Jim Strong, New York

  • Jeff Koons, “Hanging Heart (Red/Gold)” (1994–2006).Pinault Collection © Jeff Koons, photo : Vue d’installation à la Punta della Dogana, 2009 © Palazzo Grassi / ORCH orsenigo-chemollo

  • Jeff Koons, “Elephants” (2001). Pinault Collection © Jeff Koons, photo : Douglas M. Parker Studios, Los Angeles

  • Jeff Koons, “Titi” (2004-2009)Pinault Collection © Jeff Koons, photo : Robert McKeever / Courtoisie Gagosian

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En 2014, la France accueillait une rétrospective historique : celle de l’artiste américain Jeff Koons au Centre Pompidou. Émissaire d’un nouveau pop art, connu pour ses œuvres oscillant entre le kitsch et l’obscène, le sexagénaire est devenu depuis les années 80 une figure aussi célèbre que controversée du monde de l’art, mais aussi le deuxième artiste vivant le plus cher au monde après David Hockney suite à la vente de son Rabbit en inox pour 91,1 millions de dollars en 2019. Une fascination qui, au-delà du marché, ne manque pas d’attirer le public : pour son exposition personnelle consacrée à l’artiste, le Centre Pompidou accueille plus de 650 000 visiteurs, un record encore jamais atteint dans l’Hexagone pour une exposition d'art contemporain.

 

Sept ans après Paris, c’est désormais à Marseille que l’Américain présentera ses œuvres dès le 19 mai prochain. A la manière d’un best-of, le Mucem – Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée inauguré en 2013 sur le Vieux-Port de la cité phocéenne – balayera l’ensemble de sa carrière à travers plusieurs de ses œuvres les plus connues. On y retrouvera ainsi des pièces emblématiques de ses débuts, comme l’une de ses installation lumineuses de sa série The New réunissant des aspirateurs sous plexiglas, qui crée délibérément l’ambiguïté entre les partis pris curatoriaux des musées et les rayons des magasins d’électroménager, ou encore un mini-bar-valise de 1986 en acier inoxydable, matériau dont l’artiste fera par la suite sa signature.

Jeff Koons, “Gazing Ball (Picasso Couple)” (2014-2015). Pinault Collection © Jeff Koons, photo : Tom Powel Imaging / Courtoisie Gagosian

Jeff Koons, “Lobster”(2007-2012). Pinault Collection © Jeff Koons, photo: Marc Domage / Courtoisie Almine Rech Gallery

Mais outre leur caractère iconique, les 20 œuvres de Jeff Koons exposées ici, dont 19 sont prêtées par la Collection Pinault, ont été savamment choisies par l’artiste en réponse aux collections du musée. Dès sa première venue à Marseille en 2019, l’Américain a passé des heures à explorer les fonds du Mucem en compagnie d'Émilie Girard et Elena Geuna, commissaires de son exposition, pour en extraire des objets, images et autres œuvres d’art populaire. Ainsi, l’artiste déniche un pichet en terre cuite peint par Pablo Picasso, dont le visage de profil blanc et gris se retrouve désormais présenté à côté d'une de ses huiles sur toile de 2015, rendant hommage à l’artiste cubiste en tirant son portrait. S'ils sont parfois très référencés, les dialogues entre l’artiste et la collection s’établissent principalement sur des motifs visuels et symboliques communs : alors qu’une peinture hybride aux airs de collage de l’Américain, où s'entremêlent diverses chevelures, s’associe à des tableaux en cheveux de la fin du XIXe siècle, sa sculpture en forme de cœur rouge répond à une série d’ex voto argentés reprenant ce symbole romantique.



Comme on pouvait s’y attendre de la part de l'artiste, la sculpture n’est en effet pas en reste dans cette exposition : le homard scintillant en inox de Jeff Koons, dressé debout les pinces au sol, trouve son écho dans le cliché anonyme remarquable d’un acrobate tête en bas du début du XXe siècle, tandis que sa célèbre sculpture fuchsia Balloon Dog, un chien en ballon de baudruche géant, rappelle le ballon soufflé par un clown dans un cliché noir et blanc du photographe Pierre Soulier. “C’est l’élimination de la hiérarchie qui donne à l’exposition sa beauté intime”, confiait l’artiste aux deux commissaires de ce projet. Abattant les frontières entre les arts, cette conversation visuelle et matérielle exposée au Mucem permet en effet d’explorer l’œuvre d’un artiste majeur de notre époque tout en redécouvrant des trésors des siècles derniers, le tout offrant un regard inédit sur un patrimoine précieux autant qu'une définition complète et contemporaine de “l'art populaire”.

 

 

“Jeff Koons Mucem. Œuvres de la Collection Pinault”, du 19 mai au 18 octobre au Mucem, Marseille.