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Le défilé homme printemps-été 2016 de Givenchy par Riccardo Tisci

 

Numéro revient sur le défilé homme printemps-été 2016 de Givenchy par Riccardo Tisci à l'iconographie religieuse affirmée.

Tout tourne chez Givenchy par Riccardo Tisci, comme dans un manège. Le créateur présente justement son défilé dans la halle aux chevaux du parc Georges-Brassens. Au programme, pas de saut d'obstacles mais des cages métalliques qui apportent une dureté SM-urbaine si typique de Tisci. 

Dans la salle, un gang prend place. Mais Sky Ferreira en robe-chemise imprimée, Courtney Love aux cheveux parfaitement lissés, et le basketteur NBA controversé Russell Westbrook avec son canotier vissé sur son crâne culminant à 1,91m du sol, semblent étrangement sages au regard des archétypes masculins ultra virils, tendance macho, qui défilent devant l'assistance. Combinaisons de travail, costumes rayés de mafioso revisité en version strassée, bombers assortis à des jupes-portefeuilles, pimentent les ensembles en denim. Comme toujours chez Givenchy, on attendait l'imprimé de la saison, le voici : une figure christique dans le droit-fil de la Madone qui orne les tee-shirts préférés de l'artiste Marina Abramovic (plus une photo d'elle sans son tee-shirt fétiche). Aux tatouages des bad boys musclés qui composent le casting répondent les corps sveltes de Jamie Bochert, de Naomi, de Mariacarla, subtilement révélés dans de sublimes robes haute couture tout en volants de dentelle qui les transforment en bombes latines à grandes créoles. Ces figures fantasmatiques allument et attisent le regard des mâles. Filles de saloon ou cholas, c'est au choix. Le créateur italien démontre une nouvelle fois sa capacité à fédérer en assemblant les contraires : la religion et les gangsters, la haute couture et l'énergie urbaine. Kendall Jenner défile sous l'œil attendri de maman. Le son est signé des Martinez Brothers, duo de DJ au look de gangsters cubains, stars d'Ibiza où Riccardo Tisci passe la plupart de ses vacances. Le tableau de famille est décidément complet.

 

Par Delphine Roche