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Interview : Lescop nous dit tout sur son nouvel album

 

Numéro a rencontré Lescop à l’occasion de la sortie de son nouvel album, “Écho”.

Photo : Éric Nehr

Numéro : Dans la continuité de votre premier album très cold wave sorti en 2012, votre nouvel opus Écho esquisse le portrait d’un personnage énigmatique, un “garçon dérangé”, une “silhouette qui s’éloigne dans le noir”, qui “marche comme une panthère noire”. S’agit-il d’un autoportrait ?

Lescop : J’élabore toujours les morceaux à partir d’une image que j’ai en tête, d’un détail. C’est toujours un détail qui nous fait aimer un tableau, une scène qui nous fait aimer un film, un petit défaut qui nous fait aimer une personne. Ce personnage qu’on suivra tout au long de l’album est hybride. Il y a du Pierre Clémenti en lui [acteur mythique et libre des années 60 et 70 qu’on a vu chez Visconti ou Buñuel], mais aussi des jeunes hommes androgynes, étranges et anguleux, des dessins d’Egon Schiele. Je pensais beaucoup au Bowie de la fin des années 70, lorsqu’il vivait essentiellement la nuit dans une maison bizarre de Los Angeles. À l’époque, il avait ce côté famélique… vampire. J’aime beaucoup les histoires de vampires. Je venais de regarder Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch avec Tilda Swinton – très Bowie – mais j’aime tout autant me plonger dans les romans de série B d’Anne Rice [auteur d’Entretien avec un vampire].

 

Bowie a-t-il toujours représenté une de vos figures tutélaires ?

Quand j’étais gamin, j’étais un vrai punk. Je me ruais sur les interviews de groupes comme les Sex Pistols. À l’époque, tous citaient Bowie. Même Kurt Cobain, côté grunge, en parlait beaucoup. Alors je peux dire que j’ai découvert Bowie par le punk, comme toute la scène glam-rock, T-Rex… mes premiers amours musicaux ! Les Anglo-Saxons ont toujours su marier un son très brut et une musique sophistiquée, un côté très viril et une attitude efféminée. C’est leur côté cabaret.

 

Le clip du morceau É​cho

Réalisé par Antoine Carlier
Produit par Walter Films
Label : Pop Noire

Vous avez réalisé l’album avec Johnny Hostile, le producteur du groupe anglais Savages. Quelle était votre feuille de route ?

Je suis arrivé avec mes textes, que j’avais écrits tout l’été à Paris dans des cafés. On enregistrait une chanson par jour, avec deux ou trois repères : Bowie, bien sûr, mais aussi Baxter Dury [musicien pop rock anglais] ou le nouveau rap américain de Kendrick Lamar et Vince Staples.

 

De quelle manière ce rap américain a-t-il influencé votre musique rock ?

Ce qui m’a le plus influencé chez les rappeurs américains, c’est leur manière de placer leur voix, de façon lascive et étrange, pas forcément bien campée sur les notes. Lorsque vous écoutez A$AP Rocky, par exemple, vous voyez que sa manière de chanter est beaucoup plus sinueuse que par le passé. Elle évolue comme un serpent. Les voix semblent se comporter un peu comme l’eau qui prend la forme de son récipient. Je pense qu’il y a un peu de ça dans ma façon de poser ma voix sur la musique du nouvel album.

Le clip du morceau Dérangé

Réalisé par Antoine Carlier
Produit par Walter Films
Label : Pop Noire

Cet opus est traversé par des déambulations physiques et mentales, souvent nocturnes. On suit comme une progression…

Le personnage se cherche, se perd et se trouve. Il est porté par ce désir que l’on a tous déjà ressenti de toucher le fond… avant de s’élever vers autre chose. C’est une autre manière de dire que l’album ne fait que parler du sentiment amoureux. Qu’est-ce que c’est que tomber amoureux ? Comment peut-on se faire aimer un peu quand on ne s’aime pas ? Peut-on s’aimer à travers quelqu’un, sans que cela soit malsain ? Au cinéma, un réalisateur cherche souvent à s’aimer à travers ses acteurs. Il y a aussi de ça dans l’album. Je suis persuadé que l’être humain est programmé pour le sentiment amoureux. Et l’amour, ce n’est pas niais. Beaucoup d’artistes ont développé un rapport très cynique aux sentiments, comme si l’amour c’était pour les cons. Alors que l’amour est un sentiment complexe. Aimer est aussi fait pour les gens intelligents.

 

É​cho de Lescop (Pop Noire/Mercury), disponible le 21 octobre.

 

 

 

Propos recueillis par : Thibaut Wychowanok

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