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Garage, incontournable musée d'art contemporain de Moscou, se rénove avec Rem Koolhaas

 

Rencontre avec l'architecte de renommée mondiale Rem Koolhaas qui inaugure le 12 juin le nouveau pavillon du Garage Museum of Contemporary Art de la collectionneuse russe Dasha Zhukova.

En 2008, la philanthrope et collectionneuse russe Dasha Zhukova fondait à Moscou le Garage Museum of Contemporary Art, pour familiariser le public russe avec l’art contemporain occidental, peu connu jusqu’alors dans le pays. Hébergé depuis sa création dans un pavillon temporaire construit par Shigeru Ban, le musée gagne le 12 juin ses nouveaux quartiers : le pavillon Vremena Goda, rénové par l’architecte star Rem Koolhaas, qui s’est entretenu avec Numéro au sujet de ce projet phare. 

Numéro : Parlez-nous du projet du Garage Museum à Moscou.

 

Rem Koolhaas : Le Garage Museum of Contemporary Art est une institution culturelle absolument cruciale pour le pays, car il confère à Moscou une véritable place dans le circuit mondial de l’art. Le pavillon Vremena Goda, que nous avons rénové et qui l’abritera désormais, a été construit à la fin des années 60. Ce bâtiment inutilisé depuis environ vingt ans représente une architecture typiquement soviétique. Nous l’avons converti en un musée moderne.

 

Numéro : Comment avez-vous abordé cette rénovation architecturale ?

 

Rem Koolhaas : Il s’agissait ici avant tout de préserver une œuvre architecturale russe, qui est très intéressante. On peut dire et penser bien des choses au sujet de la période soviétique et de sa culture, mais le fait est que les bâtiments construits pour un usage public étaient très accueillants. Nous avons donc voulu préserver cette générosité, et la mettre à profit pour une institution culturelle. Nous avons changé son emballage, si j’ose dire, en laissant l’intérieur parler pour lui-même. La conservation de ce qui est historique est centrale dans ce genre de projet. Ici, nous expérimentons une nouvelle sorte de travail : nous avons cherché à préserver également l’état de délabrement du bâtiment. Certains murs sont très abîmés, et nous les laissons tels quels.

 

 

Numéro : Les œuvres d’art contemporain varient énormément dans leurs dimensions, allant d’un tableau de format modeste à une installation monumentale. Les musées vous fournissent-ils une opportunité de jouer avec les rapports d’échelle ?

 

Rem Koolhaas : Oui tout à fait. Nous avons été impliqués dans la construction de nombreux musées et je pense que c’est une des vraies originalités de la démarche d’OMA (Office for Metropolitan Architecture, agence d'architecture fondée par Rem Koolhaas) : nous envisageons les questions d’échelle par et pour elles-mêmes, indépendamment de toute autre question. Nous avons d’ailleurs publié en 1997 un livre intitulé S, M, L, XL, qui est une réflexion sur les questions d’échelle. Je me suis demandé pourquoi les œuvres d’art ont atteint des dimensions si colossales, et bien sûr, cela a beaucoup à voir avec l’expansion du marché de l’art. Mais je pense que l’architecture doit offrir une résistance à cette expansion sans fin. OMA a participé à une compétition pour la Tate, il y a quelque temps, et le directeur nous avait alors prévenus que les artistes n’appréciaient pas qu’un bâtiment leur impose sa structure. Il nous avait dit que l’environnement d’exposition préféré par les artistes, aujourd’hui, est l’espace industriel reconverti en musée. Je dois dire que cela m’a laissé extrêmement sceptique. 

 

Propos recueillis par Delphine Roche

 

 

www.garageccc.com

www.oma.eu

 

Katharina Grosse fera également partie des premiers artistes invités. Inside the Speaker, 2014.

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