Advertising
133

Rencontre avec l'immense architecte Zaha Hadid

 

De l’unité Mobile Art de Chanel au MAXXI à Rome, Zaha Hadid a réinventé l’espace muséal en le considérant comme un champ d’exploration à part entière. Entretien avec cette immense architecte, inlassable pionnière aux constructions tout en fluidité.

 

 

Le MAXXI, à Rome, a été pensé comme une seconde peau pour le site sur lequel il est érigé, en harmonie avec sa vocation de laboratoire d’innovation culturelle. Les tubes rouges ci-dessus sont une installation de l’artiste Maurizio Mochetti, commandée spécifiquement par le musée pour son ouverture (2010), intitulée Straight Lines of Light in Curvilinear Hyperspace.

 

Déployé sur plus de 25000 m2, le Rosenthal Contemporary Arts Center de Cincinnati est l’un des premiers musées réalisés par Zaha Hadid, tel un manifeste de son architecture souvent décrite comme“déconstructiviste”. Ici, vue de l’espace exposant la sculpture Cloud no 1 d’Iñigo Manglano-Ovalle en 2003.

Ses musées ont marqué le xxie siècle d’une esthétique sans équivalent. Zaha Hadid, architecte suprématiste, revient sur plus d’une décennie de créations muséales réalisées de Rome à Copenhague, en passant par Bakou et Cincinnati, pour évoquer leur essence et son approche unique.

 

Numéro : “J’aimerais ouvrir une porte vers un monde qui n’a pas encore été inventé.” Vous teniez ce propos au temps où vous étudiez à l’Architectural Association School. Depuis, vous avez imaginé une nouvelle typologie de musées…

 

Zaha Hadid : À l’époque, mes professeurs m’ont poussée à voir, puis à décrypter ce qui n’était pas évident. Ce fut, en quelque sorte, un enseignement de la “nouvelle frontière” : il devait y avoir un autre monde, d’autres possibilités formelles. J’étais obnubilée par l’envie de donner une suite, de compléter un certain projet moderniste qui avait été stoppé net avec la Seconde Guerre mondiale. Les années 70 et 80 étaient marquées par l’historicisme et le rationalisme ; je ne pensais pas, alors, qu’en poussant mes recherches je pourrais découvrir un “autre monde”. Ce fut passionnant et absolument déterminant de pouvoir créer mon propre répertoire, de découvrir, d’imaginer des techniques, ou d’esquisser de nouvelles qualités formelles. J’étudiais un nouveau sujet, que je construisais à mesure que je le définissais.

 

Quel est le musée qui vous a le plus influencée ?

 

Le Guggenheim a eu une incroyable influence sur moi. Visionnaire, Frank Lloyd Wright a créé un chemin qui connecte l’extérieur au musée, et définit sa circulation. Le cheminement, sur une spirale à la verticale, permet réellement de voir les œuvres, de les contempler en trois dimensions et de les redécouvrir d’une manière différente. Avec lui, le musée devient ininterrompu, s’affirme comme le point de départ d’une balade. Le Guggenheim échappait, enfin, à cet enchaînement de pièces rectangulaires sans perspective ni profondeur qui compose les palais. Il expérimentait avec la lumière et le mouvement, pouvait enfin accueillir le plus grand nombre. Le montage des expositions peut s’y faire à la vue de tous ; le musée prend vie, comme un corps en mouvement. Dans une même lignée, le Centre Heydar-Aliyev [Bakou, 2007-2012] s’affranchit des murs droits. Nous avons effacé le maximum de repères visuels ; on y flotte dans un univers blanc optique.

 

Le musée devient de moins en moins élitiste…

 

Certains affirment que les musées sont devenus des centres commerciaux. Je pense qu’il est positif qu’ils attirent le plus grand nombre de gens. Aujourd’hui, l’interaction entre la culture et la vie publique est fondamentale. Ce qui différencie les xxe et xxie siècles des précédents, c’est que l’art ne s’adresse plus aux seuls mécènes. L’art est accessible à tous, et avec lui, le musée s’enrichit.

 

Propos recueillis par Clara Le Fort

 

 

 Retrouvez cette interview dans son intégralité dans le Numéro 164, disponible actuellement en kiosque et sur iPad.

 

→ Abonnez-vous au magazine Numéro
→ Abonnez-vous à l'application iPad Numéro

 

MaxMara invite une peintre moderne sur son sac Whitney
657

MaxMara invite une peintre moderne sur son sac Whitney

Accessoires Pour célébrer les cinq and de son sac Whitney, né d’une collaboration avec le Whitney Museum of American Art en 2015, le label italien MaxMara en dévoile une nouvelle version qui s’inspire cette fois-ci d’un tableau de la peintre et poètesse Florine Stettheimer, figure de l’art moderne américain. En cuir, élégant et minimaliste, le sac se décline ici en cinq teintes rose-orangées.  Pour célébrer les cinq and de son sac Whitney, né d’une collaboration avec le Whitney Museum of American Art en 2015, le label italien MaxMara en dévoile une nouvelle version qui s’inspire cette fois-ci d’un tableau de la peintre et poètesse Florine Stettheimer, figure de l’art moderne américain. En cuir, élégant et minimaliste, le sac se décline ici en cinq teintes rose-orangées. 

Une maison moderniste en plein cœur de la forêt brésilienne
809

Une maison moderniste en plein cœur de la forêt brésilienne

Architecture Imaginée à Sao Paulo en 1951 par l’architecte Lina Bo Bardi, la Casa de Vidro prend place au cœur de la forêt, semblant faire littéralement corps avec celle-ci. Lieu d’exposition qui accueille des artistes, elle présente en ce moment les sculptures en métal de Leonor Antunes. Imaginée à Sao Paulo en 1951 par l’architecte Lina Bo Bardi, la Casa de Vidro prend place au cœur de la forêt, semblant faire littéralement corps avec celle-ci. Lieu d’exposition qui accueille des artistes, elle présente en ce moment les sculptures en métal de Leonor Antunes.

Advertising
Une star crée une ville écolo au cœur de l’Afrique
154

Une star crée une ville écolo au cœur de l’Afrique

Architecture Le chanteur américano-sénégalais Akon laisse les studios de production de côté pour se consacrer à la création d’une ville verte au sud du Sénégal. Un projet écoresponsable qui propose une réponse aux enjeux environnementaux actuels et au développement du pays.  Le chanteur américano-sénégalais Akon laisse les studios de production de côté pour se consacrer à la création d’une ville verte au sud du Sénégal. Un projet écoresponsable qui propose une réponse aux enjeux environnementaux actuels et au développement du pays. 

L’architecte Frank Gehry fait danser Séoul pour Louis Vuitton
778

L’architecte Frank Gehry fait danser Séoul pour Louis Vuitton

Architecture Louis Vuitton a invité Frank Gehry à réinventer une bâtisse de la prestigieuse avenue Cheongdam-dong dans le quartier de Gangnam à Séoul. Cette œuvre de verre évoquant la Fondation parisienne ouvre ses portes avec une exposition d’Alberto Giacometti. Rencontre avec l’architecte de légende. Louis Vuitton a invité Frank Gehry à réinventer une bâtisse de la prestigieuse avenue Cheongdam-dong dans le quartier de Gangnam à Séoul. Cette œuvre de verre évoquant la Fondation parisienne ouvre ses portes avec une exposition d’Alberto Giacometti. Rencontre avec l’architecte de légende.

Voyage au cœur des temples somptueux de l'Inde avec l'hôtel Deo Bagh
66

Voyage au cœur des temples somptueux de l'Inde avec l'hôtel Deo Bagh

Voyage Dans la ville de Gwalior, au sud de New Delhi – la capitale de l'Inde –, trônent de sublimes temples Maratha  datant du XVIIe et du XVIIIe siècle. Au milieu de ce magnifique décor, un hôtel a été construit : le Deo Bagh Gwalior, l'une des propriétés du groupe Neemrana qui émaille l'Inde de somptueux palaces. Dans la ville de Gwalior, au sud de New Delhi – la capitale de l'Inde –, trônent de sublimes temples Maratha  datant du XVIIe et du XVIIIe siècle. Au milieu de ce magnifique décor, un hôtel a été construit : le Deo Bagh Gwalior, l'une des propriétés du groupe Neemrana qui émaille l'Inde de somptueux palaces.

L’œuvre controversée de Zaha Hadid s’invite chez Taschen
974

L’œuvre controversée de Zaha Hadid s’invite chez Taschen

Architecture La maison d’édition Taschen présente un ouvrage consacré à l’œuvre architecturale complète de Zaha Hadid. Fantasque, avant-gardiste mais aussi très controversée, l’Irako-Britannique, prématurément disparue en 2016, a laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’architecture.  La maison d’édition Taschen présente un ouvrage consacré à l’œuvre architecturale complète de Zaha Hadid. Fantasque, avant-gardiste mais aussi très controversée, l’Irako-Britannique, prématurément disparue en 2016, a laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’architecture.