De l’impressionnisme à l’art contemporain, il n’y a qu’un faisceau. Invitée par le musée de l’Orangerie pour la deuxième édition du Contrepoint contemporain – nouvelle salle de l’Orangerie inaugurée l’année dernière à l’occasion de la Nuit Blanche –, la plasticienne belge Ann Veronica Janssens y déploie, via une installation lumineuse, son large spectre de couleur jusqu'au 29 avril prochain. Un écho direct aux Nymphéas (1914-1926), série d’environ 250 peintures impressionnistes de Claude Monet. L’année dernière, le musée avait convié l’artiste américain Richard Jackson : son installation Paintings proposait, elle aussi, une relecture des Nymphéas.

 

Avec Hot Pink Turquoise, Ann Veronica Janssens braque les faisceaux lumineux de deux lampes halogènes sur un mur blanc : à travers un filtre optique (dichroïque), leur reflet dévoile des halos de couleurs acidulées qui varient selon l’inclinaison de la lumière.

 

Le minimalisme de Hot Pink Turquoise contraste avec la complexité des Nymphéas de Monet, pourtant, l’installation reprend la partition chromatique des fleurs du maître de l’impressionnisme. Diffusion de la lumière, rayonnement de la couleur, impulsions stroboscopiques, brouillards artificiels et surfaces réfléchissantes ou diaphanes... notre perception du temps et de l’espace est totalement altérée. 

 

Spécialiste des expérience sensorielle et des transformations de la réalité, Ann Veronica Janssens s’obstine tel Claude Monet face aux nénuphars de son jardin à Giverny (Normandie) : “des choses impossibles à faire : de l'eau avec des herbes qui ondulent dans le fond… c'est admirable à voir, mais c'est à rendre fou de vouloir faire ça,” pour reprendre les termes du critique d’art Gustave Geffroy (1855-1926).  

 

Ann Veronica Janssens, Hot Pink Turquoise, jusqu’au 29 avril 2019 au musée de l’Orangerie, jardin des Tuileries, place de la Concorde, Paris Ier.