22

Art diary

 

Grandeur et décadence du milieu de l'art

Chronique d'un reporter infiltré. De Paris à New York.

Richard Prince n’était pas présent à son vernissage à Paris chez Almine Rech, sa maman était malade et il est rentré à New York. C’est triste. Les œuvres étaient annoncées à 700 000 dollars chacune. C’est cher.

 

Jeff Koons, lui, voyageait avec sa famille au complet pour sa rétrospective au Centre Pompidou. Il a au moins six enfants, une femme, des nounous, des amis, des oncles, des tantes, des cousins, des cousines, etc., et il a aussi une maman sur une chaise roulante à qui il demandait, en passant devant ses premières oeuvres qui ressemblaient à du plastique gonflable : “Hey Mam, do you remember when I did this?”(c’était à la fin des années 70). On n’avait pas vu depuis longtemps un essaim aussi dense de photographes people à un vernissage. C’était familial et glamour.

 

À Berne se situe l’une des plus anciennes Kunsthallen de la récente histoire de l’art contemporain (et l’une des meilleures également). Son directeur, Fabrice Stroun, s’est fait évincer par le comptable qui a décidé de se mêler de ce qui ne le regardait pas, à savoir juger une direction artistique. Fabrice Stroun ne pourra même pas terminer les expositions qu’il avait programmées. C’est bête.

 

À Bottrop, au vernissage de Wade Guyton, il n’y avait aucun photographe. Bottrop ? Une petite ville provinciale à 45 minutes de Cologne. La Galerie GiselaCapitain avait invité une douzaine de personnes à visiter le musée Josef-Albers qui a sollicité l’artiste pour réinstaller sa collection permanente et aussi produire de nouvelles oeuvres au sein même de cette dernière. La visite avait un petit air de “comment c’était l’art contemporain avant”. C’était vraiment bien.

 

À New York, dans son immense atelier de Brooklyn, le même Wade Guyton a convié John Armleder à concevoir des toiles. Gigantesques elles-mêmes, elles inaugurent une palette de couleurs iridescentes. Armleder est en forme : il en a tant produit qu’il n’y avait pas assez de place pour les accrocher (c’est pourtant l’un des plus grands ateliers qu’il m’ait été donné de visiter). L’artiste les a donc empilées les unes sur les autres. Le vernissage a eu lieu pendant la semaine des grandes ventes aux enchères new-yorkaises, lors de laquelle la succession des dîners de gala payants et fundraising chics pour institutions en tout genre est à son plus haut niveau d’activité. Chez Wade, il n’y avait que des amis, un camion pizza devant l’atelier, et les tables étaient dressées sur des tréteaux. C’était gratuit.

 

Paris Photo : j’ai beaucoup ri à la critique de mon confrère Éric Troncy sur l’exposition de Mapplethorpe pour laquelle Isabelle Huppert s’est improvisée “curator” à la Galerie Thaddaeus Ropac. “J’espère qu’elle ne se sentira pas aussi légitime pour faire des opérations à coeur ouvert si un jour j’en ai besoin…” Il faut dire qu’en le rendant tellement convenable et si peu sexuel, l’actrice avait comme désactivé l’artiste. Ça, c’était un peu triste et cul-bénit.

 

La galerie Balice Hertling, elle, a exposé Olivier Zahm sans désactiver la charge érotique de ses photographies. Sa femme, très enceinte, trône nue sur un fauteuil, en hauts talons, les jambes ouvertes, dans un magnifique cliché accueillant les visiteurs à Belleville. C’était cool.

 

Chez Ropac encore, mais cette fois-ci à Pantin, Sylvie Fleury – que l’on n’avait plus vue à Paris depuis près de cinq ans – imaginait une performance dans laquelle des actrices produisaient des sons à partir de leurs gestes transmis par des capteurs à un ordinateur programmé par l’Ircam, l’Institut de recherche et de coordination acoustique-musique. On voyait Loïe Fuller danser dans une sorte de transe, une femme fatale qui se séchait les cheveux, mais c’est la joggeuse que tout le monde adorait. En justaucorps trèseightieselle sautait sur un step que Jane Fonda avait commercialisé dans les années 80. Fleury ne cachait pas sa joie de finalement l’avoir reçu, car eBay l’avait d’abord envoyé au Swaziland, en pensant que c’était la même chose que Switzerland. C’était expérimental.

 

Par Nicolas Trembley, photo Jessica Craig-Martin

David Hockney bat Jeff Koons aux enchères
978

David Hockney bat Jeff Koons aux enchères

Art La toile du peintre David Hockney “Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)” a été adjugée près de 80 millions d’euros lors d’une vente aux enchères chez Christie’s New York. Un nouveau record de vente pour un artiste vivant, le Britannique détrône Jeff Koons et son “Balloon Dog (Orange)”. La toile du peintre David Hockney “Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)” a été adjugée près de 80 millions d’euros lors d’une vente aux enchères chez Christie’s New York. Un nouveau record de vente pour un artiste vivant, le Britannique détrône Jeff Koons et son “Balloon Dog (Orange)”.

Cooper Jacoby : couleurs candides pour œuvres malades à la galerie High Art
978

Cooper Jacoby : couleurs candides pour œuvres malades à la galerie High Art

Art L’artiste Cooper Jacopy expose à la galerie High Art (Paris IX) jusqu’au 24 novembre prochain. L'Américain explore le concept d’usure et se penche sur la fragilité des corps, nécrosés par des germes imperceptibles. L’artiste Cooper Jacopy expose à la galerie High Art (Paris IX) jusqu’au 24 novembre prochain. L'Américain explore le concept d’usure et se penche sur la fragilité des corps, nécrosés par des germes imperceptibles.

La jeune scène artistique envahit le Montana pour une soirée le 17 novembre
897

La jeune scène artistique envahit le Montana pour une soirée le 17 novembre

Art Artistes et Dj investissent le Montana samedi 17 novembre pour une nuit unique et sauvage, où art, mode et musique se mêleront dans une ambiance 100% berlinoise. Une programmation exceptionnelle orchestrée par le label Span Records et le collectif Undrglobe, qui s’associent pour une exposition d’art inédite.  Artistes et Dj investissent le Montana samedi 17 novembre pour une nuit unique et sauvage, où art, mode et musique se mêleront dans une ambiance 100% berlinoise. Une programmation exceptionnelle orchestrée par le label Span Records et le collectif Undrglobe, qui s’associent pour une exposition d’art inédite. 

Que pouvait-on découvrir sur l'art contemporain africain à la foire AKAA ?
847

Que pouvait-on découvrir sur l'art contemporain africain à la foire AKAA ?

Art Plus grande foire en France dédiée à l’art contemporain africain, AKAA a réuni pendant trois jours plus 130 artistes, dont les œuvres ont été exposées par une cinquantaine de galeries, au Carreau du Temple, à Paris. Une troisième édition conclue avec succès, marquée par de nombreux talents émergents et de nouvelles galeries. Plus grande foire en France dédiée à l’art contemporain africain, AKAA a réuni pendant trois jours plus 130 artistes, dont les œuvres ont été exposées par une cinquantaine de galeries, au Carreau du Temple, à Paris. Une troisième édition conclue avec succès, marquée par de nombreux talents émergents et de nouvelles galeries.

Maurizio Cattelan s’attaque à la copie (dans l’art) à l’invitation de Gucci
978

Maurizio Cattelan s’attaque à la copie (dans l’art) à l’invitation de Gucci

Art Toujours plus engagé dans son soutien à l’art contemporain, Gucci et son directeur de la création Alessandro Michele ont invité Maurizio Cattelan à imaginer une exposition explosive à Shanghai. L’artiste provocateur et irrévérencieux y propose une réflexion sur la notion de copie et offre une œuvre inédite : une reproduction de la chapelle Sixtine. Toujours plus engagé dans son soutien à l’art contemporain, Gucci et son directeur de la création Alessandro Michele ont invité Maurizio Cattelan à imaginer une exposition explosive à Shanghai. L’artiste provocateur et irrévérencieux y propose une réflexion sur la notion de copie et offre une œuvre inédite : une reproduction de la chapelle Sixtine.

Au musée Salvatore Ferragamo : comment l’Italie a influencé Hollywood ?
850

Au musée Salvatore Ferragamo : comment l’Italie a influencé Hollywood ?

Art Au sein de son musée florentin, la maison Salvatore Ferragamo célèbre les années californiennes de son fondateur. L’occasion de mettre en lumière l’influence exercée par l’Italie sur le Hollywood des années 20. Au sein de son musée florentin, la maison Salvatore Ferragamo célèbre les années californiennes de son fondateur. L’occasion de mettre en lumière l’influence exercée par l’Italie sur le Hollywood des années 20.