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Numéro
09 Art Basel, Bale, Expositions, P Staff, Kunsthalle

Art Basel : 7 expositions à voir absolument, de Doris Salcedo à P. Staff

Art

Alors que l'incontournable foire Art Basel donnera jeudi 15 juin 2023 le coup d’envoi de sa nouvelle édition, découvrez sept expositions à ne pas manquer à Bâle et ses environs, des grandes artistes Shirley Jaffe et Doris Salcedo célébrées respectivement au Kunstmusem et à la Fondation Beyeler à l’art hypersensible de P. Staff à la Kunsthalle Basel, ou encore les jardins comme laboratoire de création au Vitra Design Museum.

  • P. Staff, “On Venus”, Serpentine Galleries, 2019. Installation view. Photo: Hugo Glenndinning. Courtesy P. Staff.

    P. Staff, “On Venus”, Serpentine Galleries, 2019. Installation view. Photo: Hugo Glenndinning. Courtesy P. Staff. P. Staff, “On Venus”, Serpentine Galleries, 2019. Installation view. Photo: Hugo Glenndinning. Courtesy P. Staff.
  • P. Staff, “Prince of Homburg” (2019). Video Still. Courtesy P. Staff.

    P. Staff, “Prince of Homburg” (2019). Video Still. Courtesy P. Staff. P. Staff, “Prince of Homburg” (2019). Video Still. Courtesy P. Staff.
  • P. Staff, “Love Life II”, Commonwealth and Council, Los Angeles, 2022. Installation view. Photo: Paul Salveson. Courtesy P. Staff

    P. Staff, “Love Life II”, Commonwealth and Council, Los Angeles, 2022. Installation view. Photo: Paul Salveson. Courtesy P. Staff P. Staff, “Love Life II”, Commonwealth and Council, Los Angeles, 2022. Installation view. Photo: Paul Salveson. Courtesy P. Staff

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1. L'art hypersensible de P. Staff à la Kunsthalle 

 

Jeune artiste à l’œuvre fascinant, P. Staff capte la fragilité du monde contemporain dans des films, installations, gravures et sculptures hallucinées. Nourries d’énergies et d’images aux portes du surnaturel, ses pièces utilisent la installent différentes atmosphères qui, ensemble, composent une une véritable traversée introspective et sensorielle, où se croisent des visages et corps, animaux et vastes paysages, ou encore objets du quotidien. Après sa participation à la Biennale de Venise l’année dernière, l’artiste britannique présente à la Kunsthalle sa plus grande exposition personnelle à ce jour. Un ensemble d’œuvres irriguées par l’expérience des minorités telles que la communauté transgenre, dont iel fait partie, et hantées par les affres d’une société fluide en pleine mutation sur une planète embrasée.

 

P. Staff, “In Ekstase”, du 9 juin au 10 septembre 2023 à la Kunsthalle Basel.

  • Doris Salcedo, “Plegaria Muda” (2008–2010). © Doris Salcedo Photo: © White Cube (Patrizia Tocci)

    Doris Salcedo, “Plegaria Muda” (2008–2010). © Doris Salcedo Photo: © White Cube (Patrizia Tocci) Doris Salcedo, “Plegaria Muda” (2008–2010). © Doris Salcedo Photo: © White Cube (Patrizia Tocci)
  • Doris Salcedo, “Untitled” (1998). © Doris Salcedo Photo: David Heald

    Doris Salcedo, “Untitled” (1998). © Doris Salcedo Photo: David Heald Doris Salcedo, “Untitled” (1998). © Doris Salcedo Photo: David Heald
  • Doris Salcedo, “Atrabiliarios (détail)” (1992–2003). © Doris Salcedo Photo: Ben Blackwell

    Doris Salcedo, “Atrabiliarios (détail)” (1992–2003). © Doris Salcedo Photo: Ben Blackwell Doris Salcedo, “Atrabiliarios (détail)” (1992–2003). © Doris Salcedo Photo: Ben Blackwell

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2. La part sombre de la mondialisation vue par Doris Salcedo à la Fondation Beyeler

 

Armoires remplies de béton, chaises en bois envahissant la façade d’un bâtiment, cabane composée d’une centaine d’arbres… Depuis la fin des années 80, les œuvres de Doris Salcedo convoquent objets du quotidien et éléments naturels pour matérialiser la part sombre de la mondialisation, et de ses conséquences délétères aux quatre coins de notre planète. Habitée par la perte, le souvenir ou encore le traumatisme, la pratique de cette artiste colombienne fait souvent référence à des événements historiques, notamment des dates qui ont marqué la politique de son pays, qu'elle incarne et raconte dans ces formes familières et silencieuses. À la Fondation Beyeler, l’exposition personnelle consacrée à l’artiste d’une soixantaine d’années réunit huit séries de pièces piochées dans ses trois décennies de carrière, dont plusieurs ont rarement été présentées au public.

 

Doris Salcedo, jusqu'au 17 septembre 2023 à la Fondation Beyeler, Bâle-Riehen.

  • Shirley Jaffe, “Swinging II” (2016). © 2023, ProLitteris, Zurich Creditline: Estate Shirley Jaffe. Photo Credit: © Bertrand Huet/tutti image.

    Shirley Jaffe, “Swinging II” (2016). © 2023, ProLitteris, Zurich Creditline: Estate Shirley Jaffe. Photo Credit: © Bertrand Huet/tutti image. Shirley Jaffe, “Swinging II” (2016). © 2023, ProLitteris, Zurich Creditline: Estate Shirley Jaffe. Photo Credit: © Bertrand Huet/tutti image.
  • Atelier de Shirley Jaffe, Paris, 13 octobre 2008. © 2023, ProLitteris, Zurich Photo Credit: © Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou, MNAM-CCI / Jean-Christophe Mazur.

    Atelier de Shirley Jaffe, Paris, 13 octobre 2008. © 2023, ProLitteris, Zurich Photo Credit: © Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou, MNAM-CCI / Jean-Christophe Mazur. Atelier de Shirley Jaffe, Paris, 13 octobre 2008. © 2023, ProLitteris, Zurich Photo Credit: © Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou, MNAM-CCI / Jean-Christophe Mazur.
  • Shirley Jaffe, “Sans titre” (1968). © 2023, ProLitteris, Zurich. Courtesy Shirley Jaffe Estate & Galerie Nathalie Obadia, Paris / Bruxelles. Photo Credit: © Bertrand Huet/tutti image.

    Shirley Jaffe, “Sans titre” (1968). © 2023, ProLitteris, Zurich. Courtesy Shirley Jaffe Estate & Galerie Nathalie Obadia, Paris / Bruxelles. Photo Credit: © Bertrand Huet/tutti image. Shirley Jaffe, “Sans titre” (1968). © 2023, ProLitteris, Zurich. Courtesy Shirley Jaffe Estate & Galerie Nathalie Obadia, Paris / Bruxelles. Photo Credit: © Bertrand Huet/tutti image.

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3. La grande peintre Shirley Jaffe au Kunstmuseum

 

Grande figure de la peinture abstraite de la seconde moitié du 20e siècle, Shirley Jaffe disparaissait en 2016 à l’âge de 92 ans, laissant derrière elle un œuvre riche et puissant rapidement émancipée des mouvements de son époque. Présentée l’an passé au Centre Pompidou à Paris, où l’Américaine née à New Jersey vécut pendant la majorité de sa vie, son exposition personnelle au Kunstmuseum de Bâle retrace chronologiquement l’évolution de sa carrière, partant d’une pratique très gestuelle de la peinture avoisinant l’expressionnisme abstrait avant que son séjour à Berlin au début des années 60 n’acte ne rupture stylistique majeure. De là, l’artiste mettra alors au point son propre langage, plus ordonné, à base d’imbrications de formes géométriques en aplats colorés jouant avec le rythme et les échelles pour composer une véritable musique picturale.

 

Shirley Jaffe, “Form as Experiment”, jusqu'au 30 juillet 2023 au Kunstmuseum Basel.

  • Julien de Cerval, The Gardens of Marqueyssac, France, designed in the 1860s. Photo: Romain Laprade, 2020

    Julien de Cerval, The Gardens of Marqueyssac, France, designed in the 1860s. Photo: Romain Laprade, 2020 Julien de Cerval, The Gardens of Marqueyssac, France, designed in the 1860s. Photo: Romain Laprade, 2020
  • Upper Rhenish Master, “The Little Garden of Paradise” (c. 1410-1420). © Sammlung Städel Museum Frankfurt.

    Upper Rhenish Master, “The Little Garden of Paradise” (c. 1410-1420). © Sammlung Städel Museum Frankfurt. Upper Rhenish Master, “The Little Garden of Paradise” (c. 1410-1420). © Sammlung Städel Museum Frankfurt.
  • Full Grown, “The Grown Chair” (2012-2016). © Alice and Gavin Munro, Photo: Gavin Repton for Full Grown Ltd.

    Full Grown, “The Grown Chair” (2012-2016). © Alice and Gavin Munro, Photo: Gavin Repton for Full Grown Ltd. Full Grown, “The Grown Chair” (2012-2016). © Alice and Gavin Munro, Photo: Gavin Repton for Full Grown Ltd.
  • Roberto Burle Marx, Design for the Ministry of Education and Health roof garden, Rio de Janeiro, 1938 © Burle Marx Institute Archive.

    Roberto Burle Marx, Design for the Ministry of Education and Health roof garden, Rio de Janeiro, 1938 © Burle Marx Institute Archive. Roberto Burle Marx, Design for the Ministry of Education and Health roof garden, Rio de Janeiro, 1938 © Burle Marx Institute Archive.

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4. Au Vitra Design Museum, le jardin comme laboratoire de création

 

A l’orée de cette saison estivale, le Vitra Design Museum revêt un habit vert. Avec sa grande exposition thématique “Garden Futures: Designing with nature”, l’institution bâloise se concentre sur l’histoire des jardins et la manière dont leur conception a façonné notre rapport immédiat à notre environnement et à la nature. Nourri par de nombreuses photographies, documents d’archives et films, mais aussi des créations de mobilier et installations recréées pour l’occasion, cet événement montre, dans une scénographie épatante du duo de designers italiens Formafantasma, combien d’artistes, designers, architectes mais aussi publicitaires ont su faire de ces espaces des lieux d’avant-garde, des plans d’urbanisme majeurs du 19e siècle aux projets qui imaginent aujourd'hui les jardins de demain dans le monde entier, en passant par l'œuvre de grands paysagistes tels que Roberto Burle Marx, Mien Ruys et Piet Oudolf. Le tout imprégné par les enjeux environnementaux, rappelant la nécessité de replacer la nature au centre de nos considérations actuelles.

 

“Garden Futures: Designing with Nature”, jusqu'au 3 octobre 2023 au Vitra Design Museum, Weil am Rhein.

  • David Claerbout, “Wildfire (meditation on fire)” (2019–2020). © 2023, ProLitteris, Zurich

    David Claerbout, “Wildfire (meditation on fire)” (2019–2020). © 2023, ProLitteris, Zurich David Claerbout, “Wildfire (meditation on fire)” (2019–2020). © 2023, ProLitteris, Zurich
  • Gina Fischli, “Schloss Babelsberg” (2019). Photo: Tom Bisig, Basel © Gina Fischli

    Gina Fischli, “Schloss Babelsberg” (2019). Photo: Tom Bisig, Basel © Gina Fischli Gina Fischli, “Schloss Babelsberg” (2019). Photo: Tom Bisig, Basel © Gina Fischli
  • Anri Sala, “Ravel Ravel Interval” (2017). ourtesy of the artist, still: Courtesy Galerie Chantal Crousel, Paris; Marian Goodman Gallery, New York; Hauser & Wirth, Zurich/London © 2023, ProLitteris, Zurich.

    Anri Sala, “Ravel Ravel Interval” (2017). ourtesy of the artist, still: Courtesy Galerie Chantal Crousel, Paris; Marian Goodman Gallery, New York; Hauser & Wirth, Zurich/London © 2023, ProLitteris, Zurich. Anri Sala, “Ravel Ravel Interval” (2017). ourtesy of the artist, still: Courtesy Galerie Chantal Crousel, Paris; Marian Goodman Gallery, New York; Hauser & Wirth, Zurich/London © 2023, ProLitteris, Zurich.

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5. Les trésors du Schaulager dévoilés pour ses 20 ans

 

Inauguré en 2003 dans le sud de Bâle, le Schaulager fête cette année ses 20 ans. Ouvert seulement au public à certaines occasions, le bâtiment hybride dédié avant tout à la recherche et au stockage d’œuvres et d’archives, accessibles aux professionnels de l’art, organise une exposition pour célébrer cet anniversaire. L’occasion de faire découvrir une sélection de pièces signées par vingt-cinq artistes contemporains, dont plusieurs font partie de la collection de la Fondation Emmanuel Hoffmann, abritée par l’établissement. Parmi elles, on trouve des sculptures de Robert Gober, Peter et Gina Fischli, des photographies de Thomas Ruff et Dayanita Singh, et des films de Tacita Dean et Anri Sala, dont certains sont présentées dans des installations conçues spécialement pour l’événement.

 

“Out of the box”, du 10 juin au 19 novembre 2023 au Schaulager, Münchenstein/Bâle.

  • Monira Al Qadiri, “Holy Quarter” (2020). 20 minute video and glass sculpture installation (video still). Courtesy the artist .

    Monira Al Qadiri, “Holy Quarter” (2020). 20 minute video and glass sculpture installation (video still). Courtesy the artist . Monira Al Qadiri, “Holy Quarter” (2020). 20 minute video and glass sculpture installation (video still). Courtesy the artist .
  • Sigalit Landau, Still image from “Salted Lake” (2011). Video, 11:04 min. Courtesy the artist.

    Sigalit Landau, Still image from “Salted Lake” (2011). Video,  11:04 min. Courtesy the artist. Sigalit Landau, Still image from “Salted Lake” (2011). Video,  11:04 min. Courtesy the artist.
  • Hannah Weinberger, “As if I became upside down, right side up” (2023). 3-Kanal Soundkomposition, 60 min. (loop), 3 Findlinge/ Natursteine, Verstärker, Kabel, Exciter. Courtesy the artist

    Hannah Weinberger, “As if I became upside down, right side up” (2023). 3-Kanal Soundkomposition, 60 min. (loop), 3 Findlinge/ Natursteine, Verstärker, Kabel, Exciter. Courtesy the artist Hannah Weinberger, “As if I became upside down, right side up” (2023). 3-Kanal Soundkomposition, 60 min. (loop), 3 Findlinge/ Natursteine, Verstärker, Kabel, Exciter. Courtesy the artist

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6. Cinq artistes plongent dans les richesses de la nature au Kunsthaus Baselland

 

À quelques pas de la gare de Bâle, le Kunsthaus Baselland met le temps en suspens avec l’exposition collective “Nature. Sound. Memory”, véritable plongée dans la nature explorant les richesses de notre planète à travers les installations à grande échelle de cinq artistes contemporaines. Parmi ces œuvres présentées en Suisse pour la première fois, un film de Joan Jonas exprime son amour pour l’océan et la nécessité de préserver sa biodiversité pendant que l’installation de la Koweïtienne Monira Al Qadiri, qui mêle vidéo, son et objets en verre, met le désert du Moyen-Orient au cœur de ses préoccupations. De son côté, Sigalit Landau fait du sel l’objet d’un film tourné à la mer Morte, Hannah Weinberger retranscrit l’atmosphère des rivières suisses dans une création sonore et un ensemble de sculptures, tandis que la Française Maya Schweizer présente deux vidéos, poèmes visuels autour de l'eau imprégnés, entre autres, par l’histoire de l’Allemagne nazie.

 

“Nature. Sound. Memory: Monira Al Qadiri, Joan Jonas, Sigalit Landau, Maya Schweizer, Hannah Weinberger”, jusqu'au 9 juin 2023 au Kunsthaus Baselland, Muttenz/Bâle.

  • Annette Barcelo, “Am Sonntag” (2017). Photo: Thomas Dettwiler

    Annette Barcelo, “Am Sonntag” (2017). Photo: Thomas Dettwiler Annette Barcelo, “Am Sonntag” (2017). Photo: Thomas Dettwiler
  • Annette Barcelo, “Amour” (2006). Photo: Jordi Barcelo

    Annette Barcelo, “Amour” (2006). Photo: Jordi Barcelo Annette Barcelo, “Amour” (2006). Photo: Jordi Barcelo

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7. La peinture sombre et onirique d'Annette Marcelo chez der TANK

 

À la frontière du rêve et du cauchemar, les peintures d’Annette Barcelo (née en 1943) plonge dans un monde sombre et étrange tout en métaphores et allégories, où la grande faucheuse chevauche une louve ou des femmes fusionnent avec la faune et la flore pour donner naissance à des créatures hybrides, voire divines. Chez der TANK, espace d’exposition de l’Institute Art Gender Nature (IAGN), l’artiste bâloise à la pratique inclassable, entre Carol Rama, Annette Messager, Cathy Josefowitz et François Pétrovitch, présente plusieurs de ses séries majeures qui posent les jalons de sa fantasmagorie depuis le début des années 2000. On y trouve également des œuvres plus récentes, utilisant la technique fastidieuse de la peinture sous verre pour souligner l’entrée dans cet univers onirique.

 

Annette Marcelo, “Live your transformation”, du 10 au 18 juin 2023 à der TANK,  Münchenstein/Bâle.