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Art Diary

 

Chronique d'un reporter infiltré à Venise. Par Nicolas Trembley.

L’ouverture de la Biennale de Venise est toujours le théâtre de scènes  plus ou moins cocasses. Le Lion d’or, cette année, revient à la Fondation Prada, dont le ponton plein d’invités s’est affaissé dans le Grand Canal lors du vernissage de l’exposition Portable Classic (il n’était pas ici question de sacs, mais de sculptures antiques). Cela a beaucoup amusé les locaux, et la presse a titré : “Tutti i VIP nell’acqua per Prada”. Rien de grave, pas de noyade, mais sans doute une bonne moisson de streptocoques.

 

Le commissaire général de la Biennale, Okwui Enwezor, d’origine nigériane, a  intitulé cette 56e édition All the World’s Futures. Dans l’arène centrale du pavillon international avait lieu, chaque matin, une lecture des pages du Capital de Karl Marx. “Quoi ? une Biennale de communistes ?” Aux manettes de ce projet : l’artiste Isaac Julien, dont le nouveau film était – de façon un peu incongrue – sponsorisé par Rolls-Royce. Devenue un événement mondain, la Biennale fait le grand écart entre des propositions radicales et politiques (migrations, révoltes, racisme, répartition injuste des biens) et son public toujours  plus nombreux, plus riche, qui fait de cette manifestation la plus lucrative de la lagune (bien plus que la Mostra de cinéma ou que le carnaval). Mais, dans l’art, la politique a ses limites institutionnelles, et le pavillon islandais conçu par le Suisse Christoph Büchel – qui avait transformé une église désaffectée en mosquée – a été fermé au bout de deux semaines. De même, les films du collectif syrien Abounaddara, pourtant récompensés d’une mention spéciale, n’ont jamais été diffusés. Le collectif s’est retiré de la Biennale (on peut consulter ses films à l’adresse suivante : http://vimeo.com/126950191).

 

“C’est l’arnaque”, entend-on assez souvent dans la foule, mais pas pour  les mêmes raisons, car les Vénitiens n’hésitent pas à quadrupler les prix pendant les journées professionnelles précédant l’ouverture officielle...

 

[...]

 

Par Nicolas Trembley

 

 

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  • Photo Jessica Craig-Martin
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