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03 Janvier

On a visité Azulik Uh May, le centre d'art perdu dans la jungle mexicaine

 

Après le fabuleux hôtel Azulik installé dans la jungle de Tulum, Eduardo Neira inaugurait début décembre l'espace interdisciplinaire Azulik Uh May. Construit en dix mois à peine d'après les techniques mayas, ce lieu merveilleux donne l'impression de débarquer sur la planète chimérique d’Endor dans Star Wars. Un cadre époustouflant à l'image de la créativité qui s'exprime au sein de ce ce lieu de confluence entre l'art, la mode, l'artisanat, la science ou l'urbanisme.

PAR Léa Zetlaoui

  • Pour Eduardo Neira, d’une galerie d'art dans un hôtel de luxe installé à Tulum à un centre d’art pluridisciplinaire au fin fond de la jungle, il n’y a qu’un pas. Personnalité mystérieuse à l’aura incontestable, le philanthrope et architecte autodidacte inaugurait début décembre en plein cœur de la jungle de Tulum, dans la région du Yucatán au Mexique – un espace difficile d’accès et encore inconnu des locaux – Azulik Uh May. Un lieu unique, tant par son architecture organique – jamais vue auparavant – que par son objectif et pensé pour reconnecter les visiteurs à la nature, comme le préconisent les tribus mayas avoisinantes. Car tout le concept d’Eduardo Neira s’appuie sur la sagesse, la connaissance et les rituels mayas, tribus qui peuplent la région depuis des siècles. Mais là où certaines réflexions écologiques frôlent la démagogie en proférant menaces et mises en garde, la sienne encourage le recours à la créativité, l’art, l’artisanat et le partage des savoir-faire pour préserver nos connaissances et construire le monde de demain.

     

    Si actuellement Uh May accueille des œuvres d’artistes contemporains, le but de cet espace artistique est loin de se résumer à cette seule pratique. Pensé pour rapprocher les cultures, les disciplines et les réflexions, il concentre les visions de personnalités différentes qui partagent une même réflexion autour de l’environnement, de l’artisanat, de la technologie et de la culture, qui pourra converser avec les tribus locales et partager leurs connaissances et savoir-faire.

     

    Le néo-gourou avant-gardiste a fait d'Uh May un véritable melting-pot de personnalités de tous horizons disciplinaires et géographiques. L’architecte mexicaine Frida Escobedo y côtoie les artistes néerlandais Ralph Nauta et Lonneke Gordijn (du Studio Drift), la curatrice et art advisor Claudia Paetzold. Mais on trouve aussi embarqué dans cette réflexion le physicien et entrepreneur Diego Favarolo qui travaille avec la NASA ; Mikolaj Sekutowicz un entrepreneur polonais qui place l’art au milieu de projets urbains, ou encore Oskar Metsavaht, le très apprécié fondateur du label de prêt-à-porter brésilien éco-responsable Osklen. Ce projet hors norme a aussi rallié des talents comme Alessio de Navasques, consultant spécialiste de la préservation de l’artisanat dans la mode et dans l’art, conseil de grandes maisons à l'instar de Fendi. Ce groupe éclectique se complète de figures locales de la culture aborigène : Antonio Oxte, surnommé “Abuelo”, guérisseur maya qui incarne la sagesse et la connaissance de cette tribu ancestrale; César Tangoa, également guérisseur et chaman maya, représentant de la tribu Shipibo; et enfin, Camila Argel Cayun, jeune  activiste de 29 ans issue des Mapuche, qui a lutté contre une multinationale pour préserver la terre de ses ancêtres.

     

    Avec la créativité et l’ouverture d’esprit comme médiums de communication, ces personnalités réunies autour d’Eduardo Neira œuvrent ainsi à rapprocher les hommes, lier les disciplines et échanger les connaissances. Des réflexions ouvertes et accessibles et des pensées libres qui se connectent dans le pur respect de l’autre. En abandonnant tout jugement, ils bâtissent la réflexion sur l’avenir de la nature et de l’humanité. C’est d’ailleurs à l’occasion d’un workshop qu’Antonio “Abuelo” Oxte ordonnait avec bienveillance de ne pas trop s’inquiéter du futur. Selon les prophéties mayas, les hommes vont s’en sortir.

     

    L’architecture d’Azulik Uh May, comme celle de la maison avoisinante d’Eduardo Neira, est en réalité impossible à décrire. Parcouru d’eau, constitué de béton ciré et de structures en liane et bois, l’endroit rappelle la planète chimérique d’Endor dans Star Wars – Le retour du Jedi. Construit en dix mois à peine, Uh May s’appuie sur les techniques mayas, afin de respecter et préserver la nature et l’environnement. En résulte un espace organique aux formes arrondies, aux galeries serpentant parmi les mélanges de matières. Un lieu que l’on arpente pieds nus, que l’on prend plaisir à contempler, où l’on apprécie se perdre, se retrouver seul, voire se recueillir.

     

    Lors de son ouverture, Azulik Uh May accueille trois artistes xx, xx et le Brésilien Ernesto Neto. Exposé à la Biennale de Venise en 2001, l’artiste contemporain qui a envahi en 2006 le Panthéon à Paris avec sa monumentale œuvre “Leviathan Thot” réalise des œuvres monumentales presqu’architecturales. Au sein d’Uh May, il transpose des structures biomorphes faites de polyamides déjà exposés dans l’espace. Épousant parfaitement les formes arrondies de l’espace, elles lui confèrent couleurs et vitalité.

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