28 Février

Quand les objets se transforment en paysages géologiques

 

Numéro art s’est rendu chez Liaigre, célèbre maison d’architecture d’intérieur et de création de mobilier, pour photographier objets design et matériaux d’exception qui se transforment sous le regard du photographe Philippe Fragnière en captivants paysages géologiques. Voyage au cœur de l'hôtel particulier du 77, rue du Faubourg-Saint-Honoré, qui abrite le showroom de la maison.

Sur une idée de Thibaut Wychowanok, Photos Philippe Fragnière, Texte Alexis Thibault

Marbre de commode Vésuve, LIAIGRE.

Natif de La Rochelle, Christian Liaigre fonde sa première enseigne rue de Varennes, à Paris, dans l’effervescence des années 80. Formé aux Beaux-Arts puis aux Arts Décoratifs, il découvre l’atelier du sculpteur Brancusi par le biais d’Alberto Giacometti, mais se spécialise très vite dans l’aménagement d’intérieur. Une discipline qui lui permettra de briller sur la scène internationale pendant trois décennies : il signe notamment le Mercer Hotel de New York en 1997. Parmi ses clients : Marina Abramovic, Larry Gagosian ou Calvin Klein.

 

 

Suspension IDA, bronze patiné noir et Onyx marron, LIAIGRE. 180 x 23 x 24 cm.

Vase KC par Kyra Cane, LIAIGRE. Dimensions variables.

Mais, pour commencer, par quoi se caractérise la touche Liaigre ? C'est d’abord un mobilier aux lignes sobres et épurées, qui séduit une clientèle avide d’intérieurs contemporains, dans la pure tradition française – ébénisterie, sellerie, laque et art du bronze. Ensuite, une palette de tons qui subliment les matières naturels : une gamme de blancs, de beiges, de taupes, de bruns ou de noirs intenses.

 

Appartements, bureaux, maisons de villégiature, yachts ou cabines de jet privé… Christian Liaigre répand le luxe made in France armé d’un style fluide et de matériaux nobles : le bois, le cuir, le bronze. Décrit par le Wall Street Journal comme un “grand minimaliste”, le décorateur discret et délibérément peu médiatique tire sa révérence en 2016. Il laisse son projet entre les mains de son équipe historique.

 

 

Vase Kiwi – Karen Swani, LIAIGRE. Dimensions variables.

Grand plat en albâtre veine noire, teinte foncée, LIAIGRE. 13 x 39 x 63 cm.

En passant le porche typiquement parisien du 77, rue du Faubourg-Saint-Honoré, on pénètre moins dans le showroom de Liaigre que dans une demeure qui semble réellement habitée. Mais sur quatre étages et 800 mètres carrés, tout est à vendre : de l’éponge noire sur socle en laiton trônant sur la cheminée à la majestueuse suspension en bronze patiné qui éclaire la pièce. Mobilier, luminaires, accessoires, objets d’art… la maison Liaigre n’a rien d’un cabinet de curiosités extravagant. Au contraire, elle célèbre le goût français, style sans ostentation “dans la lignée des ensembliers du XVIIIe siècle ou des créateurs modernistes des années 30”, comme elle aime à le rappeler. Liaigre s’est constitué un livre-abécédaire pour raconter son histoire : la lettre B rappelle que le bois est indissociable de ses créations, et, huit pages plus loin, surgit le mot “Japon”, évoquant cet art de vivre discret qui prône des valeurs similaires à celles de la maison.

 

 

Maison LIAIGRE, 77, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIII.

Éponge noire sur socle en laiton plaqué noir mat, LIAIGRE. 54 x 59 x 11 cm

Vue du showroom, copyright Liaigre.

Vue du showroom, copyright Liaigre.

Vue du showroom, copyright Liaigre.

Vue du showroom, copyright Liaigre.

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