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Art digital, jeu de toiles et peinture immersive… Cinq expositions à ne pas manquer cette semaine

 

Du Marais au XIe arrondissement, les galeries parisiennes clôturent cette année 2016 avec des expositions novatrices qui repensent l’art contemporain, et notamment la peinture, sous toutes ses formes.

 

Michael Jones McKean, Five Hundred Seconds (2015).

Panneau solaire, vinyle UV trempé perforé, colorant fluorescent de secours Seamarker et acrylique. 99 x 99 x 5 cm. Exemplaire unique.
Courtesy de l’artiste et Galerie Escougnou-Cetraro, Paris.

Le virtuel et ses possibles à la Galerie Escougnou-Cetraro

 

Consacrée à la manipulation du virtuel, la très belle exposition collective de la Galerie Escougnou-Cetraro rassemble cette année une poignée d’artistes internationaux, parmi lesquels – le très en vogue – Romain Vicari, auquel s’ajoutent Florian Sumi, Laura Porter ou encore Michael Jones McKean. Tous ces talents expérimentent habilement l’esthétique et la construction de l’art digital à travers l’installation, la sculpture et la vidéo, tout en flirtant avec les faux-semblants des matières : la toile murale est en vérité un panneau solaire, le malléable se révèle solide.  Après deux éditions dédiées aux possibles du médium photographique et proposant une réflexion autour de la matérialité, la galerie nous présente aujourd’hui le troisième volet réussi de sa programmation intitulé Au-delà de l’image.

 

Au-delà de l’image III, jusqu’au 22 décembre à la Galerie Escougnou-Cetraro, 7, rue Saint-Claude, Paris IIIe.

Marie-Anita Gaube déploie une peinture forte et exotique, reconnaissable par une iconographie qui convie au voyage et à la rêverie.

La Lutte amoureuse (2016). Huile et graphite sur toile. Diptyque de 180 x 240 cm (2 x 180 x 120 cm).

La peinture immersive et exotique de Marie-Anita Gaube à la Progress Gallery

 

Marie-Anita Gaube est sans nul doute une artiste à suivre, qui juxtapose dans ses œuvres des éléments abstraits et des parties plus figuratives. En cette fin d’année, la Progress Gallery lui accorde un solo show, At the landscape’s corner, qui évoque comment l’espace de la toile peut se structurer au moyen de la couleur. Natures mortes, portraits, scènes du quotidien… la jeune artiste française déploie une peinture forte et exotique, reconnaissable par une iconographie qui convie au voyage et à la rêverie. Ici, comme dans un rêve, le flou prend le pas sur le détail, le ciel se mélange au sol et les perspectives sont déformées. Un travail qui réactualise la peinture à travers une valeur à la fois contemplative et immersive. On adore, et ça fait du bien.

 

At the landscape’s corner de Marie-Anita Gaube, jusqu’au 22 décembre à la Progress Gallery, 4 bis, passage de la Fonderie, Paris XIe.

Photo : Théo Baulig.

Courtesy of Galerie Paris-Beijing.

L’œuvre sous toutes ses formes à la Galerie Paris-Beijing

 

Raphaël Denis, artiste-curateur invité, explore pour l’exposition Déformation Professionnelle, à la Galerie Paris-Beijing, la nature plurielle de l’œuvre d’art – monumentale ou presque invisible, photographique ou sculpturale – et invite ainsi “autant d’artistes en devenir que confirmés, avec ou sans galerie, français ou étrangers, et cela sans aucune hiérarchie puisque seuls comptent la qualité, la pluralité et le dialogue des pièces entre elles”, explique-t-il. Du rez-de-chaussée au sous-sol, on découvre un dialogue passionnant entre les diverses propositions ; et dès l’entrée on est happé par le gigantesque bloc écrasé de Sebastian Wickeroth, qui donne le ton de l’exposition. À ne pas manquer.

 

Déformation Professionnelle, une exposition de Raphaël Denis, jusqu’au 21 décembre à la Galerie Paris-Beijing, 62, rue de Turbigo, Paris IIIe.

Bernard Piffaretti, vue de l’exposition Passage (à la ligne) [2016], Galerie Frank Elbaz, Paris.

Photo : Raphael Fanelli.

Jeu de toiles à la Galerie Frank Elbaz

 

Après une exposition au Klemm’s de Berlin présentée au printemps dernier, Bernard Piffaretti s’invite du côté de la rue de Turenne. Avec Passage (à la ligne), la Galerie Frank Elbaz lui consacre une exposition caractéristique de son travail pictural, puisque l’artiste, auteur du fameux “système Piffaretti”, y introduit ses iconiques diptyques colorés et graphiques. Son principe ? Assembler deux tableaux, l’un étant le duplicata de l’autre, jusqu’à ne plus savoir quelle toile est l’originale. En suscitant le doute et en provoquant l’intérêt, l’artiste signe ici une belle proposition qui allie éléments typographiques et formes abstraites, pour le plus grand plaisir du visiteur.

 

Passage (à la ligne) de Bernard Piffaretti jusqu’au 24 décembre à la Galerie Frank Elbaz, 66, rue de Turenne, Paris IIIe.

Les 60 ans de Yang Jiechang à la galerie Jeanne Bucher Jaeger

 

Dans son espace du Marais, la galerie Jeanne Bucher Jaeger célèbre le soixantième anniversaire de l’artiste chinois Yang Jiechang avec une exposition qui associe ses différentes influences : calligraphie, histoire de l’art, bouddhisme… La culture asiatique, comme élément fondateur de son œuvre, lui pemet d’inscrire ce corpus dans une identité très contemporaine. Jiechang prend aussi bien comme sujet les événements du 11 septembre 2001 à New York que lui-même, qu’il représente nu et en pleine érection, par un trait gras dessiné à l’encre de Chine. Un travail qui redéfinit l’utilisation des techiques ancestrales – telles que la peinture sur soie – via une iconographie moderne et fascinante.

 

Sur la Terre comme au Ciel de Yang Jiechang, jusqu’au 21 janvier 2017 à la galerie Jeanne Bucher Jaeger, 5-7, rue de Saintonge, Paris IIIe.

 

 

Par Maxime Gasnier

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