“C’est  un  projet  que  j'ai  toujours  rêvé  de  réaliser.  Il  s'agit  de  l'exil – de  ce  que  cela  signifie d'avoir à changer de pays, de parler une autre langue”: voici les premiers mots d’Edmund de Waal, artiste représenté par la Galerie Max Hetzler et Gagosian, lorsqu’il présentait son nouveau projet proposé cette année pour la Biennale de Venise. En continuité avec son parcours artistique, et après avoir interrogé la question de l’histoire et de la mémoire à la galerie Gagosian à New York en 2013, de Waal s’attelle à cette autre notion historique, l’exil. Il prend comme point de départ les migrations massives des populations juives européennes au XVIe siècle - et en particulier espagnoles - qui, avaient choisis de s'établir dans La Sérénissime pendant l'Inquisition. 

 

La première partie de l'exposition Psalm prendra place au sein de la Cantone Scuola une synagogue datant du XVIe siècle. L'artiste y proposera plusieurs installations de marbre et de feuilles d’or en écho avec le patrimoine musical et littéraire du quartier. En effet, celui-ci occupe une place fondamentale dans la compréhension de l'oeuvre : la Canton Scuola est au coeur ghetto juif de Venise - en plus précisément dans le Ghetto Nuovo -  une zone où cette communauté était contrainte de résider à partir de 1516 et jusque la fin du XVIIIe siècle. Pourtant peu connu des visiteurs de la Biennale, le quartier sera découvert par ces derniers pour la première fois : un choix de l'artiste pour assurer son rayonnement culturel futur. 

 

2000 livres d’écrivains exilés, tout au long de l’histoire de la littérature seront également mis en évidence par de Waal. Cette deuxième partie prendra place au sein d'un site plus familier : l’Ateneo Veneto, un bâtiment au centre de Venise et près du théâtre de La Fenice. L’artiste y a construit un petit édifice architecturé qui abritera des traductions d’ouvrages, et, où chacun pourra y entrer et lire. Au milieu de ces ouvrages, quatre vitrines présenteront des éléments de porcelaine basés sur une version célèbre du Talmud édité au XVIe siècle par Daniel Bomberg. Quant à l’extérieur de la structure, celle-ci sera parée de feuilles d’or, recouverte par une fine couche de porcelaine où le plasticien a choisi de rendre hommage aux bibliothèques illustres détruites telles que celle d’Alexandrie ou de Tombouctou.