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“Sublime. Les Tremblements du monde” au Centre Pompidou-Metz

 

Volcans en éruption, mers démontées, apocalypses nucléaires... Le Centre Pompidou-Metz accueille une exposition fascinante qui met en scène une nature déchaînée et meurtrie.

Volcans en éruption, mers démontées, apocalypses nucléaires… Jusqu’au 5 septembre 2016, le Centre Pompidou-Metz accueille une exposition fascinante qui met en scène une nature déchaînée et meurtrie.

 

 

 

 

L’exposition Sublime. Les Tremblements du monde suscite d’emblée l’émerveillement. “Les œuvres présentées ne sont pas seulement belles, commente la commissaire de l’exposition Hélène Guenin, elles suscitent surtout cette passion mêlée de terreur et de surprise décrite par le philosophe Edmund Burke en 1757, et incarnée dans le mot ‘sublime’. Le mélange d’attraction et de répulsion qu’éprouve l’homme face aux manifestations furieuses de la nature, un sentiment de sidération et de solitude face à ce qui est plus grand que lui.

Les années 60 et 70 marquent le changement copernicien où l’humanité prend conscience de son impact irréversible sur le monde. 

Dans la première partie de l’exposition, ces tremblements se dévoilent sous toutes leurs représentations artistiques, filmiques (un extrait grandiose du Melancholia de Lars von Trier) ou scientifiques. L’artiste français Adrien Missika accueille le visiteur avec une vidéo consacrée à “la porte de l’enfer”, site de forage de gaz du Turkménistan auquel les autorités ont décidé de mettre le feu. Depuis 1971, l’immense cavité ne cesse de brûler, créant un paysage démoniaque. S’ensuit une odyssée fascinante à travers l’iconographie d’une nature déchaînée, depuis son avènement au XVIII e siècle jusqu’à aujourd’hui. Des œuvres de Dove Allouche font écho à un tableau de William Turner. Aux recherches des vulcanologues Katia et Maurice Krafft répondent des peintures effroyables d’éruptions du XVIII e siècle. Se dessinent alors deux mythes “sublimes” : le neptunisme, qui voudrait que la Terre ait été façonnée par les mers, et le plutonisme (du nom du dieu des Enfers), qui défend, lui,  l’idée d’une création originelle par le feu, le magma au cœur de la Terre. L’exposition montre comment cette iconographie essaime dans toute la société, à travers toutes les époques. Des cartes postales relaient ces images de la nature fracassée, les peintures et les gravures du XIX e siècle de John Martin inspirent jusqu’au cinéma contemporain (les paysages du Seigneur des anneaux ou de Blade Runner)… 

Ce nouveau monde suscite aussi des utopies. L’osmose entre l’homme et la nature forme l’un de ses nouveaux espoirs.

 

 

 

Forêt tropicale dans un paysage arctique. Application d’un système de contrôle climatique (1972), de Juan Navarro Baldeweg, photomontage, 68,5 x 53,5 cm. Des artistes – mais aussi des architectes comme Juan Navarro Baldeweg – imaginent des alternatives (capsules climatiques, oasis artificielles) à notre monde au bord de la destruction.

À travers cet imaginaire du cataclysme, l’homme joue à se faire peur, envisage sa disparition avec une passion morbide.Se représenter le pire, mettre des mots et des images dessus, est une manière de désamorcer sa peur”, explique la commissaire de l’exposition.Elle observe aussi : “Les récits de catastrophes s’accumulent particulièrement pendant les périodes de grands changements sociaux et politiques. L’iconographie du déluge et de l’éruption apparaît alors que les monarchies européennes commencent à vaciller.” Les années 60 et 70 marquent le changement copernicien où l’humanité prend conscience de son impact irréversible sur le monde. Dans sa deuxième partie, l’exposition répertorie ainsi les attitudes engagées des artistes face à cette nature meurtrie, du land art à Joseph Beuys. Mais ce nouveau monde suscite aussi des utopies. L’osmose entre l’homme et la nature forme l’un de ses nouveaux espoirs. Gina Pane ouvre la terre pour y faire entrer un rayon de soleil dans un geste de soin compassionnel envers la nature. Ana Mendieta se couche sous l’herbe qui vibre au rythme de sa respiration. Elles closent sublimement l’exposition.

 

 

Sublime. Les tremblements du monde,
au Centre Pompidou-Metz.

Jusqu’au 5 septembre.

 

Par Thibaut Wychowanok

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