28 Mai

“Phases”, les songes d’Hanne Friis exposés à la Galerie Maria Wettergren

 

Rêves, corps, nature… jusqu’au 27 juillet, la galerie Maria Wettergren présente “Phases”, une exposition lumineuse qui nous immerge dans l’œuvre onirique de la plasticienne norvégienne Hanne Friis. 

Par Yasmine Lahrichi

Burden, (2014-2016), laine, mordançage (teinture végétale) à l'armoise, 200 cm.

Reflets de vagues, tourbillons, mouvement des marées… Tout en arabesques, un enchevêtrement de lignes se dessine. Sur cet agglomérat de formes concaves et convexes, des faisceaux diffus aux aspects interminables évoquent des images familières. Face à une multitude de courbes et de contorsions fabuleuses, notre œil s’égare tout comme s'il était face à des paysages naturels fantastiques.

 

Spiral, (2018), toile cousue à la main, 160 x 50 cm.

Secrets, (2018), jean cousu à la main, 117 x 50 x 24 cm.

Les œuvres de la plasticienne Hanne Friis détiennent le pouvoir de nous faire rêver. Depuis près d’une dizaine d’années, la native d’Oslo réalise, de façon totalement artisanale    , des sculptures textiles délicates aux volumes protubérants en usant d'une technique modeste et millénaire : la couture au fil et à l'aiguille. À partir de là, elle plie la matière librement en fonction de son inspiration, et donne progressivement forme à des sculptures très compactes à l'aide de coutures très étroites, ou dimorphes, en alternant assemblages resserrés et plus relâchés. De cette démarche si particulière résultent des ensembles qui se maintiennent d’eux-mêmes, sans recourir à une structure interne charpentée.

New Ornaments I (The Silk Series), (2015-2018), soie et velours, mordançage aux extraits de cône et de cochenille, 215 x 30 cm.

New Ornaments IV (The Silk Series), (2015-2018), soie et velours, mordançage aux extraits de cône et de cochenille, 150 x 35 cm.

À la galerie Maria Wettergen, huit œuvres sont exposées. De soie, velours, toile canevas, jean ou viscose elles se teintent de couleurs poudreuses et organiques à l’image du brun sableux de l’œuvre Burden (réalisé grâce à un pigment naturel prélevé sur une plante norvégienne), des nuances d’opaline de Spiral ou encore des reflets roses, jaunes et orangés des sculptures de la Silk Series résultant d'une teinture du tissu avec des extraits de végétaux colorés mexicains. Flottantes, au sol, ou fixées sur un mur, ces œuvres renferment ainsi leurs spécificités propres et préservent une cohérence générale par l’usage exclusif d’une technique unique. 

 

Grey Monument II, (2018),  toile, mordançage au fer et au chêne, 60 x 43 cm. 

The Juice from The Trees II, (2019), toile, mordançage au fer et au chêne, 250 x 95 x 30 cm.

C'est au sein des écorces, des empreintes digitales ou de la structure de l'ADN qu'Hanne Friis puise principalement son inspiration. La réflexion sur la matière organique est ainsi au cœur de son œuvre qui interroge également, par le biais de ce croisement d’influences, les liens qui unissent le corps et la nature. Cristallisée au sein de ses sculptures, cette réflexion sur le vivant se matérialise par des inspirations formelles - telles que les sinuosités d’un tronc d’arbre ou des lignes papillaires au bout de nos doigts -, mais également par un souffle de vie qu’elle tente d’insuffler à ses œuvres qui, suspendues en l’air, semblent flotter au gré du vent.

 

Exposition Hanne Friis, Phases, du 23 mai au 27 juillet 2019

Galerie Maria Wettergren 

18, rue Guénégaud

Paris VI

NuméroNews