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Numéro
18

10 expositions à voir en France dès la réouverture des musées

Art

Après près de six mois de fermeture, l'heure est enfin arrivée pour les établissements culturels français de rouvrir leurs portes et d'accueillir un public impatient. Aux quatre coins de l'Hexagone, de nombreux musées, centres d'art et fondations attendaient de pouvoir présenter leurs expositions, parfois installées depuis 2020 sans jamais avoir pu être montrées. De Jeff Koons à Marseille à Laure Prouvost près de Lille, en passant par Marc Chagall à Metz et Shara Hughes à Dijon, Numéro dévoile son tour de France métropolitaine des expositions à ne pas manquer dès cette semaine.

  • Portrait de Laure Prouvost avec masque.

Photo : Gene Pittman. Courtesy Walker Art Center, Minneapolis

1. Laure Prouvost au LàM (Villeneuve d'Ascq)

 

 

Un paysage aquatique déployé sur deux étages, de la surface d’une eau claire remplie de déchets aux profondeurs obscures d’une salle peuplée d’épaves : voilà ce que les visiteurs de la 58e Biennale de Venise pouvaient découvrir dans le pavillon français il y a deux ans. Imaginée par l’artiste franco-britannique Laure Prouvost, cette exposition immersive prenant la mer comme décor s'est désormais installée au LàM, à Villeneuve d'Ascq, où elle rencontre la collection d'art brut du musée. L’occasion de découvrir ses sculptures de nombreuses figures anthropomorphes et créatures aquatiques comme les pieuvres, ainsi que la pièce centrale de l’installation : un film qui nous entraîne dans un voyage poétique, liquide et presque organique à travers la France.

 

 

“Deep Blue Surrounding You / Vois ce bleu profond te fondre”, jusqu'au 3 octobre au LàM, Villenuve-d'Ascq.

 

Jeff Koons, “Balloon Dog (Magenta)”(1994-2000). Pinault Collection © Jeff Koons, photo © FMGB Guggenheim Bilbao Museoa, photo by Erika Barahona Ede

Jeff Koons. “Gazing Ball (Picasso Couple)”(2014-2015). Pinault Collection © Jeff Koons, photo: Tom Powel Imaging/Courtesy Gagosian

2. Jeff Koons au Mucem (Marseille)

 

 

En 2014, la France accueillait une rétrospective historique : celle de l’artiste américain Jeff Koons au Centre Pompidou. Émissaire d’un nouveau pop art, connu pour ses œuvres oscillant entre le kitsch et l’obscène, le sexagénaire est devenu depuis les années 80 une figure aussi célèbre que controversée du monde de l’art, mais aussi le deuxième artiste vivant le plus cher au monde après David Hockney suite à la vente de son Rabbit en inox pour 91,1 millions de dollars en 2019. Sept ans après Paris, c’est désormais à Marseille, au Mucem, que l’Américain présente son travail aux côtés d'objets et œuvres populaires qu'il a lui-même piochés dans les collections du musée : à la manière d’un best-of, l'exposition balaie l’ensemble de sa carrière à travers 20 de ses pièces les plus connues, presque toutes prêtées par la collection Pinault, et crée des rencontres formelles étonnantes. 

 

 

“Jeff Koons Mucem”, jusqu'au 18 octobre au Mucem, Marseille.

Vues exposition “Tarik Kiswanson : Mirrorbody” au Carré d'art, Nîmes © Vinciane Lebrun

Tarik Kiswanson, “The Window” (2020). Courtesy de l’artiste

3. Tarik Kiswanson au Carré d'art (Nîmes)
 

 

Depuis plus de dix ans, Tarik Kiswanson mène une quête artistique investissant aussi bien la sculpture et le dessin que la vidéo, la performance et l’écriture. Né en Suède de parents palestiniens, l’artiste est habité par la question du déracinement et des frontières qui conditionnent la place du corps en société, son rapport physique et psychique à l’environnement mais également son imaginaire. Pour sa première exposition monographique en France, le Carré d’art à Nîmes présente le fruit de ses dernières recherches : des œuvres-miroirs explorant le passage du temps et l’éclosion du soi, où l’être humain, ici à l’état spectral, laisse la trace quasi invisible mais infiniment substantielle de son passage.

 


“Tarik Kiswanson : Mirrorbody”, jusqu'au 26 septembre au Carré d'art, Nîmes.

Marc Chagall, Cathédrale de Metz, déambulatoire : vitrail d’Abraham, Jacob, Moïse, Joseph et Noé. © ADAGP, Paris, 2021

Marc Chagall, “Le Monde rouge et noir ou Soleil rouge (carton de tapisserie)” (1951) © ADAGP, Paris, 2021

4. Marc Chagall au Centre Pompidou-Metz

 

 

Dans les années 50, alors âgé d’une soixantaine d’années et déjà bien établi dans le monde de l’art, Marc Chagall s’intéresse à un nouveau support pictural : le vitrail. Fasciné par cette découverte tardive, l’artiste français en fait alors le cœur de sa pratique durant la dernière partie de sa vie, habillant de ses scènes colorées et oniriques les vitraux d’églises, de synagogues et autres chapelles, de Metz à Israël en passant par Sarrebourg. Le Centre Pompidou-Metz consacre une exposition à ce chapitre important de la vie de l’artiste, exposant de nombreuses maquettes, dessins et peintures préparatoires de ces projets ainsi que les vitraux finaux de la chapelle du Saillant, en Corrèze.

 

 

”Chagall. Le passeur de lumière”, jusqu'au 30 août 2021 au Centre Pompidou-Metz, Metz.

Michael E. Smith, “Untitled” (2017). Courtesy of Michael E. Smith and KOW, Berlin. Collection De Vleescouwer – Pieters © Michael E. Smith – Photo Marc Domage

Micha Laury, “Sans titre (Les Méduses)” (2006). Courtesy l’artiste © ADAGP, Paris, 2021 – Fondation Carmignac Photo : Marc Domage

5. “La Mer imaginaire” à la Fondation Carmignac (Porquerolles)

 

 

Comme un hommage à la Méditerranée qui encercle l’île de Porquerolles, la nouvelle exposition de la Fondation Carmignac explore la relation de l’humain avec la mer à travers le prisme de l’art moderne et contemporain. Réalisée sous le commissariat de l’écrivain et curateur américain Chris Sharp, elle invite le visiteur au sein d’un monde subaquatique où des œuvres de 33 artistes invitent à la rencontre de la faune et la flore des océans. On y retrouve, entre autres, des pièces de Bruce Nauman, Jeff Koons et Kate Newby, de Lin May Saeed, Camille Henrot et Hubert Duprat, mais aussi de Henri Matisse et Dora Maar. Le plasticien espagnol Miquel Barceló y dévoile quant à lui une fresque in situ, peinte à même les murs de la villa Carmignac.

 

 

“La Mer imaginaire”, du 20 mai au 17 octobre à la Fondation Carmignac, Porquerolles.

Giorgio Morandi, “Nature morte” (1948). Mamiano di Traversetolo (Parme), Fondazione Magnani-Rocca

6. Giorgio Morandi au musée de Grenoble

 

 

Virtuose de la nature morte, Giorgio Morandi a apporté à ce genre pictural historique sa patte caractéristique à travers un exercice de style qu’il a prolongé tout au long de sa vie, jusqu’à sa mort en 1964. Avec quelques incursions vers la peinture métaphysique et le paysage, l’artiste italien originaire de Bologne a entretenu une pratique quasi obsessionnelle reconnaissable à son épurement, ses compositions unies et homogènes et ses couleurs rabattues inspirant douceur, silence et mélancolie. Grâce notamment à l’un de ses collectionneurs majeurs Luigi Magnani, le musée de Grenoble a pu réunir plus d’une cinquantaine d’œuvres de l’artiste dans une même exposition monographique qui retrace l’ensemble de sa carrière.

 

 

"Giorgio Morandi. La collection Magnani-Rocca”, jusqu'au 5 juillet au musée de Grenoble.

Shara Hughes, “The Sun Gate” (2017).

7. Shara Hughes au Consortium (Dijon)

 

 

Foisonnant de couleurs vives, de formes sinueuses et d’une végétation luxuriante, les toiles de Shara Hughes ont quelque chose de surnaturel et presque hallucinatoire. La peintre new-yorkaise de quarante ans y déploie en grand format autant de paysages fantasmagoriques qui composent son imaginaire, dépeuplés d’êtres humains mais non moins vivants, où l’on ressent aussi bien l’influence d’un Cézanne que d’un David Hockney. A Dijon, le Consortium lui consacre une grande exposition personnelle, parallèlement à celle de l’artiste allemande Paloma Varga Weisz.

 

 

“Shara Hughes : PIVOT”, jusqu'au 20 juin au Consortium, Dijon.

Vue de l'exposition de Nicolas Lamas “Times in collapse” au CCC OD @Josepha Blanchet, CCC OD-Tours

8. Nicolás Lamas au CCC OD (Tours)

 

 

Nicolás Lamas fait partie de ses artistes que l’on qualifierait volontiers d’archéologues du présent, voire du futur. Le quadragénaire d’origine péruvienne, désormais installé à Bruxelles, assemble dans ses œuvres les fragments d’un monde où l’archaïque et le naturel se mêlent au technologique, et où la poésie des formes de la modernité émerge dans leur déliquescence. Dans la nef du CCC OD de Tours, l’artiste propose une grande installation où se rencontrent bustes virils encapsulés dans des machines, fossiles réfrigérés et voiture cabossée envahie par une mare de feuilles mortes, incarnation multiformes d'une obsolescence programmée – celle de nos appareils, mais également de notre propre existence.

 

 

“Nicolás Lamas : Times will collapse”, jusqu'au 29 août au CCC-OD, Tours.

Hassan Sharif, “Press Conference” (2009). Courtesy Hassan Sharif Estate et gb agency, vue de l’installation à la Malmö Konsthall 2020. Photo : Helene Toresdotter

Léa Belooussovitch, “Dhaka, Bangladesh, 21 février 2019” (série « Relatives » (2019). Crédit photo : Gaëlle Deleflie © Léa Belooussovitch, courtesy de l’artiste / Galerie Paris-Beijing

9. Hassan Sharif au MAMC+ (Saint-Étienne)

 

 

En 2016 disparaissait Hassan Sharif. L’artiste dubaïote, né en 1951, avait vécu la naissance des Emirats Arabes-Unis au début des années 70 et fait des nouveaux enjeux économiques, géopolitiques et culturels liés à l’industrie pétrolière le sujet de ses premières œuvres, n’hésitant pas à les tourner en dérision dans ses caricatures. Mais son travail est loin de s’arrêter à cette ironie : tel un Marcel Duchamp arabe et contemporain, l’artiste a fait du ready-made le cœur de sa pratique, détournant régulièrement des objets ou amoncelant des matériaux pauvres pour composer des sculptures entre le minimalisme et l’arte povera. Au MAMC+, l’artiste est célébré par sa première rétrospective en France, en même temps que le musée présente des dessins ultra-précis d’Éric Manigaud et les dessins vaporeux sur tissu de Léa Belooussovitch.

 

 

“Hassan Sharif : I am the single work artist”, jusqu'au 26 septembre au MAMC+, Saint-Étienne.

Visuel “Le Début de la fin”, du 22 avril au 9 mai sur rendez-vous à l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes

10. Les diplômés des Beaux-arts de Lyon à l'IAC (Villeurbanne)

 

 

Centre d’art à l'affût de la création contemporaine à Villeurbanne, grande ville de l’agglomération lyonnaise, l’IAC alterne les expositions collectives ou personnelles d’artistes reconnus et les projets-laboratoires offerts à la jeune garde qui fera l’art de demain. Particulièrement sensible à cette dernière année éprouvante et son impact sur les étudiants, l’Institut d’Art Contemporain a depuis deux mois ouvert l’accès de ses locaux et de son matériel à dix-huit diplômés en 2020 de la prestigieuse Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Lyon afin de leur permettre de réaliser leur première exposition en institution et auréoler de triomphe une fin d’études en demi-teinte.

 

 

“Le début de la fin. Une proposition des diplômé·e·s de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Lyon 2020”, jusqu'au 30 mai à l'IAC, Villeurbanne.

 

 

 

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