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ILS ONT FAIT 2015: Ugo Rondinone et John Giorno au Palais de Tokyo

 

À l’occasion de la magnifique exposition d’Ugo Rondinone “I love John Giorno” au Palais de Tokyo, Numéro a rencontré l’artiste Ugo Rondinone et sa muse, le mythique poète John Giorno.

Celle d’un grand artiste à une légende vivante du xxe siècle, qui a participé à l’affirmation de la culture et de l’art américains avec ses compagnons, d’Allen Ginsberg à Andy Warhol, dont il fut aussi l’amant. Numéro a rencontré ces deux inséparables amoureux. 

John Giorno (à gauche) et Ugo Rondinone (à droite). 

Numéro : Par quel hasard un artiste né en 1964, en Suisse, a-t-il rencontré un mythe new-yorkais né en 1936 ?
John Giorno : 
En 1997, Ugo m’a contacté pour me demander de participer à l’une de ses expositions, après avoir assisté à l’une de mes performances. Son idée d’installation était assez étonnante : des enceintes disposées sur des arbres, qui émettraient non pas de la musique mais de la poésie. Ugo souhaitait qu’il s’agisse de mes textes. Nous en avons discuté. Nous avons surtout bu plus que de raison. Nous nous sommes drogués, évidemment. Et nous sommes devenus amants. C’est aussi simple que cela. Et cela dure depuis dix-huit ans...

 

Comment est née cette idée d’exposition, le portrait du poète, de l’artiste, mais aussi de l’homme John Giorno?
Ugo Rondinone : 
Au début des années 2000, j’ai découvert que, depuis les années 60, John détenait des archives personnelles.

Elles étaient rangées soigneusement, classées par année, dans des boîtes. C’est ce trésor qui est la source même de l’exposition. Il a servi de matériau pour réaliser des œuvres, notamment de grands tableaux colorés. 

 

John Giorno : J’étais très jeune lorsque j’ai commencé à ranger toute cette documentation. Nous étions en 1965 et je fréquentais déjà les écrivains de la Beat generation, Allen Ginsberg, William Burroughs... Nous étions tous très pauvres à l’époque, et l’idée de préserver ce que nous avions nous était finalement assez naturelle. Alors j’ai commencé à réunir les textes, les magazines et les écrits dans des boîtes que j’ai entreposées dans la grande maison familiale qui appartenait à mes parents. Lorsqu’ils sont morts après y avoir habité pendant cinquante ans, j’ai dû les stocker ailleurs, et c’est ainsi qu’Ugo les a décou- vertes... et s’est lancé dans cette entreprise pharaonique de scanner plusieurs milliers de documents. Plus de 11 000, je crois [rires]. 

En quoi l’œuvre de John Giorno a-t-elle marqué l’histoire de l’art? Ugo Rondinone : John est une figure incontournable des années 60. Il a fait le lien entre les écrivains de la Beat generation et les artistes du pop art qu’il fréquentait quotidiennement. C’est au cours de ces années 60 que se sont élaborés la culture et l’art américains qui ont pris le pas sur la suprématie européenne.

 

John Giorno : Nous étions pourtant loin d’avoir une telle ambition [rires]. Nous prenions surtout beaucoup de speed et avions juste envie de réaliser toutes les idées qui nous passaient par la tête. En 1963, nous nous sommes rendus dans une galerie avec Andy [Warhol] pour une lecture publique. Et là, nous avons découvert avec stupeur qu’aucun micro n’avait été prévu pour une assistance de plus de 200 per- sonnes ! Andy a eu cette réplique, qui était finalement chez lui un leitmotiv : “Mais pourquoi est-ce si ennuyeux ?” C’était la bonne ques- tion à se poser. Nous avons commencé à filmer, à réciter et à “perfor- mer” la poésie tout simplement parce que la manière de faire de l’époque était ennuyeuse. 

 

Propos recueillis par Thibaut Wychowanok

 

 

 

Exposition I Love John Giorno d’Ugo Rondinone, au Palais de Tokyo, à Paris, jusqu’au 10 janvier 2016, www.palaisdetokyo.com.
Exposition 
God Is Man Made de John Giorno à la Galerie Almine Rech, à Paris, du 21 novembre au 19 décembre, www.alminerech.com

 

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